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La réouverture du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) a été perturbée par un problème technique, jeudi. Des personnes issues de l'immigration étaient dans l'impossibilité d'accéder à leur compte sur la plateforme Arrima au moment de l'ouverture à 8h30. Une situation qui ne surprend pas le travailleur étranger temporaire, Titouan Bussière.
Ça fait neuf ans que je suis au Québec et ça fait neuf ans que l'immigration c'est un enjeu qui est majeur, lance-t-il.
Régulièrement, j'ai dû refaire des papiers à travers mes études, pour chaque nouvelle étude, il fallait refaire une demande. Plus les années avançaient, plus c'était compliqué. Maintenant, j'ai terminé et j'essaye de rester ici pour travailler et c'est encore plus compliqué, admet Titouan Bussière.
Comme plusieurs, il attendait avec impatience la réouverture de la première phase du PEQ. Mes documents étaient prêts depuis deux semaines pour compléter ma demande, explique-t-il.

Titouan Bussière travaille à Sherbrooke. Il a immigré au Québec, il y a neuf ans.
Photo : Radio-Canada / Mathieu Dugas
Le jeune homme se connecte donc un peu avant 8 h 30, dans l'espoir de déposer sa demande dès le début de la période de dépôt, sans succès. Vers 8 h 30, il va réessayer et accéder à son compte. Toutefois, en essayant de cliquer sur l’option permettant de soumettre une demande PEQ, il a été déconnecté de son compte. Il va tenter à quelques reprises au cours de la journée, mais en vain.
Ça a été une expérience inexistante, parce que, depuis ce matin, la plateforme Arrima est tout simplement non fonctionnelle. vers 10 h 30, on a commencé à pouvoir rentrer nos identifiants pour y accéder, mais pour ma part, j'ai un écran de chargement infini, affirme celui qui a vu apparaître un message d'erreur sur le portail au cours de la journée.
Une décision qui ne plaît pas à tous
La décision de réactiver le Programme de l'expérience québécoise ne fait pas que des heureux. Pour cette première phase, les candidats doivent répondre à différents critères, comme avoir un permis de travail valide et occuper un emploi.
Certains de ces permis sont arrivés à échéance après que le PEQ ait été aboli, et la cause du droit acquis promise par la première ministre Christine Fréchette n'aurait pas été mise de l'avant avec la réouverture du PEQ.
Depuis l'abolition du PEQ, plusieurs immigrants ont perdu leur permis de travail. Ils auraient été admissibles au Programme avant l'abolition, mais qui maintenant ne le sont plus.
On a vécu cela comme une victoire quand il y a eu l'annonce. On s'est très vite rendu compte que ce n'était pas ce qui avait été annoncé. Certes, il y a la réouverture du PEQ, mais il n'y a pas la clause de droit acquis tant promise par la première ministre, Christine Fréchette, déplore la vice-présidente du collectif Le Québec c'est nous aussi, Sabrina Kouider.
Les problèmes connus sur la plateforme Arrima placent les immigrants face à un mélange d'émotions, selon Mme Kouider.

Sabrina Kouider travaille comme infirmière clinicienne pour Santé Québec Estrie - CHUS et est la vice-présidente du collectif "Le Québec, c'est nous aussi".
Photo : Radio-Canada / Antoine Desrosiers
On demandait aux gens de se préparer à l'avance, ce qu'ils ont fait. Le gouvernement a eu deux semaines pour arranger le tout et ça n'a pas été fait. Ce matin, jeudi, ça ne fonctionnait pas à 8 h 30 et en fin d'après-midi, ça ne fonctionne toujours pas. Ça amène beaucoup de frustration, beaucoup de colère et ça ajoute beaucoup d'incertitude et d'angoisse qu'il y a depuis des mois. C'est un peu la panique parmi les immigrants concernés, admet Sabrina Kouider, qui habite Sherbrooke depuis deux ans.
Titouan Bussière ne se décourage toutefois et il est prêt à toute éventualité. Il faut lâcher prise. Je crois que ce n'est pas possible de stresser ou de se prendre la tête avec tout ça parce que je n'ai aucun contrôle, indique-t-il.
Rappelons que la première phase de réception des demandes est en cours jusqu’au 31 octobre 2026, qu’il n’y a pas de plafond du nombre de demandes à recevoir. C'est ce que précise le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI) par courriel. Malgré tout, Québec estime que 8000 à 12 000 personnes seront admissibles.
Toutes les demandes conformes seront traitées de la même manière, sans égard à leur ordre d'arrivée comme le craignaient certaines personnes, précise le gouvernement.


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