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Un homme a été déclaré coupable d’agression sexuelle sur un employé de station-service de Regina. Le juge a écarté l’argument de la défense selon laquelle il ne s'agissait que d'« une blague ».
Le juge de la Cour provinciale Steven Schiefner devait trancher sur la question de savoir si la victime, dont l'identité est protégée par une interdiction de publication, qui a consenti à entendre une blague, consentait aussi à être touchée par l’accusé.
La blague
En octobre 2025, le prévenu, Michael Bernhardt, s’est rendu dans une station-service pour remplir le réservoir de sa voiture. Une discussion qu'il a eu avec un employé l’a irrité.
Pour le calmer, l’employé à accepter de raconter une blague à la requête de ce dernier.
Michael Bernhardt a ensuite demandé à l’employé s'il pouvait lui montrer une de ses blagues.
L’employé a accepté dans le but d’apaiser un client apparemment en colère.
Sous le prétexte de la blague, Michael Bernhardt a demandé à l'employé de lever un bras en l’air, puis de placer la main derrière la tête. Il lui a expliqué qu’il s’agissait d’une prise appelée demi-Nelson.
Michael Bernhardt a ensuite demandé à l'employé de lever l'autre bras, puis de placer cette main derrière la tête, de sorte que ses deux bras se retrouvent derrière lui. Michael Bernhardt a expliqué à l'employé que cette nouvelle position s’appelait double Nelson.
Michael Bernhardt s’est alors rapidement placé derrière l'employé, l’a saisi par la taille, puis a donné deux coups de bassin dans les fesses de ce dernier. La victime a témoigné que Michael Bernhardt avait déclaré que cette position s’appelait un Père Nelson et que c’était sa façon de montrer sa domination.
Ensuite, il a relâché son emprise et a quitté les lieux à bord de son véhicule.
Après avoir discuté avec des collègues de l'incident, l’employé a porté plainte.
Il s’est entretenu avec son superviseur et, avec son aide, a pu consulter le fichier des clients de la station-service et déterminer que le nom de famille du client était Bernhardt.
Ils ont également retrouvé une vidéo de l’agression filmée par les caméras de la station-service.
La police a finalement été appelée. Une enquête a été ouverte, et Michael Bernhardt a été inculpé d’agression sexuelle.
La question du consentement
Michael Bernhardt n'a pas témoigné pour sa défense, mais son avocate, Deanna Counsell, a fait valoir que son client ne faisait que plaisanter et que l'employé de la station-service avait joué le jeu et donné son consentement.
Ces arguments ont été rejetés par le juge qui a cité une décision de la Cour provinciale du Nouveau-Brunswick.
Le fait de toucher une personne d’une manière qui porte atteinte à son intégrité sexuelle, sans son consentement, constitue une ''agression sexuelle'', même si cela s’est produit dans le cadre d’une plaisanterie. Pas de consentement signifie pas de contact physique, qu’il s’agisse d’une plaisanterie ou non, précise le jugement.
Le juge a estimé que les gestes de Michael Bernhardt, lorsqu'il a touché le plaignant dans le cadre de cette blague, étaient de nature sexuelle.
De plus, il a statué que, compte tenu de l’ensemble des éléments de preuve, le plaignant n’avait pas consenti aux actes de Michael Bernhardt.
La mise en scène de la blague des ''Trois Nelsons' comportait une diversion, et la chute de la blague consistait à humilier et à dégrader [le plaignant] en simulant un acte sexuel pratiqué sur lui, a écrit le juge Schiefner.
Il n'y a pas de bonne façon pour une personne de signaler qu'elle a été victime d'une agression, et encore moins d'une agression sexuelle.
L'audience de détermination de la peine de Micheal Bernhardt est prévue le 27 juillet.
Avec les informations d'Alexander Quon


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