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Tous les élèves ne peuvent ni ne doivent suivre les mêmes parcours, estime Olivier Andriès, au risque de tirer l’ensemble du système vers le bas.
Passer la publicité Passer la publicitéLa France va-t-elle bientôt manquer d’ingénieurs ? Invité devant les sénateurs, le directeur général de Safran a tiré la sonnette d’alarme. Pour Olivier Andriès, la réforme du baccalauréat de 2019, qui a rendu les mathématiques optionnelles, combinée à la baisse du niveau des élèves dans cette matière, constitue une véritable «bombe à retardement» pour l’économie française.
Auditionné au Sénat ce mercredi 14 janvier, le patron d’industrie a dressé un constat sans ambages sur le niveau scolaire dans le pays. «La France a toujours été reconnue pour l’excellence de son parcours de formation maths», a rappelé ce polytechnicien devant les sénateurs. «Moi, ce qui m’inquiète, parce que je pense que c’est une bombe à retardement, c’est de voir le niveau progressivement baisser», a-t-il ajouté.
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«C’est ça qui forme l’esprit»
Au-delà des débouchés professionnels, Olivier Andriès insiste sur le rôle structurant de la discipline. «C’est ça qui forme l’esprit, qui permet de comprendre, d’analyser», plaide-t-il. Même pour ceux qui ne feront jamais carrière dans les sciences, les mathématiques restent, selon lui, indispensables pour «avoir vraiment une stratégie rationnelle d’analyse des problèmes».
Le dirigeant plaide aussi pour un retour du réalisme dans l’orientation scolaire. Tous les élèves ne peuvent ni ne doivent suivre les mêmes parcours, estime-t-il, au risque de tirer l’ensemble du système vers le bas. Une position «crue», qu’il assume pleinement : «Se fixer comme objectif d’avoir 80% de bacheliers, voire plus, et pour y arriver de baisser le niveau, bah ce n’est pas la voie. Parce qu’à la fin des fins, la sélection, elle se fait. Si elle ne se fait pas là, elle se fera plus tard», a-t-il mis en garde.
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Selon lui, les mathématiques doivent être réintégrées dans le tronc commun du secondaire. «Moi ce que je regrette, poursuit-il, c’est la décision qui a été prise - je la trouve toujours incompréhensible - de rendre les maths optionnelles pour le bac». En réduisant mécaniquement le vivier des filières scientifiques, cette réforme menace, à terme, l’industrie française, et notamment la place des femmes dans ces métiers. «L’impact qu’on a vu très rapidement de cette décision : une baisse du nombre de jeunes filles candidates sur les filières scientifiques et dans les écoles d’ingénieur.», déplore-t-il. Pour Olivier Andriès, la «bombe à retardement» est donc déjà enclenchée.


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