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Depuis quelques années, la hausse des cancers du pancréas en Bretagne, mais aussi à l'échelle nationale, inquiète les médecins. La professeure Lièvre avance des pistes de réponse.
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Par Louis LEYMARIE Publié le 23 juil. 2026 à 5h48
Le cancer du pancréas culmine à environ 13 000 décès par an en moyenne depuis 2023, tous genres confondus. Au CHU de Rennes, les médecins s’inquiètent de son augmentation en Bretagne, comme en France.
D’après la National library of medicine, aujourd’hui pour 100 nouveaux cas de cancer du pancréas détectés en 2024 on compte dans le même temps 89 décès pour la même cause dans les pays les plus développés d’après leur IDH (Indice de développement humain). Dans ceux à l’IDH le plus faible, Il faut même compter 97 décès tous les 100 nouveaux cas.
« On pourrait travailler à faire du dépistage de manière un petit peu plus précise »
Même s’il n’est pas le plus mortel, il est devenu aujourd’hui l’une des plus grandes sources d’inquiétude des médecins. Son incidence comme sa mortalité grimpent en flèche.
L’un des premiers enjeux, réduire les cancers de mauvais pronostic (ceux avec peu de chances de survie) découverts trop tardivement : « On pourrait travailler à faire du dépistage de manière un petit peu plus précise », remarque la professeure Astrid Lièvre, cheffe du service des maladies de l’appareil digestif au CHU de Rennes.
Le facteur des pesticides
Questionnée sur les raisons de cette « augmentation inquiétante », elle développe quelques pistes : « La France figure dans le top 3 des pays qui sont les plus chargés en pesticides. Des études montrent qu’il existe une corrélation entre l’exposition aux pesticides et les taux de cancers, mais il n’y a pas que ça. »
Elle enchaîne : « Il y a également des microparticules polluantes comme le cadmium. Au-delà, il y a aussi énormément d’autres facteurs, mais ils sont très difficiles à mettre en évidence sans faire des études poussées. »
Une alimentation pas assez saine
L’autre piste évoquée par la professeure Lièvre est celle de l’alimentation : « On suit ce qui se passe aux États-Unis parce que ça arrive 10 ans plus tard chez nous. Aujourd’hui, on a une augmentation significative du surpoids et de l’obésité sur la population. Ça touche également de plus en plus de sujets jeunes, et ça s’explique par la surconsommation d’aliments ultratransformés et plus généralement une mauvaise alimentation. »
En France, selon la Fondation pour la recherche médicale, les cancers les plus meurtriers restent en 2023 ceux du poumon (34 900 décès), colorectal (17 100 décès), puis ceux du sein (12 100 décès) et de la prostate (8 100 décès) respectivement chez la femme et l’homme.
En Bretagne, la surmortalité par cancer dépasse toujours la moyenne nationale. Le CHU de Rennes remarque toujours la prévalence du cancer colorectal qui touche 2 350 nouvelles personnes pour plus de 1 000 décès chaque année.
Comme à l’échelle nationale, le plus meurtrier reste le cancer du poumon, suivi par le côlon-rectum, le sein, et le foie.
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