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Une psychologue judiciaire du Manitoba a été condamnée à 18 mois d’assignation à résidence après avoir entretenu une relation sexuelle avec un patient dont elle avait la charge. Elle avait ensuite omis de révéler cette relation à une commission chargée d’évaluer le risque qu’il représentait pour le public.
La psychologue judiciaire a été reconnue coupable d’abus de confiance par un fonctionnaire public et d’entrave à la justice devant la Cour provinciale du Manitoba la semaine dernière.
En 2019, elle avait commencé à prendre en charge un ancien détenu déclaré non criminellement responsable d’une infraction grave.
L’homme avait notamment reçu des diagnostics de trouble de la personnalité antisociale et de trouble de la personnalité limite, en plus de présenter des traits psychopathiques. Selon les éléments présentés au tribunal devant la juge Kusham Sharma, le patient pouvait également adopter des comportements manipulateurs envers le personnel soignant.
La juge a conclu que la psychologue avait ensuite entretenu avec lui une relation sexuelle inappropriée, ce qui a donné lieu à de nombreuses fautes professionnelles et, ultimement, aux infractions criminelles pour lesquelles elle a été condamnée.
L’identité des personnes concernées par cette affaire demeure protégée par une ordonnance de non-publication.
Des rencontres privées
Selon la décision de la cour, la praticienne a enfreint à plusieurs reprises les politiques de l’établissement hospitalier. Elle a notamment fourni un téléphone cellulaire au patient et maintenu des contacts personnels avec lui en dehors du cadre professionnel. Des rencontres privées ont également eu lieu à son appartement pour des relations intimes.
La psychologue a soutenu devant le tribunal que l’homme s'était montré violent et coercitif à son endroit. Elle a expliqué que sa personnalité, son agressivité et certains comportements menaçants — dont la menace d'envoyer des images intimes à son conjoint et à ses collègues — avaient rendu difficile la rupture ou le refus de ses demandes.
La juge Sharma a estimé que le comportement de la psychologue dans le cadre intime de cette relation ne suffisait pas, en soi, à engager sa responsabilité criminelle. Elle a toutefois rappelé que la professionnelle avait incontestablement une obligation morale et déontologique de diligence envers son patient.
Une information cachée à la commission d'examen
Le dossier a pris une dimension criminelle lorsque la psychologue n’a pas révélé l’existence de cette liaison à la Commission d’examen du Code criminel du Manitoba, l'organisme chargé de déterminer si une personne déclarée non criminellement responsable représente toujours un danger pour la collectivité.
La psychologue avait pourtant témoigné à cinq reprises sous serment devant cette commission au sujet du patient.
Selon la juge, elle occupait une position de confiance et avait l’obligation stricte de fournir des informations complètes et exactes sur l’évolution du traitement, le fonctionnement du patient et le risque potentiel pour le public. En dissimulant la relation, elle a privé l'instance de renseignements manifestement pertinents, nuisant ainsi à sa capacité d'évaluer le risque pour la sécurité publique et la pertinence de maintenir la détention.
Les infractions représentent donc une atteinte importante à l’administration de la justice, a déclaré la juge Sharma lors de l’audience sur la peine.
Une interdiction permanente d’exercer
La psychologue avait déjà fait l’objet de sanctions disciplinaires. L’Ordre des psychologues du Manitoba l’avait reconnue coupable de faute professionnelle, lui ordonnant de remettre son permis d'exercice avec interdiction formelle de présenter toute nouvelle demande d'inscription.
Alors que la Couronne réclamait une peine de deux ans d’emprisonnement ferme pour les deux infractions, à purger de façon concurrente, la défense plaidait en faveur d'une peine avec sursis.
La juge Sharma a finalement imposé une peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis, à purger sous forme de détention à domicile.
Avec les informations de Caitlyn Gowriluk


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