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Le professeur agrégé en génie électrique à l’université McGill, François Bouffard, se dit d’accord avec la décision d’Ottawa de reporter la nouvelle norme de protection des poissons, en raison des besoins énergétiques du Canada.
Il estime que les barrages sont des infrastructures complexes et dispendieuses qui demanderont beaucoup de temps et d’argent pour se conformer à la nouvelle réglementation.

François Bouffard, professeur agrégé au Département de génie électrique et génie informatique de l'Université McGill. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Louis-Marie Philidor
Vendredi, Pêches et Océans Canada a annoncé que les normes techniques spécifiques au secteur de l'hydroélectricité sont suspendues. Par contre, les modifications réglementaires pour la protection du poisson ne sont pas annulées et sont entrées en vigueur jeudi.
Le contexte est qu’on a une demande d'énergie qui est croissante au Québec et dans le reste du Canada, donc ce serait un peu suicidaire de demander fortement que ces règles-là soient appliquées immédiatement sans période d’adaptation.
Peut-être qu’il y a des enjeux de communication qui doivent se faire entre le ministère de l'Environnement du Québec et le ministère de Pêches et Océans au niveau fédéral, lance-t-il.
Un dilemme à surmonter
François Bouffard rappelle que la protection des poissons ne faisait pas partie des enjeux qui étaient nécessairement considérés lors de la conception des grands barrages à l’époque.
Il mentionne qu’Hydro-Québec a un programme annuel de mise à niveau de ses centrales hydroélectriques et que de petits ajustements sont faits au fil du temps. Or, il croit néanmoins qu’il reste encore beaucoup à faire pour que l'entièreté du parc de la société d’État puisse répondre aux nouvelles exigences du gouvernement fédéral.
C’est un peu le malheur qu’on a en ce moment, juge le professeur agrégé, affirmant que, pour assurer la protection de l'environnement, le pays a besoin d’utiliser de l’énergie renouvelable, dont la production peut aussi être dommageable pour l’écosystème.
Selon lui, afin de produire de l'énergie qui respecte l'environnement, il s’agit d’une question de temps et d’une question d’argent, soit quelque chose qui peut être difficile à implémenter dans le contexte actuel, où l’on prévoit que la production augmentera.

Lors des visites qu'Hydro-Québec organise à la centrale Manic-3, sur la Côte-Nord, il est question d'un taux de mortalité de 20 % concernant le passage des poissons à travers les turbines. (Photo d’archives)
Photo : Hydro-Québec/Cathy Hamel
Évidemment, il faut quand même ne jamais oublier qu’un cours d’eau, ce n’est pas là seulement que pour faire de la production hydroélectrique, fait-il remarquer.
Il juge qu’il faut également tenir compte de l’importance des cours d’eau pour la navigation, la pêche commerciale ou traditionnelle et les activités récréotouristiques.
Hydro-Québec avec les nouvelles installations, on a fait des progrès importants dans la conception des turbines pour tenter de minimiser les impacts sur les poissons, soutient tout de même le professeur agrégé.
Il ajoute que des aménagements de passes à saumon ou à anguilles peuvent également être prévus dans les projets : il s’agit d’escaliers en parallèle du barrage, qui offrent un chemin de retour vers l’amont aux poissons qui grimpent les cours d'eau.
D’après une entrevue d’Alban Normandin


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