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Les maladies cardiovasculaires provoquent environ 20 millions de décès chaque année dans le monde, selon l’OMS. Parmi les facteurs susceptibles d'influencer ce risque, les substituts du sucre font l'objet de plus en plus d'attention dans la communauté scientifique. Une nouvelle étude portant sur près de 18 000 personnes, présentée au congrès 2026 de la Société européenne de cardiologie associe l'un de ces édulcorants très courants à un risque accru de décès, d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral.
Jusqu’à 57 % de risque cardiovasculaire supplémentaire
L’édulcorant au cœur de cette nouvelle étude est le xylitol, un polyol au pouvoir sucrant proche de celui du sucre, mais moins calorique. Comme il entraîne une hausse moins importante de la glycémie que le saccharose, il peut notamment être privilégié par les personnes diabétiques, insulinorésistantes ou soucieuses de limiter leur consommation de sucre.
Naturellement produit en petite quantité par l'organisme, il est également présent à l'état de traces dans certains fruits et légumes. Sous sa forme industrielle, il est ajouté aux chewing-gums, bonbons, boissons ou encore produits d'hygiène bucco-dentaire.
L’athérosclérose, qui correspond à l’accumulation de plaques graisseuses dans les artères, est un facteur de risque majeur d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC). Un des signes avant-coureurs de cette maladie pourrait se manifester au niveau des yeux, alertent des chercheurs.... Lire la suite
L'équipe dirigée par Marco Witkowski, de l'hôpital universitaire de la Charité de Berlin, a analysé les données de 17 710 participants appartenant à deux grandes cohortes prospectives : l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement et l'étude britannique EPIC-Norfolk.
Dans la première cohorte, suivie pendant six ans, les personnes dont le taux sanguin de xylitol se situait dans le quart le plus élevé présentaient un risque d'événement cardiovasculaire majeur supérieur de 57 % à celui des participants du quartile le plus bas. Dans EPIC-Norfolk, ce sur-risque atteignait 18 % sur une période de trente ans.
L'association persistait après la prise en compte de plusieurs facteurs de risque, comme l'âge, le sexe, le tabagisme, l'indice de masse corporelle, le diabète, l'hypertension et le taux de lipides. Les résultats suggèrent également une relation graduelle : plus la concentration sanguine de xylitol était élevée, plus les événements cardiovasculaires étaient fréquents.
Les personnes présentant les concentrations sanguines de xylitol les plus élevées ont connu davantage d’infarctus, d’AVC ou de décès au cours du suivi. Ce sur-risque atteignait 57 % sur six ans dans la cohorte canadienne et 18 % sur trente ans dans la cohorte britannique. © Maik Dörfert, Adobe Stock
Le xylitol pourrait favoriser la formation de caillots
Cette étude prolonge des travaux publiés en 2024 dans l'European Heart Journal. Les chercheurs avaient alors observé une association entre un taux élevé de xylitol et le risque cardiovasculaire chez des patients déjà fragiles. Leurs expériences suggéraient également que cette substance pouvait augmenter la réactivité des plaquettes et favoriser la formation de caillots.
Voici le vrai coupable de vos envies de sucre, et il vit dans votre ventre
Des souris recevant le microbiote d'un herbivore se sont mises à préférer les protéines. Celles ayant reçu celui d'un carnivore ont choisi les glucides. Le résultat a surpris les chercheurs eux-mêmes, mais il établit un point : la composition du microbiote intestinal modifie les choix alimentaires. Chez l'humain, la question reste beaucoup plus complexe.... Lire la suite
Faut-il pour autant jeter son chewing-gum « zéro sucre » ? Pas si vite. La nouvelle étude reste observationnelle : elle met en évidence une corrélation, mais ne démontre pas que la consommation de xylitol provoque directement un infarctus ou un AVC. Surtout, les chercheurs ont mesuré sa concentration dans le sang, et non les quantités ingérées par chaque participant. Or, puisque l'organisme fabrique lui-même du xylitol, un taux élevé pourrait aussi refléter certaines particularités métaboliques.
« Nos résultats [...] mettent en évidence nos connaissances limitées concernant l'innocuité cardiovasculaire du xylitol », souligne Marco Witkowski. Avant de modifier les recommandations, des études devront donc déterminer quelle part du risque éventuel dépend réellement de sa consommation et à partir de quelle quantité. En attendant, ces résultats plaident surtout pour la modération, sans remplacer le xylitol par un excès de sucre.


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