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Montréal a vibré au rythme de la culture québécoise à l’occasion du spectacle annuel de la Saint-Jean, mercredi soir. D’énormes ballons bleus valsaient au-dessus de la foule vêtue de bleu et de blanc qui a commencé à se rassembler tôt en après-midi en vue du concert auquel participaient des artistes québécois de différentes périodes.
Gilles Vigneault a d’ailleurs surpris le public en montant sur scène vers la mi-temps du spectacle pour réciter sa chanson Langage, mon doux pays. Sa présence n’avait pas été officiellement annoncée, mais des rumeurs avaient commencé après la publication sur Instagram d’une vidéo mettant en scène le chanteur de 97 ans plus tôt cette semaine.
Les voix de différentes générations et origines se sont mélangées à travers la soirée pour tisser une image de la culture québécoise d’aujourd’hui. Le rappeur Souldia a accompagné la chanteuse Diane Dufresne pour une interprétation de la chanson Oxygène qui a fait lever la foule. La combinaison des chansons Haïbécoise de la chanteuse Rebecca Jean et Dégénération de Mes Aïeux n’a pas manqué à faire chanter le public.
« Je vais chanter du rock and roll. C’est la première fois que je fais ça de toute ma vie », a soufflé Souldia en coulisse avant le concert, disant avoir hâte de jouer « des morceaux inédits, des collaborations qui n’existaient pas avant de venir ici ».
Le rappeur québécois en est à sa deuxième participation au Grand spectacle de la Fête nationale à Montréal. « J’adore la Saint-Jean, déclare-t-il d’emblée. C’est la fête nationale, on fête notre langage, on fête notre accent, on fête chez nous. »
« Je suis bien fier d’être là et de chanter le Québec d’aujourd’hui et d’avant, ce mélange de générations », a affirmé Bruno Pelletier, qui a uni sa voix à celle de Souldia dans cette première rock and roll pour faire danser la foule dans la deuxième moitié du spectacle.
Le chanteur en est lui aussi à sa deuxième participation à l’événement qui réunit annuellement les Montréalais, la première datant d’une vingtaine d’années. « C’est spécial, au parc Maisonneuve », estime-t-il, décrivant « l’immensité du show ». « Ça rend tout le monde un peu plus fébrile. C’est comme aller gagner la Coupe Stanley. Il faut faire ça en équipe. »
Le hockey était d’ailleurs à l’honneur, avec un hommage à Guy Lafleur, qui aurait fêté cette année ses 75 ans. Des joueuses de la Victoire et des joueurs du Canadien de Montréal ont rejoint sur scène l’animatrice de la soirée, Guylaine Tremblay, et le porte-parole de l’événement, Pier-Luc Funk.
« C’est plus grand que juste des artistes qui chantent — c’est une culture au complet, c’est 400 ans d’histoire, lance Éléonore Lagacé. Je trouve qu’on a réussi à créer cette année un spectacle plus inclusif que jamais. […] Je trouve ça beau. Ce n’est pas encore parfait mais de propager ce message-là, pour moi, c’est important. »
Le musicien Mathieu McKenzie, originaire de la communauté Uashat mak Mani-utenam, a chanté plusieurs chansons en innu lors du spectacle, accompagné entre autres d’Éléonore Lagacé.
Le spectacle a aussi réuni Pierre Lapointe, Émile Bourgault et les groupes Les Héritières et Harmonium.
Rencontre des générations
Assise sur l’herbe du parc Maisonneuve, la famille Fraser représentait bien le thème de l’événement, « De génération en génération ». Sonia Lapierre et John Fraser sont des habitués du Grand spectacle de la Fête nationale et sont depuis trois ans accompagnés de leurs filles, Fiona et Celia.
« Je suis contente d’amener mes enfants ici pour célébrer le Québec, déclare Mme Lapierre. Je leur ai expliqué pourquoi on est ici. C’est pour ça qu’elles ont leur chandail, leurs drapeaux. »
Deux drapeaux québécois derrière les oreilles, John Fraser surveillait ses filles, une sur ses genoux et l’autre grimpant sur ses épaules. « C’est un milieu qui est vraiment le fun avec ma famille. »
La famille était arrivée plus tôt dans l’après-midi pour profiter des activités et de la générale des artistes. Le parc Maisonneuve était déjà bien rempli quelques heures avant le spectacle et la foule a continué à grossir, équipée de drapeaux, de casquettes et de chapeaux de cow-boy bleus et d’autres accessoires fleurdelisés.
Un peu plus loin, un groupe d’amis se promène, fièrement vêtu de drapeaux québécois. « C’est le fun de s’habiller en conséquence de la célébration. Notre drapeau, on l’aime ! » raconte, souriante, Rose Guimond.
Un hommage à Serge Fiori
Kevin Saint-Laurent, de son nom de scène Souldia, s’est dit « flatté » d’avoir l’occasion de jouer aux côtés d’artistes « légendaires » mercredi. « De fêter aussi la mémoire de Serge Fiori avec toute l’équipe d’Harmonium qui est là — moi, je suis comme un gamin. Je m’imbibe de tout ça, et de côtoyer des légendes de la musique québécoise comme ça, ça ne peut que me rendre un humain meilleur. »
Le cofondateur et phare du groupe culte Harmonium s’est éteint à pareille date l’an dernier, juste avant les célébrations de la fête nationale.
« On l’a appris quelques heures avant le spectacle, et on n’a pas eu le temps de te célébrer autant qu’on aurait aimé », a déclaré solennellement Guylaine Tremblay mercredi, une photo du défunt chanteur couvrant l’arrière de la scène derrière elle.
S’est ensuivie la performance hautement attendue d’Harmonium, accompagnée d’une série de photos d’archives du groupe.
« Je me sens privilégiée, je me sens fière, je me sens honorée et chanceuse d’être entourée d’artistes tellement talentueux et de partager la même scène qu’Harmonium. Je ne pensais jamais vivre ça dans ma vie », déclare Éléonore Lagacé.
« Harmonium, ils ont comme un peu révolutionné la musique québécoise », ajoute-t-elle. « La douceur d’Harmonium, les textes d’Harmonium, l’effet planant qu’ils ont installé… Ils sont venus apaiser le Québec. »
Le concert d’environ trois heures a pris fin avec une interprétation par tous les artistes de la chanson Un musicien parmi tant d’autres d’Harmonium.


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