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ENTRETIEN - La comédienne britannique joue une détective privée dans la distrayante série de 13e Rue. Pour la cinquième saison, elle a invité son vieux complice, l’interprète de Sully dans Docteur Quinn, femme médecin. Des retrouvailles qui raviront les fans.
Pour des générations entières de spectateurs, Jane Seymour restera pour toujours la James Bond Girl de Vivre et laisser mourir, et l’infatigable et généreuse praticienne du Far West allant au chevet des pionniers, immigrants et amérindiens de la série culte familiale des années 90 Docteur Quinn, femme médecin. À 75 ans, la comédienne britannique est plus active que jamais et est depuis quatre ans le visage de la dramédie policière Harry Wild.
Dans le rôle-titre, elle campe un professeur de littérature de Dublin se reconvertissant en détective privée amateur, faisant bonne usage de ses connaissances encyclopédiques de culture générale. Pour la cinquième saison de la série, qui débute ce mardi sur 13e Rue, Jane Seymour offre un cadeau de choix à ses fans : des retrouvailles avec Joe Lando, son partenaire et amoureux de Dr Quinn. La complicité de leur duo est intacte pour la plus grande joie de cette francophile, qui a suivi avec inquiétude les ravages des feux de forêt dans l’Hexagone cet été.
TV MAGAZINE. – Quel est l’état d’esprit de votre héroïne à l’aube de cette cinquième saison ?
Jane SEYMOUR. - Harry en a assez des hommes qui s’évaporent soudainement dès qu’elle entame une relation ou lui demandent de le rejoindre en Australie et d’abandonner son travail. Elle adore ce qu’elle fait et pour lequel elle est très douée : résoudre des crimes ! Sa complicité presque maternelle avec son assistant Fergus est primordiale à ses yeux. La nouveauté cette saison, c’est que son fils va démissionner de la police irlandaise et les rejoindre. Cela va engendrer des tensions, mais aussi beaucoup de comédie dans cette relation mère-fils bouleversée.
Avez-vous cherché à bousculer l’ADN de la série ?
Le principe de Harry Wild, c’est que les intrigues criminelles sont toujours liées à quelque chose qui se trouve soit dans un livre, soit un film, soit dans l’histoire. Au final, vous apprenez quelque chose que vous ne saviez pas avant. Nous avons des arènes réjouissantes : les superstitions autour de la « pièce écossaise » de Shakespeare Macbeth, le système éducatif et l’opposition entre école publique et pensionnat huppée. On a même une histoire de partition tatouée reprenant les premières notes de Clair de Lune. Mais nous avons aussi voulu sortir de notre zone de confort, de notre format « affaire de la semaine », avec un antagoniste au long cours. En l’occurrence un politicien sournois, qui menace et intimide Harry. C’est un adversaire formidable.
Nous avons écrit pour Joe un personnage très spécial
Jane SeymourL’autre grande nouveauté, c’est l’arrivée d’un ténébreux médecin légiste, incarné par Joe Lando , votre partenaire et amoureux dans Dr Quinn !
Dès que j’en ai l’occasion, j’adore retravailler avec lui. Nous avions tourné en 2022 un téléfilm de Noël, Une nouvelle étincelle pour Noel. Dès que nous nous retrouvons, ne serait-ce que pour poser ensemble sur une photo, cela fait bondir nos réseaux sociaux ! Un simple cliché dans mon jardin peut faire des millions de vues sur Instagram. Nous avons écrit pour Joe un personnage très spécial : le médecin légiste Pierce Kennedy. Il est un peu mystérieux et assez distant, ce qui intrigue Harry car clairement une attirance existe entre eux. Les spectateurs ont apprécié l’arrivée de Joe. C’est un public encore plus large qui a été au rendez-vous, et si on nous commande une sixième saison, j’espère que l’on pourra approfondir leur relation. Il y a quelque chose de prodigieux à travailler avec quelqu’un que vous connaissez depuis si longtemps et avec qui vous avez fait autant de films et 150 heures de télévision. Il y a cette alchimie : vous l’avez ou vous ne l’avez pas mais vous ne pouvez pas l’inventer.
Discutez-vous toujours entre vous d’un possible retour sur les écrans de Docteur Quinn, femme médecin ?
Nous ne baissons pas les bras. Tous les acteurs sont partants pour des retrouvailles. Nous avons fait et faisons de gros efforts pour récupérer Dr Quinn. Mais pour des raisons de droits d’auteur entre producteurs et diffuseur qui nous échappent, nous sommes une des rares séries cultes des années 90 qui n’a pas connu de reprise ! C’est fou et très frustrant quand on me répond que le public n’a pas d’appétit pour le western. Quand on voit le succès de Yellowstone ou du remake de La petite maison dans la prairie, on voit bien à quel point c’est faux !
L’autre star de la série, c’est l’Irlande !
À l’origine, l’intrigue se déroulait à Trinity, à Cambridge, en Angleterre. Et pour diverses raisons, je ne peux travailler qu’un certain nombre de mois au Royaume-Uni. Or il y a aussi une université Trinity en Irlande, à Dublin ! Les spectateurs ont beaucoup vu à l’écran l’Angleterre, moins le Dublin contemporain. En outre, la qualité du jeu d’acteur des artistes en Irlande est tout simplement incroyable. Il n’y a qu’à voir la vitesse avec laquelle Hollywood et Londres se les arrachent. Lorsqu’on tourne avec eux, ils sortent tout juste du conservatoire, et au bout de quelques mois, ils décrochent des rôles principaux dans leur propre série. Les jeunes comédiens irlandais sont fantastiques.
Harry Wild appartient au genre de ce qu’on appelle le « cosy crime », popularisé par Conan Doyle et Agatha Christie.
L’expression qui signifie « crime confortable » est un véritable oxymore et pourtant ! Agatha Christie et Arabesque, que j’adore, y excellent. Les homicides imaginés ne sont ni sanglant, ni violent. Ce qui me touche chez Harry, c’est qu’elle cherche à comprendre le mobile, pourquoi est-on passé à l’acte. Elle sonde les recoins obscurs de notre humanité.


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