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Les apiculteurs du nord de l'Alberta espèrent que la production de miel retrouvera sa vigueur cette année, après des années difficiles pour le secteur.
C’est le cas de Dan Pala, apiculteur depuis près de 40 ans et propriétaire d’une ferme au nord de Wembley, à l’ouest de Grande Prairie.
Il explique son optimisme par le fait que, selon lui, sa production de miel s'est légèrement améliorée en 2025, bien qu’il ait perdu 45 % de ses ruches au cours de l’hiver de la même année.
De plus, comme l’affirme Dan Pala, la même embellie a été observée dans toute l’Alberta.
Un autre indice qui le rend optimiste en vue de la récolte de cette année, prévue en juillet et août, ce sont les tas de neige qui jonchent l’allée de son habitation. Selon lui, c’est bien plus de neige au sol qu'à la même période en 2025.

Les apiculteurs du nord de l'Alberta, dont Dan Pala, espèrent que la production de miel rebondira en 2026 après plusieurs annes difficiles.
Photo : Radio-Canada
De son côté, Grant Hicks, qui possède depuis 1981 une exploitation apicole à McLennan, à 420 kilomètres au nord-ouest d'Edmonton, a fait hiverner ses abeilles dans la région d’Okanagan-Similkaneen, en Colombie-Britannique.
Bien qu’il affirme n’avoir pas subi de pertes importantes de colonies l’hiver dernier, il fait preuve d’un optimisme prudent, expliquant qu’il est difficile de dire si les rendements en miel augmenteraient en 2026. Cela dit, il note que ses colonies d'abeilles ont pris un excellent départ.
Donc, pour l’instant, les perspectives semblent plutôt optimistes.

Les apiculteurs en Alberta se préparent pour la saison de la récolte de miel, prévue en juillet et août.
Photo : Radio-Canada / Eagle Andersen/CBC
2024, une annus horribilis
Ce vent d’optimisme fait suite à des années de traversée du désert du secteur apicole de la province, et plus généralement de celui des Prairies, à cause, notamment, des taux de mortalité élevés des colonies d’abeilles et des baisses importantes de rendements.
À cet égard, 2024 a été une année particulièrement difficile, selon la plus récente enquête sur le secteur, publiée le 26 mars dernier par le ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation de l'Alberta.
Dan Pala, par exemple, a vu cette année-là sa récolte tomber à un peu plus de 36 kilogrammes de miel par ruche alors que, habituellement, chacune des ruches en produisait 70 kg, et même jusqu’à 90 kg lors des meilleures années.
L'Alberta est subdivisée en cinq régions agricoles distinctes. Toutes ont enregistré des baisses de rendements d'une année à l'autre, la production de miel de la province s’étant établie, en tout, à environ 13 608 tonnes, soit 17,5 % de moins qu'en 2023.
La région de Peace, l'une des plus vastes sur le plan géographique, bien qu’elle compte le plus petit nombre d'apiculteurs et de colonies d’abeilles, a connu en 2024 la plus importante baisse, soit 52 %, comparativement à une année auparavant.
Je pense que c'était notre pire récolte de tous les temps.
Les ruches de Grant Hicks avaient produit cette année-là 45,35 kg de miel chacune, a-t-il indiqué, alors qu’un rapport du gouvernement provincial indiquait que, en 2020, dans la région de Peace, chaque ruche en produisait environ 67 kg.

Les conditions météorologiques extrêmes de l'été dernier auraient grandement affecté les apiculteurs. (Photo d'archives)
Photo : Mohsen Molavi
Sur fond de conditions défavorables
Les parasites, les hivers rigoureux, la sécheresse et les feux de forêt ont été citées comme étant la principale cause de cette situation.
L’apiculteur chevronné, Grant Hicks, explique que les conditions météorologiques sont déterminantes pour la réussite d’un rucher : S’il y a du gel, eh bien, il n’y a pas de fleurs. En cas de sécheresse, les fleurs produisent moins de nectar.
La région de Peace a connu une sécheresse importante tout au long des années 2024 et 2025.
Patricia Wolf Veiga est directrice du Centre national de diagnostic des abeilles de la Northwestern Polytechnic, situé à Beaverlodge, près de Grande Prairie.
Elle note que le varroa constitue un véritable ennemi pour les exploitations apicoles. Cet acarien, décrit par certains biologistes comme un vampire, se nourrit des tissus adipeux des abeilles mellifères.

Patricia Wolf Veiga et son équipe étudient la santé des abeilles et offrent des services de diagnostic pour les abeilles mellifères et les ravageurs des abeilles indigènes.
Photo : Radio-Canada / Eagle Andersen/CBC
Il est devenu de plus en plus résistant aux traitements chimiques, comme le constate Patricia Wolf Veiga. Avant, nous avions des calendriers de traitement au printemps et à l’automne; aujourd’hui, de plus en plus d’apiculteurs traitent même leurs ruches en été, affirme-t-elle.
Patricia Wolf Veiga cite un autre ennemi des abeilles mellifères : les feux de forêt. Ceux-ci, qui sont par ailleurs fréquents dans le nord de la province, peuvent avoir des répercussions négatives sur la production de miel, à cause notamment de la fumée.
[En cas de feu de forêt], les abeilles ne voleront pas, elles ne butineront pas.Cela aura donc un impact sur leur orientation et leur façon de se nourrir.
Avec les informations d’Eagle Andersen


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