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Extrême droite. Près d’un mois après l’élection de Bally Bagayoko à Saint-Denis/Pierrefitte (93) au premier tour des élections municipales du 15 mars, le Parti de la France, parti d’extrême droite issu d’une scission interne au Front National en 2009, appelle à une manifestation à Saint-Denis pour « rappeler que Saint-Denis reste une ville française, qu’elle […]
Extrême droite. Près d’un mois après l’élection de Bally Bagayoko à Saint-Denis/Pierrefitte (93) au premier tour des élections municipales du 15 mars, le Parti de la France, parti d’extrême droite issu d’une scission interne au Front National en 2009, appelle à une manifestation à Saint-Denis pour « rappeler que Saint-Denis reste une ville française, qu’elle ne doit pas devenir le laboratoire de l’islamo-gauchisme et de l’anti-France ». Une manifestation heureusement interdite par les autorités.
Pour aller plus loin : Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis/Pierrefitte : retour sur les premiers jours d’une radicalité insoumise en actes
Cet appel a eu lieu en réaction à l’extraordinaire rassemblement antiraciste et antifasciste du 4 avril 2026 en soutien au maire de Saint-Denis/Pierrefitte, victime du racisme crasse de la part des éditocrates de Bolloré. Si la réaction du gouvernement, honteusement silencieux, s’est fait attendre, cette séquence médiatique a banalisé encore plus le racisme systémique qui gangrène notre société. En atteste le refus unanime de condamner le racisme de la part du RN et de Reconquête! et l’absence de la macronie et de la droite dite républicaine au rassemblement. Notre article.
L’initiative d’un parti d’extrême droite, pétainiste et antisémite
Le Parti de la France, fondé par Carl Lang, proche de Jean-Marie Le Pen est créé en 2009, en réaction à la stratégie de « normalisation » de Marine Le Pen. Son président actuel, Thomas Joly, disait en 2019 que Marine Le Pen « tapine avec la gauche bienpensante et les Arabes » (sic.). Par la suite, le mouvement pétainiste est lors des élections européennes de 2024, soutien de la liste menée par Marion Maréchal Le Pen avec Reconquête. C’est pour protester et revendiquer que Saint-Denis/Pierrefitte « ne doit pas devenir le laboratoire de l’islamo gauchisme et de l’anti-France » que le mouvement annonce sur son site un rassemblement le samedi 11 avril à 14 h.
Rappelons que le terme maurrassien « Anti-France », également utilisé par Prisca Thevenot en 2024 puis Aurore Bergé en février 2026 pour qualifier la France insoumise, est un terme utilisé par l’extrême droite antisémite depuis le XXᵉ siècle. L’utilisation de ces termes par la Macronie et par l’extrême droite la plus réactionnaire démontre une fois de plus la convergence idéologique et opportuniste de la part des Macronistes pour se maintenir au pouvoir en diabolisant la France insoumise.
🔴 « Aurore Bergé utilise un vocabulaire d’extrême droite, pétainiste ! J'ai du mal à croire qu'elle ne le sache pas ! » – Cet historien recadre la ministre Aurore Bergé après qu’elle ait déclaré que ‘LFI est un parti anti-France’
« C'est un terme qui renvoie à l'extrême droite… pic.twitter.com/QuiVIf0sT6
Ce n’est pas la première fois que le Parti de la France utilise des codes néonazis et antisémites, déjà le 15 novembre 2025, des membres du parti chantaient à Verdun « Maréchal, nous voilà » en hommage à Pétain. C’est ce même parti qui enchaîne les frasques antisémites et négationnistes, remettant en cause l’existence de la Shoah ou posant sur photo à côté d’une bombonne étiquetée « Zyklon B ».
Le Parti de la France, c’est également Ludivine Daoudi, candidate du Rassemblement national et adhérente au Parti de la France dans le Calvados lors des élections législatives de 2024, posant avec une casquette de la Luftwaffe, l’armée de l’air du Troisième Reich.
🚨Ludivine Daoudi, la candidate du RN sur la 1e circonscription du Calvados, est portée disparue depuis le début de la campagne.
Quand on regarde ses réseaux sociaux, on comprend mieux pourquoi.
Le 7 juillet, pas une seule voix pour ces immondes fascistes. pic.twitter.com/qRL8hwLZwm
Sur son site, le Parti de la France annonce aussi des prises de parole pour « rappeler que nous ne céderons pas un pouce du territoire national, malgré la colonisation migratoire ». Cela fait écho aux propos nauséabonds des éditocrates de la sphère Bolloré à l’encontre de Bally Bagayoko et plus globalement à la théorie nationaliste distillée par l’extrême-droite du grand remplacement. Inversant la charge et l’histoire, le parti parle de « colonisation migratoire ». Ces propos illustrent la violence symbolique et le mépris de classe de l’extrême droite, dont souffrent les banlieues et les habitants qui y vivent.
Bally Bagayoko est devenu lors de son élection le symbole de la Nouvelle France que les réactionnaires de tous bords haïssent, et ils ne le reconnaissent ni comme étant légitime, ni comme étant victime de racisme. Thomas Joly, ajoute : « À force de se poser en victime permanente et d’être invité sur tous les plateaux, Bally Bagayoko finit par se croire au-dessus des règles – comme si la notoriété tenait lieu de légitimité, et l’indignation de programme politique ».
Pour tenter d’éteindre le feu de l’indignation quant à la condamnation tardive et légère du gouvernement, le Préfet de Seine-Saint-Denis a décidé d’interdire le rassemblement pétainiste, parce que « ce rassemblement, qui n’a pas été déclaré auprès des services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, fait apparaître des revendications susceptibles de favoriser la provocation, la discrimination ou la haine à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur origine ».
Pour aller plus loin : « Nous sommes en ordre de bataille pour 2027 ! » – LFI a tenu son Assemblée représentative et organise un vote en ligne sur sa feuille de route
Mais c’est uniquement lorsque des appels à une contre-manifestation antifasciste ont été lancés au nom de « pas de nazis à Saint-Denis » que la décision a été prise, puisqu’on peut lire dans le communiqué de presse de la Préfecture : « La tenue de ces rassemblements est de nature à susciter des troubles à l’ordre public et d’occasionner des affrontements entre militants aux revendications antagonistes. ». Il est difficile de ne pas faire le lien avec les innombrables manifestations d’extrême droite, néonazies comme celle de février 2025 sous les cris de « Paris est nazie » hurlés dans les rues, sans jamais avoir été interdites.
Par Louise B.


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