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Plus d’un siècle après son décès, Henry Albert Detmold, un soldat mort durant la Première Guerre mondiale, retrouve son identité grâce au Programme d'identification des pertes militaires. Il s’ajoute à la liste des quarante-cinq militaires identifiés à ce jour par le ministère de la Défense nationale.
L'identification des restes du soldat est le résultat d’un long processus d’enquête qui s’est concrétisé au bout de cinq ans de recherche.
La dépouille d’Henry Albert Detmold a été retrouvée en août 2020 sur un chantier de construction situé dans la commune de Loos-en-Gohelle, en France.
Ce n’est qu’en décembre dernier que le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes (FAC) ont pu mettre un nom et un visage sur ces restes.
D’origine britannique, Henry Albert Detmold s’est enrôlé à Winnipeg en février 1916. Il a rejoint le 107e Bataillon d’outre-mer du Corps expéditionnaire canadien, également connu sous le nom de 107e Bataillon Timber Wolf. Le soldat Detmold est tombé au combat à l'âge de 33 ans, le 15 août 1917, lors du premier jour de la bataille de la côte 70.
Sarah Lockyer, coordinatrice de l'identification des pertes militaires des FAC, souligne que cette recherche a abouti grâce à une combinaison d'éléments, notamment l’analyse des ossements et la présence d’artefacts aux côtés du corps.
On est capables d’obtenir des informations comme l’âge et la taille du squelette, mais cela nous donne souvent une liste assez longue de candidats.

L'insigne de casquette du soldat Detmold, l’identifiant comme membre du 107e Bataillon.
Photo : Direction – Histoire et patrimoine
Sarah Lockyer précise que l’ADN a été le facteur crucial pour confirmer l'identité : Si on n’est pas capables d’obtenir un échantillon d’ADN de la famille pour le comparer aux restes humains, il y a une très forte probabilité que l’individu ne soit jamais identifié.
Pour les membres actuels des Forces armées canadiennes, cette enquête dépasse la simple reconstitution historique ; elle renforce un lien de confiance profond.
Pour mes collègues, cela prouve que les Forces armées canadiennes prendront soin d'eux jusqu’au bout, quoi qu'il arrive. Cela apporte un sentiment de fierté et d’appartenance , ajoute-t-elle.
Pour [mes collègues], ça ajoute un sens que les forces armées canadiennes vont prendre soin d’eux jusqu’à la fin s’il y a quelque chose qui se passe. Pour eux, ça apporte un sentiment de fierté et d’appartenance.
Faire appel à la mémoire collective
Le cas d’Henry Albert Detmold fait écho à celui de milliers d’autres soldats ayant combattu au sein des forces canadiennes, mais dont l’identité et l'histoire demeurent inconnues.
Pour Teresa Iacobelli, historienne de la Première Guerre mondiale au Musée canadien de la guerre, ces enquêtes sont indispensables pour les familles, mais aussi pour la préservation de la mémoire collective.
Chaque fois que nous pouvons identifier ces soldats qui ont donné leur vie et mettre en lumière leur parcours, c’est essentiel pour la mémoire de la nation.
L’historienne souligne également l’intérêt constant de la population, et particulièrement des jeunes, pour ces récits. J'ai l'impression que les Canadiens s'intéressent à cette histoire. Lorsqu'ils en ont l'occasion, ils sont avides de découvrir ces récits à travers les musées, les livres, les documentaires ou les balados, soutient-elle.
Henry Albert Detmold est le 37e des 45 militaires identifiés par les FAC à ce jour. Il sera inhumé en France par son unité, en présence de sa famille, en juillet 2026.


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