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Une nouvelle hypothèse s’ajoute pour expliquer l’origine et l’âge du crâne de morse découvert à Saint-René-de-Matane il y a quatre ans.
Alors que les premières suggestions scientifiques proposaient que l'artéfact puisse avoir 10 000 ans ou alors dater des années 1700, l'animal aurait pu être abattu en 2021. Un résident de Saint-René-de-Matane, Jason Fillion, a contacté Radio-Canada après la publication d’un premier article, lundi. Il dit avoir reconnu son crâne.
Il n’y en a pas 50, des têtes de morse. En plus, je venais de perdre la mienne!
Celui qui se déplace à l’extérieur de la région pour le travail affirme avoir acheté cette tête de morse à un chasseur du village de Salluit, au Nunavik, il y a quelques années. J'avais payé ça 100 dollars, explique-t-il.
Selon son témoignage, il l’aurait ensuite immergé dans la rivière Matane, afin que les poissons nettoient la peau qu'il restait sur le crâne. Le chasseur avait auparavant déjà utilisé un tel procédé pour nettoyer des panaches et d'autres crânes. Ils deviennent blancs, ils deviennent beaux, résume-t-il.

Jason Fillion était amusé lorsqu'il a contacté Radio-Canada pour annoncer qu'il était possiblement le propriétaire du crâne de morse retrouvé. « Je riais », raconte-t-il.
Photo : Radio-Canada / Robert Mercier
Je l'avais laissé là. Au printemps, je suis arrivé et je suis allé voir mon trou. J'ai de bonnes roches, mais la tête avait disparu!, raconte Jason Fillion. Il était alors certain de ne plus la retrouver, et ce, en raison de la profondeur de certaines fosses à saumons de la rivière. Je me suis dit ''oublie ça, j'ai perdu ma tête''.
Selon cette hypothèse, le courant aurait pu transporter le crâne directement vers le terrain de Martin Mercier, qui réside en aval du cours d’eau. C’est sa nièce, Maya Bouffard, qui a fait la trouvaille.
Une hypothèse crédible?
La biologiste marine Lyne Morissette concède que cette troisième hypothèse doit être considérée. Ça explique peut-être pourquoi on n'a trouvé que le crâne et rien du reste.
Elle indique que le crâne sera tout de même soumis à l'Université Laval en vue de procéder à une datation au carbone 14, qui permet de déterminer l'âge d'objets datant de moins de 50 000 ans.
Selon la biologiste, la démarche scientifique ne doit pas être abandonnée même s'il est possible, voire plausible, que l'objet appartienne à Jimmy Fillion. Si c'est le sien, on va avoir la preuve officielle que c'est vraiment ça!, lance la scientifique, qui espère pouvoir obtenir une confirmation.
Lyne Morissette se dit par ailleurs heureuse que l'information partagée au public ait pu faire son chemin.
Des fois, ça nous permet de mieux comprendre l'histoire et les origines de ce qu'on trouve, aussi. Dans une ère où il y a beaucoup de fausses nouvelles et de désinformation, des histoires comme ça, qui nous permettent de retracer la vraie histoire des choses, c'est super important.

La biologiste marine Lyne Morissette est basée au Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Martin Mercier est quant à lui heureux à l’idée d’élucider le mystère qui plane autour de ce crâne. S’il a 10 000 ans, il a 10 000 ans. S’il a 30 ans, il a 30 ans. Là-dessus, on ne pourra rien changer à la datation, rappelle-t-il.

Maya Bouffard réside à Matane, tandis que son oncle, Martin Mercier, est le propriétaire du terrain de Saint-René-de-Matane où le crâne a été découvert. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Sa nièce, à l'origine de la trouvaille, ne cache pas sa déception. Je m'attendais à ce qu’il date de quand même longtemps, admet celle qui est tout de même fière de sa trouvaille.
Jason Fillion, qui qualifie le crâne de trésor de pirate, dit ne pas avoir l'intention de réclamer le crâne qu’il pense avoir perdu, et ce, même si l’objet pourrait avoir une certaine valeur. Je vais le laisser aux jeunes qui l'ont trouvé, lance-t-il. C’est à eux et je suis content qu’ils l’aient, pour vrai.
En citant l’exemple de ce crâne de morse, des jeunes de l’École Bon-Pasteur, à L’Islet-sur-Mer, ont par ailleurs élaboré un projet scientifique. Ils ont élaboré un guide rassemblant des conseils destinés à ceux et celles qui pourraient faire une telle trouvaille.


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