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Une pharmacie à Ascot Corner offre des produits menstruels à prix coûtant aux clientes depuis la semaine dernière, c’est-à-dire en acceptant qu’aucun profit ne soit réalisé sur le produit vendu en magasin.
Cette volonté d’offrir des produits menstruels à prix coûtant se répand de plus en plus à travers la province depuis le début de mois de mai, alors qu’une quinzaine de pharmacies ont depuis emboîté le pas.
Pour le pharmacien Christophe Auger, d’Ascot Corner, ce virage vers l’offre de produits menstruels à prix coûtant s’est engendré lorsqu’il a été mis au fait de ce qui se faisait à Shawinigan, où l’établissement avait adopté ce modus operandi depuis le mois de mai. J’ai vu ça par Facebook, et j’en ai été inspiré, laisse tomber le français, arrivé au Québec dans les années 2000.

Christophe Auger est pharmacien. Il invite le Québec à s'inspirer de la France.
Photo : Radio-Canada / Cedric Berube
Christophe Auger invite les élus québécois à s'inspirer de la France, où l’État remboursera, à compter de septembre, les dépenses reliées à l’achat de produits menstruels pour les femmes de moins de 26 ans et les plus précaires.
On sera bientôt en élections, donc on peut amener nos hommes politiques à se prononcer sur cette question, laisse tomber le pharmacien, sans se prononcer sur à qui reviendra son vote en octobre.
Les dernières données du gouvernement canadien nous révèlent que 17 % des femmes au Canada ont connu de la précarité menstruelle, c’est-à-dire qu’elles n’avaient pas les moyens d’acheter des produits nécessaires, ou qu’elles n’y avaient pas accès. Ce chiffre grimpe à 25 % pour les personnes dont le ménage a un faible revenu.
C'est clairement pas un problème assez adressé. Les hommes, on n'y pense pas, alors que c'est la réalité pour beaucoup de monde.

La pharmacie d'Ascot Corner est gérée par Christophe Auger.
Photo : Radio-Canada / Cedric Berube
Pour Marie-Michèle Whitlock, qui mène la campagne 100 % du Comité Femmes itinérantes à l'abri de la violence visant à redistribuer les produits menstruels aux femmes en situation d'itinérance, cette lutte contre la précarité menstruelle ne date pas d’hier.
Les femmes sont plus pauvres, c'est un groupe de la population plus défavorisé, et on a des coûts du fait qu'on est menstrué. Il faut l'adresser, rendre le sujet moins tabou et rendre les produits menstruels plus accessibles, affirme Marie-Michèle Whitlock.

Marie-Michèle Whitlock est représentante du Comité Femmes itinérantes à l'abri de la violence.
Photo : Radio-Canada / Cedric Berube
Des étudiantes rencontrées entre deux cours d’une session d’été à l'Université de Sherbrooke disent se réjouir de l'initiative prise à Ascot Corner. C'est poche, mais eux [les garçons] n'ont rien à payer, nous on a tout ça à payer. Ça coûte cher, des tampons et des serviettes, explique une étudiante en éducation, en attendant son autobus.
L’Association des bannières et chaînes de pharmacies du Québec rappelle que d'autres avenues sont possibles pour les pharmaciens qui ne veulent pas vendre leurs produits menstruels à prix coûtant.

Hugues Mousseau est directeur général de l’Association des bannières et chaînes de pharmacies du Québec.
Photo : Radio-Canada / Cedric Berube
Il y a des chaînes qui ont des ententes avec des organismes communautaires à l'échelle du Québec pour faire la distribution gratuite de certains produits menstruels entre autres, avance Hugues Mousseau, directeur général de l’Association des bannières et chaînes de pharmacies du Québec.


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