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Un document du ministère canadien des Finances, daté de juin 2026, énumère les conséquences possibles des discussions entourant le référendum albertain et du vote prévu le 19 octobre.
Cette note porte sur les effets économiques à court terme de l’incertitude liée au référendum, indique le document obtenu grâce à une demande d'accès à l'information de CBC/Radio-Canada (nouvelle fenêtre) (en anglais).
Professeur à l'Université de Calgary, l'économiste Trevor Tombe, cité à plusieurs reprises dans cette note interne qu'il a pu consulter, relève qu'il est difficile d'en déterminer les conclusions puisque plusieurs passages sont largement caviardés.

Le professeur d'économie Trevor Tombe
Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault
Mais, à mon avis, ils se penchent sur les bons aspects économiques. Le commerce, particulièrement le commerce interprovincial, la migration, notamment celle des personnes les plus qualifiées, les décisions d’investissement des entreprises et les effets de l’incertitude sont tous des éléments centraux [déjà] examinés dans les études rendues publiques jusqu’à maintenant, souligne-t-il.
Cette note présente une évaluation quantitative des répercussions économiques potentielles à court terme.
Si les conclusions de la note demeurent en grande partie secrètes, le document révèle tout de même que l'analyse s'appuie sur l'expérience du référendum québécois de 1995 pour mesurer les effets d’un resserrement des conditions financières et d’un recul de la confiance découlant d’une hausse de l’incertitude liée au référendum.
Les sièges sociaux
L'un des effets du référendum de 1995 mis en avant est la délocalisation des sièges sociaux. La note fait remarquer que plus de 260 sièges sociaux ont quitté Montréal, dont celui de Sun Life, entre la fin des années 1970 et le début des années 1980.
Une incertitude persistante en Alberta pourrait entraîner un exode comparable des sièges sociaux, particulièrement parmi les entreprises qui ne sont pas liées au secteur des ressources naturelles, soutient la note.

Le centre-ville de Calgary regroupe la majorité des sièges sociaux des entreprises pétrolières établies dans la province.
Photo : Radio-Canada / Monty Kruger
Une situation qui n'est pas impossible, même pour les pétrolières, selon la présidente de la Chambre de commerce de Calgary, Deborah Yedlin, qui a rappelé que les sièges sociaux de L'Impériale et de TransCanada, aujourd'hui TC Energy, étaient autrefois à Toronto.
Les travailleurs sur le terrain, eux, ne peuvent évidemment pas aller n’importe où, mais les employés des sièges sociaux sont mobiles, a-t-elle prévenu, lors d'une conférence de presse le 29 septembre.
Les conséquences fiscales
Un déplacement possible des sièges sociaux vers d'autres villes du pays, comme Toronto ou Vancouver, nuance d'ailleurs les conséquences qu'aurait une séparation sur les recettes fiscales qu'Ottawa reçoit de l'Alberta, selon Trevor Tombe. En 2024, l'excédent des recettes fédérales par rapport aux dépenses fédérales en Alberta a atteint près de 19 milliards de dollars.
La perte des recettes provenant de l’impôt sur le revenu des contribuables établis en Alberta augmenterait naturellement le déficit fédéral. Mais, et c’est un point important, si des entreprises très rentables déplaçaient leur siège social hors de l’Alberta, le gouvernement fédéral continuerait de percevoir l'impôt sur les sociétés payé par ces entreprises, explique-t-il.
Je ne dis pas que le gouvernement fédéral ne subirait aucun impact, mais il ne faut pas conclure automatiquement qu'il perdrait 19 milliards de dollars.
La note rappelle aussi que l'Alberta représente environ 15 % du PIB national. D'après Trevor Tombe, une éventuelle séparation aurait un impact beaucoup plus important sur l'économie de la province que sur celle du reste du pays. Il estime que l'économie albertaine subirait une contraction de 8 à 13 %.
Ailleurs au pays, l’effet serait plutôt d'environ 1 % ou moins par habitant. Il varierait d’une province à l’autre, la Saskatchewan étant la plus exposée, mais toutes les régions du pays connaîtraient une baisse de productivité.
La mobilité de la main-d’œuvre
La mobilité de la main-d’œuvre a aussi été examinée par Ottawa.
Dans un passage largement caviardé, la note prévient que l’incertitude entourant une éventuelle séparation pourrait nuire à la mobilité de la main-d’œuvre et à l’attraction de travailleurs qualifiés.
Deborah Yedlin rappelle pour sa part que la province a besoin de main-d’œuvre qualifiée alors que plusieurs projets d'infrastructure ont été annoncés au cours des derniers mois.
Nous sommes tous en concurrence pour attirer ces travailleurs. Nous devons donc nous assurer que l’Alberta demeure compétitive et accueillante, insiste-t-elle.
Avec des informations de David Thurton


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