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C’est une erreur d’inattention de la part du conducteur du camion lourd qui est à l’origine de la collision ayant coûté la vie à Madeline J. Darby, 85 ans, en juillet 2025 à L’Ange-Gardien. Ce tragique accident, de même que celui qui a coûté la vie à Tanya Lalonde, 34 ans, et à son fils, de 5 ans, Elliot, un mois plus tard à Boucherville, sont au cœur de l’enquête publique du coroner qui s’est ouverte lundi afin d’examiner les enjeux de sécurité routière impliquant les camions lourds.
Le 15 juillet 2025, un camion lourd transportant des roches circulait vers le nord sur la route 235, à L’Ange-Gardien lorsqu’il a percuté un véhicule immobilisé à proximité de l’intersection du rang Casimir. Tentant d’éviter le véhicule dans lequel se trouvaient une femme et trois enfants, le chauffeur du camion a dévié de sa voie avant d’entrer en collision avec la voiture de Madeline J. Darby qui circulait en sens inverse.
Une enquête du coroner avait été demandée par le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, à la suite de plusieurs accidents dont celui qui a causé la mort de Tanya Lalonde et de son fils survenu le 27 août 2025 sur l’autoroute 30 lors d’une collision impliquant un camion lourd. Le coroner Dave Kimpton préside l’enquête qui se déroulera pendant les deux prochaines semaines et se poursuivra en octobre et novembre prochains.
La première partie de l’enquête porte sur le décès de Madeline J. Darby et celle de l’automne s’attardera à la tragédie survenue à Boucherville. « La perte d’une vie humaine, alors qu’il est entendu que le décès aurait pu être évité, demeure toujours une tragédie pour les proches ainsi que pour la société. Sur nos routes, une fraction de seconde peut tout changer », a rappelé Dave Kimpton dans sa déclaration d’ouverture.
S’il le juge nécessaire, le coroner pourra aussi examiner d’autres accidents mortels survenus dans des circonstances similaires, « dans le but de porter un regard complet sur la situation ».
Erreur d’inattention
Le premier témoin, le sergent Benoit Coulombe, de la Sûreté du Québec (SQ), a décrit les circonstances de la collision. Il a expliqué que l’accident était attribuable à l’inattention du chauffeur du poids lourd, mais que celle-ci est « non spécifiée », le conducteur n’ayant pas vu la voiture arrêtée devant lui. Plus tard en matinée, le sergent-enquêteur Derek Carpentier, a pour sa part précisé qu’il n’avait pas de motifs suffisants pour obtenir la saisie et l’examen du téléphone cellulaire du chauffeur.
Le véhicule lourd roulait à une vitesse de 75 km/h à 79 km/h dans une zone de 90 km/h, a-t-il ajouté. Par ailleurs, les vérifications faites sur la charge du camion-remorque indiquent que son poids atteignait 15,28 tonnes et qu’elle a été jugée « conforme » pour ce type de véhicule lourd. De plus, le camion était en bonne condition avant l’impact, a-t-on précisé.
Le jour de l’événement tragique, il faisait soleil et 30 °C. La visibilité était bonne et la chaussée, bien sèche. Aucun élément environnemental ne peut être mis en cause pour expliquer l’accident, a expliqué Katya Matte-Willems, la reconstitutionniste de la SQ qui a été dépêchée sur les lieux ce jour-là.
Industrie du camionnage dans la mire
La famille de Madeline J. Darby espère que l’enquête permettra de mieux comprendre les circonstances de la collision mortelle et d’améliorer la sécurité sur les routes. « Quand on est sur la route, on voit beaucoup de chauffeurs [de poids lourds] qui conduisent dangereusement », a souligné le fils aîné de Mme Darby, Danny Boulais, en marge de l’audience qui se déroulait au palais de justice de Montréal. « Ce n’est pas criminel, mais il y a peut-être des choses qui auraient pu être faites autrement au niveau du contrôle du camionnage. »
De son côté, Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, espère que l’enquête du coroner incitera le gouvernement du Québec à resserrer l’encadrement de l’industrie du camionnage. « Présentement, c’est une vraie farce, parce que, [quand] la compagnie de transport ou le chauffeur se fait prendre, il y a des infractions. Mais la compagnie change de nom et repart sur un nouveau nom. »
Les accidents mortels impliquant des véhicules lourds sont en progression au Québec et en 2024, 100 décès ont été recensés, soit une augmentation de 35 % par rapport à l’année précédente, selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec.
L’enquête publique se poursuit mardi.


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