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Un Québec multigénérationnel et multiculturel célébré dans les rues de Montréal

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Après deux semaines d’actualités éprouvantes à Montréal, la 192e édition du défilé de la fête nationale a réuni poussettes, marchettes, danses traditionnelles de divers pays et hockey mercredi.

« Je trouve que tout le monde a un peu été inclus dans ce spectacle, c’est intéressant », lance Lisa-Lou Payot. « J’ai tellement aimé les danses traditionnelles, avec les couleurs, c’était magnifique », renchérit son amie Gwendoline.

« Le défilé de la Saint-Jean amène un peu de joie malgré tout ce qui s’est produit ces derniers jours. Ça fait du bien de voir des gens unis comme ça », souligne Lisa-Lou Payot en faisant référence à la fusillade dans Côte-des-Neiges et au démantèlement du poste de police 39 dans Montréal-Nord, en raison de soupçons de comportements racistes.

« Ce qu’on a vécu dans les derniers jours, c’est une tragédie, mais le Québec, ce n’est pas ça », a affirmé au micro la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, qui a plutôt décrit « un peuple résilient, solidaire et uni ». Elle a mentionné que cette fête la remplissait « d’amour et d’énergie ».

Roger Mendez brandissait un drapeau du Chili jurant avec les drapeaux bleu et blanc de la foule. « Je veux montrer mon drapeau à Soraya, affirme-t-il. C’est la première fois que nous avons une mairesse de Montréal chilienne pour le défilé. » Le Chilien d’origine trouve que cela illustre l’aspect multiculturel de Montréal, mais aussi du Québec en général.

Le communautaire à l’avant-scène

Une troupe dansant sur des échafaudages a lancé les festivités sous les cris de joie des nombreuses personnes attroupées au coin des rues Rachel Est et Molson. Plus de 550 personnes, dont 230 artistes, ont défilé pendant près d’une heure et demie jusqu’au parc Maisonneuve, où les festivités ont continué.

« On fabrique notre bonheur ensemble en tant que collectivité, et c’est ça que j’avais envie qu’on célèbre », explique le metteur en scène de l’événement, Louis Tremblay. D’anciens défilés des années 1960-1970 ont servi d’inspiration pour certains tableaux, explique la scénographe de l’événement, Annick Lavallée-Benny. Le duo a seulement eu trois mois pour monter le spectacle.

En plus des artistes et des citoyens, les groupes communautaires ont également été mis en avant dans le cortège. « Ce sont des groupes qui travaillent pour améliorer notre vie au Québec, pour rendre la société meilleure », affirme le metteur en scène.

Espace Transition, qui met l’art au service de la santé mentale, était l’un de ces organismes. Matilde Lavoie, une jeune femme épaulée par celui-ci, a d’ailleurs participé à la création d’un costume dans le cadre du défilé.

Un rassemblement pour tous

Douze voitures de collection ont été intégrées au défilé. L’influenceuse Aly Brassard était à l’arrière de l’une d’elles, au grand bonheur d’adolescentes et d’enfants qui scandaient son nom.

Ariane Dufour est venue avec ses deux petits. Son petit garçon, Henri, en a vu de toutes les couleurs. Il a été aspergé de poudre bleue par un groupe de personnes pendant qu’il observait le défilé dans sa poussette. Sa grande sœur brandissait avec fierté un drapeau à l’effigie de la fleur de lys.

Mélisandre, elle, s’est servie du défilé comme d’une école à ciel ouvert pour son enfant. Elle a expliqué à sa fille les différents mouvements d’appartenance, d’intégration et de « révolution » représentés dans le défilé. « Je veux aussi que ma fille puisse connaître et embarquer dans cette ambiance. »

Accompagnée de près d’une vingtaine de personnes, Charlotte fait un constat similaire. « Ça m’aide à trouver des idées, à me créer une opinion sur ce que je veux. » La jeune fille a profité de sa journée de congé pour montrer le défilé à ses amis anglophones venus d’Ottawa et de Toronto.

Il n’y a pas que le défilé qui a fasciné la foule. Pantalons recouverts de « Québec », cheveux teints en bleu et chapeaux ne sont qu’un fragment de l’habillement des deux sœurs Linda et Johanne. Quelques personnes se sont arrêtées pour prendre des photos. Elles participent au défilé depuis près de vingt ans. « Cette année, c’était grandiose, parce que je n’ai jamais vu autant de nationalités représentées », s’est exclamée Linda.

Fella Tlaiba, une dame dans la cinquantaine, est venue célébrer avec son mari. « Le Québec, c’est notre deuxième pays », mentionne celle qui est arrivée d’Algérie il y a 27 ans et qui adore aller au défilé, car elle habite non loin de la rue Rachel.

Des touristes venus de Bordeaux étaient émerveillés par la célébration. « Le 14 juillet, pour la fête nationale en France, c’est très militaire. Ici, c’est superconvivial », a constaté Jean-Philippe à la fin du défilé. « C’est touchant de voir des gens célébrer ensemble et marcher dans la même direction malgré les événements récents », confie Mathilde.

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