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Pour la première fois mardi soir, les citoyens de Saint-Ulric étaient conviés à une rencontre d’information sur le projet de protection des berges, dont les terrains et résidences sont à risque d’érosion et de submersion côtière.
Dans la salle communautaire, une soixantaine de tête prêtent attention aux informations transmises par les représentants de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), du ministère de la Sécurité intérieure et de la Municipalité.
En 2024, Québec a annoncé une aide de 17,5 M$ pour permettre à la Municipalité de réaliser des travaux de prévention des risques.
Le secteur ciblé est celui de la rue Ulric-Tessier, long de 4,3 km et où sont établies 191 résidences. Les premières analyses présentées, mardi, portaient sur l’érosion des berges, accentuée par les grandes marées de 2010.
Il est par contre trop tôt dans le processus pour déterminer quelle forme prendra le chantier de prévention des risques côtiers à Saint-Ulric.
Les responsables de la soirée ont toutefois fait état du type de solutions qui pourraient être analysées.

La première rencontre citoyenne avait lieu dans le centre communautaire de Saint-Ulric, mardi soir.
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Enrochement? Relocalisation?
Les représentants de la FQM et du ministère ont présenté plusieurs scénarios dont celui de la relocalisation préventive de certains bâtiments, comme proposée à Matane-sur-Mer, ainsi que celui de l’aménagement des berges.
L’aménagement peut prendre la forme d’une recharge de plage, d’un enrochement, ou d’autres installations, comme un épi ou un brise-lame.
Il n’y a pas de recettes parfaites, je pense qu’on va vraiment devoir concilier plusieurs choses, faire des concessions, croit Cabrina Marchioni, dont le terrain est directement concernée par l’érosion côtière.

Cabrina Marchioni a pris la parole lors de la période de questions. Elle souhaite qu’un comité citoyen prenne part au processus.
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Des préoccupations soulevées
Les informations qu'on a reçues, c'était vraiment excellent, souligne à son tour René Beaulieu.
Maintenant, ce qu'on craint, c'est ce qu'on va faire avec ça. Que va-t-il nous arriver?
Depuis 58 ans, le résident commence la journée avec un café devant le fleuve. Il appréhende aujourd'hui que la vue de son terrain soit altérée par une recharge de plage, comme quelques kilomètres au sud, à Sainte-Flavie.

Le projet de recharge de 26 M$, achevé en 2025 à Sainte-Flavie, a nécessité un temps d’adaptation pour plusieurs résidents et commerçants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sophie Martin
Plusieurs sont inquiets, ont peur de perdre la vue du fleuve, c’est normal, mais notre sécurité passe avant tout ça.
Cet autre résident s’inquiète plutôt de la durée totale du projet. L’acquisition de données topographiques est prévue au printemps, avant d’autres expertises, dont l’étude d’impact environnemental, pouvant durer plusieurs années.
En 2027, en 2030, le coût de la vie va augmenter, les travaux vont coûter plus cher et le 17 M$, il va fondre, craint Wayne Cornier.

Plus d'une soixantaine de citoyens ont participé à la rencontre d'information sur le projet de protection des berges.
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Deux autres rencontres citoyennes sont prévues au cours des prochaines étapes.
Le maire de Saint-Ulric se réjouit de la participation. Je ne m’attendais pas à voir autant de monde ce soir, constate Gaétan Bergeron. J’ai bien aimé les questions posées, elles sont pertinentes et il faut vraiment que les citoyens se les posent.
Pour l’instant, aucun comité citoyen n’est en place, mais le maire indique que la Municipalité sera ouverte à collaborer tout au long du processus avec les gens concernés.


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