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Quelques minutes avant l'heure annoncée, les premières notes de Hands Up se sont fait entendre. Comme un appel rapide pour une participation active, les mains se sont levées sur sa plus récente chanson sortie il y a à peine un mois. Jelly Roll s'est présenté sur les plaines d'Abraham en grande forme et pleinement investi pour son public.
Entouré d'une dizaine de musiciens, dont trois choristes, Jason DeFord de son vrai nom, a amené le public dans son église, avec des projections rappelant les fenêtres d'un lieu de culte, tout désigné pour Hard Fought Hallelujah.
Sans perdre de temps, celui qui, jadis, n'était pas un enfant de chœur a braqué la lumière sur son batteur, au surnom affectueux de Porkchop. Alors que la foule scandait son nom, l'homme aux baguettes a cogné deux canettes de bière avant de prendre une grande gorgée du breuvage moussé. Le son de ses tambours se fera bien entendre tout le long du spectacle.

«Can we go on stage with you?» Les festivaliers étaient nombreux au concert de clôture du Festival d'été de Québec sur les plaines d'Abraham.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant
La démonstration de batterie a mené à une version de Liar plus énergique que celle enregistrée. Après seulement trois titres, la communion entre la foule des Plaines et Jelly Roll était confirmée.
C'est officiellement le plus gros spectacle que j'ai fait dans ce pays. C'est peut-être le plus gros spectacle de ma vie!
La dernière tête d'affiche du FEQ a offert un pot-pourri de chansons populaires plutôt surprenantes pour le personnage, dont Where is the Love de Black Eyed Peas, No Scrub de TLC et I Want it That Way des Backstreet Boys.
Du lot se trouvait également Drop It Like It's Hot de Snoop Dogg, un choix plus naturel pour celui qui a commencé sa carrière dans le rap. Roll s'est aussi permis d'interpréter un bout de Killing in the Nameof de Rage Against the Machine, groupe qu'on entendait pour la deuxième fois de la soirée.

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La formation américaine Daughtry jouait juste avant Jelly Roll. Revivez la prestation en images.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant
Le chanteur a alterné entre ses propres chansons, dont Bloodline, une collaboration avec Alex Warren, et d'autres reprises. Certains choix country étaient visiblement plus évidents, de Garth Brooks à John Denver. D'autres semblaient hors format, comme Wake Me Up du regretté Avicii. Mais on finit par comprendre. Jelly Roll n'est pas un style, c'est une célébration de la musique. Un chansonnier à grand déploiement.
C'est la foule la plus folle que j'ai vue de ma sainte vie!
Roll a chanté son grand succès I'm Not Okay, assis sur un tabouret, face aux lumières des cellulaires qui balançaient de gauche à droite. Il en a profité pour raconter qu'on lui avait dit qu'il ne traverserait jamais la frontière, en raison de ses nombreux séjours en prison. Pourtant, c'est la deuxième fois qu'il visite Québec, faisant référence à son concert de mars 2025, au Centre Vidéotron.
Dans ma tête, j'embarquais sur le stage à soir!
Près de son public, Jelly Roll est descendu de la scène pour prendre quelques photos, signer des autographes et même donner sa casquette. En passant devant le jeune Nicolas Larose, qui tenait une affiche, l'artiste l'a invité à monter sur scène avec lui pour jouer de la guitare sur la dernière chanson du spectacle, sous une pluie d'étincelles pyrotechniques et de feu d'artifice.

À la sortie du concert, Nicolas Larose était encore sur un nuage de sa prestation à la guitare avec Jelly Roll.
Photo : Radio-Canada / Tanya Beaumont
Save Me, c'est la première chanson que j'ai apprise à la guit, raconte, tout sourire, la vedette d'un soir, rencontrée à la sortie du site. C'était vraiment très stressant. Ça fait mon FEQ au complet!
Le jeune de 18 ans admire Jelly Roll pour la façon dont il a su changer sa vie. À la manière de Dylane Lapointe le premier soir du festival avec Limp Bizkit, Nicolas a performé avec assurance, malgré l'impressionnante foule, même s'il avoue avoir fait quelques erreurs.
La force de la parole
À plusieurs reprises dans sa prestation, Jelly Roll s'est adressé à la foule, comme le ferait un preacher, abordant toutes les choses en lesquelles ils croient. Il croit à la musique comme thérapie et à la deuxième chance. Plusieurs de ses textes sont inspirés de son passé criminel et de sa rédemption.
Si la plupart des artistes tiennent pour acquis que le public de Québec comprend l'anglais. Jelly Roll, lui, s'est assuré que son message passe bien. Il a demandé à un membre de l'arrière-scène de traduire que l'important dans la vie, ce n'est pas ce qu'on fait, mais avec qui on le fait.
Daughtry et sa machinerie lourde
Si la tendance de cette 11e soirée sur les Plaines penchait plutôt vers le country, Daughtry est venu y mettre une pause avec un son beaucoup plus rock. Frôlant le métal par moment, même l'esthétique était plus sombre.

Le groupe rock Daughtry en première partie de Jelly Roll sur les Plaines, le 19 juillet.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant
Après quelques titres de leur cru, les musiciens ont interprété leur version de Separate Ways (Worlds Apart), un incontournable de Journey. Le groupe américain a enregistré une relecture plus lourde du morceau de 1983, avec deux fois plus de coups de pédale sur la grosse caisse.
De retour dans son catalogue, la formation a enchaîné le succès It's Not Over, qui fête déjà son 20e anniversaire cette année, tout comme le groupe.
Toujours dans le répertoire de son début de carrière, le chanteur a poursuivi avec Home. L'annonce du titre a créé une vive réaction dans la foule. Seul sur scène, derrière sa guitare acoustique, Chris Daughtry a invité ceux qui connaissent les paroles à chanter. Et pour les autres, à tout simplement inventer quelque chose.
Le rockeur sombrement sympathique derrière ses manches foncées de tatouages et son vernis noir a remercié la foule, en français.

Daughtry en prestation sur la scène Bell lors de la soirée de clôture du 58e Festival d’été de Québec.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant
Le country rock James Barker Band
Le groupe canadien a donné le coup d'envoi de cette dernière soirée, au son d'une boîte vocale personnalisée. Laissez votre message, James Barker est au Festival d'été ce soir!Caught Me at a Good Time a plongé le parterre, assez bien rempli pour une première partie, dans un son résolument country rock.
Avec trois guitares sur scène et une batterie, le son de la basse de Bobby Martin a su se démarquer, donnant un certain groove à quelques morceaux, dont Somebody I Know et Lawn Chair Lazy. Après le succès certifié double platine Chills, les musiciens ont présenté leur plus récente offrande, After Dark, sortie à la fin juin. La nouveauté met en valeur la voix du chanteur avec une finale a capella.
Ce dernier a pris un bain de foule, distribuant des tapes hautes dans les mains à ceux qui avaient couru le plus rapidement à l'ouverture des portes. À travers la dizaine de compositions, le James Barker Band a glissé une reprise de Rage Against the Machine.


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