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Le gouvernement a déboursé 3184 dollars pour chaque Latuquoise forcée d’accoucher en dehors de leur ville. Santé Québec Mauricie–Centre-du-Québec (SQMCQ) les redirige à Shawinigan, un trajet d’environ 130 kilomètres. Le service d’obstétrique est fermé depuis mars dernier dans la plus grande ville de la Haute-Mauricie.
En tout, c'est 79 592 dollars qui ont été versés en allocations pour les 25 femmes enceintes qui auraient dû accoucher à La Tuque entre le 12 mars 2026 et le 2 octobre, mais qui n’ont pas pu le faire.
Radio-Canada a obtenu ces chiffres grâce à une demande d’accès à l’information.
Plus de 68 000 dollars ont été versés dans l’hébergement, 7500 dollars ont été attribués aux repas et 3750 dollars ont remboursé les déplacements.
Coûts d’hébergement et d’allocation concernant les 25 femmes n’ayant pas pu accoucher à La Tuque
| Repas | 7500 $ | 300 $ |
| Hébergement | 68 342 $ | 2734 $ |
| Déplacement | 3750 $ | 150 $ |
| Total | 79 592 $ | 3184 $ |
À 38 semaines de grossesse, les femmes enceintes sont transférées à Shawinigan. Elles logent dans un hôtel non loin de l’hôpital jusqu’à leur accouchement. Tous les frais sont payés par Santé Québec, que ce soit au niveau de l'hébergement ou des repas.
Pour Line Pilote, présidente du comité des usagers du Haut-Saint-Maurice, les frais déboursés représentent une somme considérable, équivalant presque au salaire de deux infirmières pour la même période. Elle insiste toutefois sur les conséquences humaines de ces situations, rappelant que tout ce que la femme et leur famille vivent constitue une épreuve difficile.

Line Pilote, présidente du comité des usagers du Haut-Saint-Maurice. (Photo : 15 octobre 2026)
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Je ne suis pas surprise, ça prenait un plan B sécuritaire pour elle et leur enfant, mais la situation est loin d’être idéale , estime la présidente de la FIQ Mauricie Centre-du-Québec, Patricia Mailhot.
Pour le maire de La Tuque, au-delà des chiffres, c’est l’attractivité de la Ville qui est compromise. À force de ne pas faire d’accouchement ici, localement, ça va devenir de plus en plus difficile de justifier d’avoir une gynécologue sur place. On s’embarque dans une spirale où on va sous-utiliser les spécialistes et le matériel qu’on a sur place.
Il faut arriver au rendez-vous avec des services qui sont juste normaux. Personne ne s’attend à avoir une opération à cœur ouvert ici, on est bien conscient de ça, mais un accouchement, on est en lieu de s’attendre à pouvoir l’avoir. , ajoute ce dernier.
Une prime d’éloignement au cœur des demandes
À La Tuque, plus de six mois ont passé depuis la fin du service, mais les revendications restent les mêmes, soit, de reconnaître le secteur comme une région éloignée pour que les primes associées y attirent des infirmières.
Cette somme-là, si on la réinvestissait dans des primes d’éloignement pour attirer de la main-d’œuvre directement à La Tuque, le Centre Naissance-Famille pourrait être rouvert et redonné à la population. On éloigne les familles de leur région, de leur parenté, de leurs autres enfants , rappelle Patricia Mailhot.
Le problème c’est qu’on ne trouve pas de personnel en région éloignée, et ce n’est pas comme ça seulement ici, c’est aussi le cas dans d’autres régions du Québec, estime la présidente du comité des usagers du Haut-Saint-Maurice, indique Line Pilote.

Les accouchements sont détournés de La Tuque à Shawinigan depuis six mois. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Elle ajoute que son équipe et elle travaillent fort pour que La Tuque soit reconnue comme région éloignée pour le personnel infirmier, comme il se fait avec le personnel médical.
Le comité des usagers de l’hôpital de La Tuque attend de voir ce que le nouveau gouvernement entend faire.
Est-ce qu’ils vont être plus ouverts à nos solutions ? Je ne sais pas. On va aller s’asseoir avec notre nouvelle députée, qui est médecin et qui connaît le système, ajoute-t-elle.
La réponse de Santé Québec
Santé Québec Mauricie–Centre-du-Québec a refusé notre demande d’entrevue.
Dans une déclaration écrite, l’organisme affirme toutefois qu’il est important pour nous de soutenir financièrement les femmes enceintes et leur famille pour l’hébergement, le transport et les repas durant cette période.
Pour ce qui est de la reprise du service, aucun échéancier n’a été fourni. Santé Québec dit travailler sur la révision du modèle d’organisation de soins et de services en vue d’une reprise des accouchements.
Des rencontres avec des employés et les équipes médicales ont débuté, selon SQMCQ. Les syndicats et le comité des usagers doivent également être rencontrés dans cette démarche.


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