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Un tabou sur la nudité : encore la faute de l’homme blanc !

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Sur le site d’Arte, la mise en accusation de l’Occident atteint des sommets. Des sommets de bêtise, bien entendu. L’analyse de la philosophe et politologue, Renée Fregosi.


Dans la rubrique des vidéos « shorts » sur le site web en français de la chaîne publique Arte, une jeune influenceuse nous invite avec un large sourire, à « cuisiner un tabou » semble-t-il typiquement occidental, celui « sur le corps nu ». Supposément humoristique, cet enfilage de perles wokes consternant est particulièrement déplorable pour un média qui se pique de culture.

Après nous avoir affirmé que chez les Grecs et les Égyptiens (???) de l’Antiquité, le corps nu n’était pas « sexualisé » puisque hommes et femmes pratiquaient le sport, nus, elle nous explique que la honte du sexe et « donc » (???) du corps nu vient de « la morale judéo-chrétienne » puisque Adam et Eve se couvrent le sexe en fuyant l’Eden. Cela posé, elle saute au « puritanisme de l’époque victorienne » qui aurait, après « 15 à 20 siècles » d’incubation, instauré définitivement l’interdit sur la nudité, censé donc être toujours en vigueur aujourd’hui (comme ne le montrent pas vraiment les vidéos récentes de nudistes placides marchant sur des plages en fond d’écran derrière notre instructrice). Et à nouveau sans transition ni souci de la contradiction, elle s’insurge contre l’exhibition fréquente, dans nos pays, de jeunes corps nus, minces, musclés, et blancs (nouvelles illustrations à l’appui d’images publicitaires) excluant « la diversité », entendons crimes de « grossophobie », racisme, et sexisme. Car de plus, ce tabou du corps nu serait particulièrement à l’œuvre concernant les femmes dont on ne pourrait pas voir sans faire scandale, de nos jours encore, « le moindre bout de cuisse », dit-elle.

On se demande bien où vit cette jeune personne pontifiant avec tant d’assurance. Certainement pas en France où pendant ces dernières semaines de canicule notamment, on voyait marcher dans le métro et les rues de Paris et de toutes les grandes villes, nombre de jeunes femmes nombril à l’air dans des tenues hyper moulantes en tissus quasiment transparents, en principe réservées à leurs cours de Yoga ou de Pilates (très en vogue). Certainement pas en France où l’on peut pratiquer le nudisme sur de nombreuses plages océanes ou méditerranéennes et dans certains campings et villages spécifiques, car le naturisme y a des adeptes de tout bord philosophico-politique, depuis les années 1930. Certainement pas en France qui inventa la philosophie libertine, les salons littéraires animés par des femmes célèbres de grande culture et liberté de corps et d’esprit (et souvent aux décolletés pigeonnants). Certainement pas en France où le mouvement de libération des femmes (où l’on pratiquait d’ailleurs volontiers les seins nus) a obtenu des avancées remarquables depuis les années 1970, malheureusement remises en question en partie par la vague contre-révolutionnaire fort pudibonde de #MeToo. 

Á moins justement que cette jeune personne apparemment ignorante de l’Histoire de France et de l’Occident, ne soit enfermée dans une bulle idéologique régie par les fantasmes du wokisme. Car s’il est une sous-culture occidentale qui culpabilise le corps et le sexualise, pour paradoxalement le « dé-sexualiser », c’est bien l’univers woke où l’ennemi s’incarne dans « le mâle blanc cisgenre ». Dans cette vision du monde, le corps occupe en effet une place centrale : il est le premier point d’ancrage de la logique de victimisation systématique qui est le moteur du wokisme. La couleur de peau est mise en avant pour dénoncer la « racisation » des non blancs, la différence sexuée est déniée au profit du « genre » qui se lit notamment dans la vêture des corps et les accessoires réputés « féminins » ou « masculins » dont s’affublent volontiers les LGBTQ++. Et tout une série d’autres discriminations ou « phobies » également liées au corps sont dénoncées comme la « grossophobie » (contre les personnes en surpoids) ou la « nanophobie » (contre les personnes de petite taille). Enfin, le voilement du corps des femmes est défendu contre une soi-disant « islamophobie » assimilée à du « racisme antimusulman ». 

A lire aussi, du même auteur : Françafrique, adieu ?

Mais peut-être notre influenceuse vit-elle précisément au contraire, dans un de ces « quartiers » de banlieues françaises où règne déjà la charia. Mais alors, elle devrait plutôt nous entretenir de l’apartheid qu’y subissent les femmes dont le corps tout entier se doit d’être soustrait au regard des hommes. S’il est bien une culture qui proscrit la nudité, culpabilise et « sexualise » le corps et tout particulièrement celui des femmes, c’est en effet la culture musulmane qui va jusqu’à considérer que les cheveux des femmes doivent être cachés au motif qu’ils évoqueraient les poils pubiens. Car la répression sexuelle est étroitement articulée à la fascination/répulsion à l’égard du corps des femmes et à la haine qu’il suscite de ce fait. Notre influenceuse devrait aller faire un reportage sur le tabou du corps nu (et surtout pour les femmes) au Qatar, en Iran ou au Pakistan par exemple. 

Si de nos jours le corps, son obsession, sa sexualisation, sa répression, constituent la pièce centrale de systèmes totalitaires, c’est bien dans l’islamisme et le wokisme. De même que la répression sexuelle en terre d’islam marche du même pas que celle des délits de libre expression et surtout de liberté de conscience, autour de la figure du justicier woke, et tout particulièrement de la justicière « néo-féministe », s’organise la censure moralisatrice qui fait taire les anticonformistes et les libres-penseurs, et tout simplement ceux qui ne s’alignent pas totalement sur les positions du politiquement correct. Les militants islamo-wokistes, cinquième colonne du Sud global au cœur de l’Occident honni, déroulent alors avec une morgue masquant une lamentable haine de soi, leurs argumentaires ineptes, comme cette jeune influenceuse accueillie sur le site d’Arte pour son savoir supposé sur « le tabou du corps nu ».

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