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Une meilleure écoute espérée pour le Bas-Saint-Laurent

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Les électrices et électeurs de nombreuses régions du Québec ont choisi le Parti québécois pour les représenter à l’Assemblée nationale. Déjà, les réactions fusent au Bas-Saint-Laurent, quelques heures après l’élection de Paul St-Pierre Plamondon comme premier ministre d’un gouvernement minoritaire.

Le raz-de-marée péquiste a déferlé de Rivière-du-Loup jusqu’en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

L’expression du vote traduit une volonté de changement, sans pour autant donner un chèque en blanc au PQ, croit le politologue et enseignant en sciences politiques au Cégep de Rimouski, Jean-François Fortin.

Les Québécois n’ont pas seulement changé de gouvernement, ils ont vraiment redessiné la carte électorale, le paysage politique.

Jean-François Fortin enseignant sciences politiques cégep Rimouski

3:50

Le politologue Jean-François Fortin analyse les résultats des élections provinciales de lundi soir dans l'Est-du-Québec.

Photo : Radio-Canada

Le PQ forme le gouvernement avec 28 % des voix, un vote qui s’est concentré principalement dans les régions du Québec. Le président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent, Bruno Paradis, espère un nouveau départ et une meilleure écoute pour les régions, avec le PQ au pouvoir.

Les deux dernières années ont été très difficiles avec l’ancien gouvernement. On n'avait pas l'impression qu'on avait une réelle écoute. Beaucoup de paroles, mais dans les actions, dans les gestes, rien ne s'est réalisé, constate M. Paradis.

Le Parti libéral du Québec forme l’opposition officielle, tandis que le Parti conservateur du Québec a fait élire 19 députés, concentrés près de la Capitale-Nationale.

Éric Duhaime et le candidat Frédéric Poulin.

Le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime a rencontré des militants en compagnie du candidat Frédéric Poulin dans Côte-du-Sud, le 4 octobre.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel

Selon le politologue Jean-François Fortin, on ne peut plus nier ces montées de forces politiques au Québec. Il croit que l’influence conservatrice à Québec et dans Chaudière-Appalaches étire son territoire vers l’Est. Dans Côte-du-Sud, qui inclut la MRC de Kamouraska, l’élection de Frédéric Poulin du Parti conservateur a confirmé cette progression.

À l'extrémité ouest de la circonscription, à Montmagny, l'élection de ce nouveau député conservateur est bien reçue par la mairesse, Gabrielle Brisebois. Elle souligne que Frédéric Poulin connaît déjà la région et les dossiers prioritaires.

C’est un ancien maire, donc il connaît vraiment bien la posture que les villes et municipalités ont dans la province de Québec, les écueils qu’on a connus au cours des 10 dernières années en lien avec l’augmentation du fardeau administratif et des normes. On n’a pas besoin de le convaincre que c’est une priorité.

Gabrielle Brisebois, mairesse de Montmagny.

La mairesse de Montmagny, Gabrielle Brisebois, souhaite que le gouvernement élu considère les municipalités comme des partenaires clés pour faire progresser le Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Un peu plus à l’est, à La Pocatière, le maire Vincent Bérubé se dit préoccupé par la position du PCQ concernant le projet de tramway à Québec. Alstom, un important employeur dans Côte-du-Sud, a décroché le contrat de 569 millions de dollars. Le chef Éric Duhaime voulait stopper la réalisation de ce projet de transport en commun.

Notre ADN, chez nous, c’est l’expertise ferroviaire. On évalue souvent le coût des projets, mais il y a aussi des retombées économiques très importantes à la suite de ces investissements, souligne Vincent Bérubé.

Le maire de La Pocatière, Vincent Bérubé.

Le maire de La Pocatière, Vincent Bérubé espère rencontrer le plus rapidement possible son nouveau député provincial.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Une percée péquiste à Rivière-du-Loup

Du côté de Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, la candidate du Parti québécois Ariane Boyer a permis à son parti de faire une percée à Rivière-du-Loup, une première en plus de 40 ans.

Je pense que la victoire d’Ariane Boyer est probablement le changement politique le plus symbolique. On ne parle pas simplement d’un changement de député. On brise une longue continuité politique dans un territoire qui avait été libéral, adéquiste et caquiste, analyse le politologue Jean-François Fortin, en entrevue à Info-réveil mardi matin.

Ariane Boyer à son arrivée à Rivière-du-Loup, dans un rassemblement militant, le 5 octobre 2026.

Ariane Boyer a remporté une victoire historique dans Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, lundi soir.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel

La députée et ministre sortante Amélie Dionne n’a pas résisté à l’effondrement de la Coalition avenir Québec à travers la province. Elle a été devancée par la conservatrice Louise Moreault, qui a terminé en deuxième position dans la circonscription.

Au lendemain du scrutin, le maire de la Ville de Rivière-du-Loup, Mario Bastille, a réitéré ses attentes envers le prochain gouvernement ainsi que les engagements pris par le Parti québécois pendant la campagne.

Il cible la transparence des décisions gouvernementales, notamment dans le dossier du déménagement de la traverse où les études qui ont mené à cette décision doivent toujours être rendues publiques, a souligné M. Bastille, dans un courriel transmis aux médias.

Il demande un moratoire sur les démarches visant le déménagement de la traverse de Rivière-du-Loup vers Cacouna et souhaite également la concrétisation de projets de logements abordables sur son territoire.

Pascal Bérubé, Paul St-Pierre Plamondon, et Yohann St-Pierre du PQ.

Pascal Bérubé, Paul St-Pierre Plamondon et Yohann St-Pierre lors du passage du chef du Parti québécois à Rimouski en septembre.

Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque

Par ailleurs, Rimouski a retrouvé ses couleurs péquistes, en élisant le médecin Yohann St-Pierre avec une majorité de 8393 voix. Selon le politologue Jean-François Fortin, il s’inscrira dans une équipe régionale de l’Est-du-Québec particulièrement forte, avec plusieurs députés péquistes élus du Bas-Saint-Laurent jusqu’en Gaspésie. Il croit que cette force régionale pourrait donner davantage de poids aux enjeux communs de la région au sein du nouveau gouvernement.

M. Fortin voit aussi le doyen du Parti québécois Pascal Bérubé, élu dans Matane–Matapédia–Mitis pour un septième mandat consécutif, comme un pilier du nouveau gouvernement. M. Bérubé a été élu avec 67 % des voix.

Tant à Rivière-du-Loup qu’à Rimouski et dans Côte-du-Sud, le taux de participation à cette élection oscille entre 70 et 71 %, selon les données d’Élections Québec.

D’après les informations de Patrick Bergeron, Éric Gagnon et Michel-Félix Tremblay

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