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Les Hurricanes de la Caroline ont remporté leur deuxième Coupe Stanley dimanche soir dans ce qui passera à l’histoire comme l’un des plus impressionnants triomphes d’un entraîneur et de son système de jeu.
En disposant des Golden Knights de Vegas au compte de 3-0 dans le sixième match de la finale, les Caroliniens ont bouclé leur parcours éliminatoire avec une époustouflante fiche de 16-3. Il s’agit de la deuxième plus grande domination d’une équipe championne depuis que la LNH a adopté le format éliminatoire de quatre séries 4-de-7 en 1986-87.
Seuls les Oilers d’Edmonton ont mieux fait en compilant un dossier de 16 victoires et 2 défaites lors des séries de 1988. Mais cette équipe – il faut le souligner à grands traits – alignait sept futurs membres du Temple de la renommée, dont Wayne Gretzky.
Les Hurricanes viennent de marquer la petite histoire du hockey parce qu’ils sont parvenus à remporter la Coupe d’une manière aussi décisive sans miser sur un gardien d’élite et/ou sans pouvoir s’appuyer sur le talent d’une ou deux supervedettes en attaque.
Le fait que leur capitaine Jordan Staal, un vétéran de 37 ans, ait été le récipiendaire du trophée Conn-Smythe ne fait que confirmer à quel point cette équipe était différente des autres formations championnes. Staal est devenu le plus vieux joueur de l’histoire à mériter cet honneur.
Sans Rod, nous ne serions pas ici ce soir, affirmait d’ailleurs Staal sur les ondes de Sportsnet avant d’aller cueillir son trophée individuel et de retourner voir Gary Bettman pour soulever la précieuse Coupe.
L’attaque des Hurricanes reposait sur sept marqueurs de 20 buts et plus cette saison. Il s’agissait d’un sommet dans la LNH. Outre cette impressionnante profondeur, leur échec-avant incessant et leur système de jeu axé sur la possession du disque leur ont permis de se forger une personnalité distincte et de connaître d’immenses succès. Les partisans du Canadien, qui ont vu de près cet impressionnant rouleau-compresseur il y a quelques semaines, peuvent en témoigner.
Depuis que Rod Brind’Amour a été nommé entraîneur en chef en 2018, aucune autre équipe de la LNH n’a remporté plus de victoires (saison et séries combinées) que les Hurricanes. Et ce, malgré le contexte de plafond salarial et malgré le fait que cette organisation ait toujours travaillé avec des budgets restreints. L’alignement qui a remporté la Coupe dimanche se situait d’ailleurs à 12 millions sous la limite maximale du plafond.
Outre l’impeccable tenue des Hurricanes, cette finale, que plusieurs observateurs estimaient être l’une des plus palpitantes de l’histoire, a été marquée par la tenue généralement décevante des gardiens impliqués.
Après les quatre premiers matchs, les Hurricanes et les Golden Knights avaient obtenu des taux d’efficacité combinés de ,855 de la part de leurs gardiens. Un confrère du site The Athletic avait alors judicieusement souligné qu’il fallait remonter jusqu’à 1973 (Canadien c. Chicago) pour retrouver une finale durant laquelle les gardiens avaient été aussi permissifs.
À compter du troisième match, en raison d’une blessure à un genou de leur vétéran Frederik Andersen, les Hurricanes ont toutefois été forcés de lancer Brandon Bussi dans la mêlée. Cette recrue de 27 ans – qui n’avait jamais joué en séries auparavant – a sauvé la mise en remportant ses trois départs et maintenu une moyenne d’efficacité de ,931 dans les quatre rencontres au cours desquelles il a été utilisé.
Bussi a changé le cours de la série. Mais le fait demeure : les Hurricanes ont remporté la Coupe en obtenant de leurs gardiens l’un des taux d’efficacité combiné (,882) les plus bas des 40 dernières années pour une équipe championne.
En ce qui concerne les Golden Knights, on peut facilement arguer que l’obstination de John Tortorella à maintenir le controversé Carter Hart devant le filet a complètement anéanti les chances de son équipe de soulever la Coupe.
Hart a bouclé la série avec une désolante moyenne d’efficacité de ,853. Parmi les gardiens ayant entrepris les six premiers matchs d’une finale, il faut remonter jusqu’à 1973 pour en retrouver un qui en a arraché plus que Hart. Portant les couleurs des Blackhawks, Tony Esposito avait alors maintenu une moyenne de ,831 face au Canadien.
En plus, Hart est devenu le premier gardien de l’histoire de la LNH à accorder au moins quatre buts dans chacun des cinq premiers matchs d’une finale de la Coupe Stanley.
On parle donc ici d’une contre-performance historique. Mais incroyablement, pour cause d’obstination ou de paralysie, Tortorella n’a jamais bronché et n’a jamais remplacé Hart. Pourtant, en comparaison avec son vis-à-vis des Hurricanes, l’entraîneur des Golden Knight était dans le trèfle jusqu’aux genoux en ce qui concernait la position de gardien auxiliaire.
Au bout du banc, Tortorella misait pourtant sur Adin Hill. C’était le même gardien qui, appelé en relève au début des séries de 2023, avait mené les Golden Knights à la conquête de leur seule Coupe Stanley!
Interrogé jeudi dernier (après le cinquième match) à savoir s’il avait songé à procéder à un changement de gardien, Tortorella avait sèchement répondu qu’il s’agissait probablement de la question la plus stupide qu’il avait entendue.
Ce matin, qui sait, Tortorella est peut-être plus intelligent que tout le monde. Mais son équipe est éliminée.


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