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Une nouvelle étude révèle que 40 % de la glace antarctique pourrait déjà être condamnée

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Elle s'étend sur des milliers de kilomètres, pèse des millions de milliards de tonnes... et retient à elle seule assez d'eau pour faire monter les océans de... 58 mètres ! La calotte glaciaire de l'Antarctique, le plus vaste réservoir de glace au monde, semble éternelle. Pourtant, elle vacille en silence. Sous l'effet du réchauffement climatique anthropique, sa fonte a déjà commencé. Jusqu'où ira-t-elle ? C'est toute la question.

Des chercheurs de l’Australian National University (ANU) ont détecté plusieurs centaines de séismes glaciaires en Antarctique depuis 2010. Ils expliquent pourquoi c’est préoccupant. © XD avec ChatGPT
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Des chercheurs de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur les impacts du climat (PIK, Allemagne) et l'Institut Max-Planck de géoanthropologie (MPI-GEA, Allemagne) apportent aujourd'hui une réponse qui n'a rien de rassurant.

Leur conclusion, c'est que la calotte glaciaire antarctique ne se comporte pas comme un élément unique et instable, mais comme un ensemble de bassins interagissant avec différents seuils critiques. Résultat : environ 40 % de la glace encore stockée dans la région pourrait déjà être condamné à long terme. Même sans réchauffement supplémentaire.

Mais le pire reste peut-être à venir. D'autres secteurs de l'Antarctique pourraient bientôt céder. Ils seraient amenés à franchir des seuils critiques à des niveaux de réchauffement de seulement 2 à 3 °C par rapport aux niveaux préindustriels, accélérant une fonte que plus personne ne saurait enrayer.

Il n’y a pas un seul point de basculement en Antarctique

« En Antarctique, ce n'est pas un seul seuil que nous devons surveiller, mais un ensemble de bassins en interaction », commente Ricarda Winkelmann, chercheuse au PIK, dans un communiqué. Elle explique ainsi, dans la revue Nature Climate Change, que certaines régions emblématiques comme le bassin de la mer d'Amundsen où se trouve notamment le fameux glacier de l’apocalypse - le glacier Thwaites pour son véritable nom - présentent des seuils plutôt bas. Celles-ci pourraient avoir déjà franchi leur point de basculement avec le réchauffement climatique actuel de +1,3 °C environ.

Mais alors pourquoi n'observe-t-on pas leur effondrement ? Parce que rien n'est immédiat. « La fonte des glaces à grande échelle dans ces régions se déroule sur des siècles, mais le processus est peut-être déjà enclenché dans certaines parties de la calotte glaciaire de l'Antarctique occidental. »

Et si le côté oriental de l'Antarctique semble moins sensible, des régions immenses comme le bassin de Wilkes apparaissent aujourd'hui de plus en plus menacées par une fonte importante avec un réchauffement durable de +2 à +5 °C au-dessus des niveaux préindustriels.

Des réactions en chaîne dramatiques

Ces conclusions, les chercheurs allemands les tirent des simulations qu'ils ont effectuées sur 18 bassins versants de l'Antarctique. Une étude qui fait ressortir les régions de la calotte glaciaire antarctique les plus vulnérables. Celles qui nécessitent une surveillance accrue. Mais leurs travaux révèlent aussi des interactions inquiétantes entre ces bassins versants. Inquiétantes parce qu'elles laissent supposer que la fonte des glaces dans une région peut entraîner des réactions en chaîne dans les bassins connectés.

En Antarctique, la gravité terrestre est légèrement plus faible en raison de processus profonds à l’intérieur de la planète. © XD
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« Constater la rapidité avec laquelle certaines régions de l'Antarctique réagissent déjà au changement climatique anthropique, et comment les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent non seulement plus fréquents, mais entraînent également des modifications de la dynamique des glaces, met en lumière la vulnérabilité de cette immense calotte glaciaire », conclut Ricarda Winkelmann. Notre vulnérabilité...

« Réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre est impératif pour prévenir une déstabilisation plus importante des bassins glaciaires. »

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