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Pour l'instant, c'est "off market". "Le restaurant n'est pas à vendre mais si jamais un amateur nous fait une bonne proposition, c'est à vendre… Nous ne sommes pas pressés et nous ne faisons pas de publicité." Philippe Niels, petit-fils de l'inventeur du "filet américain", cultive l'art de la litote à la perfection. Propriétaire, avec ses deux enfants (Sarah et Louis), du Canterbury, splendide brasserie installée le long des étangs d'Ixelles depuis 1993, le patriarche reste donc "ouvert aux propositions".
Tenue par Philippe Niels et ses enfants, la Brasserie Canterbury, à Ixelles, pourrait changer de main. ©ENNIO CAMERIERE"Depuis la pandémie, tout a changé"
Et fait l'éloge de son bien. "L'immeuble nous appartient. Il a trente ans mais tout a été refait, cabine haute tension comprise. Il y a un petit bassin d'orage dans la cave, une magnifique terrasse en surplomb, des platanes venus d'Allemagne tandis que la décoration a été réalisée par le célèbre designer Christophe Gevers (décédé en 2007, NdlR)."
Le premier Canterbury de la famille Niels, boulevard Emile Jacqmain. ©DRVoici donc pour l'annonce "off market", qui comprend le fonds de commerce et le bâtiment. Pour le reste, cette vente permettra à Philippe Niels et à ses enfants de développer un autre projet qui leur tient à cœur. "On ne peut pas encore en parler mais il s'agit, en quelque sorte, d'un retour aux sources", explique ce petit-fils de fermier issu du Pajottenland. Lui a baigné dans l'Horeca toute sa vie. Ses enfants sont diplômés, l'une de l'école d'hôtellerie de Lausanne, l'autre de l'institut Paul Bocuse. Autant dire que leur nouvelle aventure tournera autour du bien manger.
"Le secteur Horeca nourrit et abreuve tout le monde, quand lui-même crève de faim et a soif de s'en sortir"De sa très longue expérience dans l'Horeca et au Canterbury, Philippe Niels n'en tire aucun regret. "Nous avons beaucoup et bien travaillé. Nous avons également représenté la Belgique au Japon, à New York, au Québec lors des expositions universelles", se rappelle-t-il. Avant d'évoquer la crise que subit l'Horeca depuis le Covid. "Depuis la pandémie, tout a changé. Les gens ont changé leurs habitudes de consommation. Ils ne vont plus au restaurant à midi, préfèrent manger des "crasses" dans les fast-foods, etc."
"Nous avons toujours autant de monde, mais notre chiffre d'affaires a baissé de 30 %."
"Il est très difficile d'avoir de la qualité dans l'Horeca aujourd'hui. Nombreux trichent"
Sans compter la hausse "vertigineuse" du prix des matières premières, de l'énergie, du coût de la main-d'œuvre. "Le prix de l'énergie a grimpé de 50 %, celui des marchandises a doublé, l'ONSS, c'est aussi 50 % de plus. Mon restaurant marche très bien, mais on a trop de frais généraux. Nous avons toujours autant de monde, mais notre chiffre d'affaires a baissé de 30 %", déplore-t-il, évoquant dans la foulée la politique de stationnement et les problèmes de mobilité dans le quartier.
Le problème méconnu des patrons de bars : le "magot pour la retraite" qui s'évaporeContrairement à nombre de ses confrères, il ne rencontre pas de problèmes de personnel. "Simplement parce que nous prenons le temps de les former. Nous vendons de la qualité, notre personnel (+/- 18 personnes, contrats étudiants compris, NdlR) est compétent, on se bat tous les jours pour offrir de la qualité, en quantité." À 80 ans passés, Philippe Niels regrette néanmoins une certaine forme de paupérisation de l'Horeca à Bruxelles. "Il est très difficile d'avoir de la qualité dans l'Horeca aujourd'hui. Nombreux trichent. Pas chez nous."
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