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La Corporation au bénéfice du développement communautaire (CBDC) de Restigouche, au Nouveau-Brunswick, en partenariat avec quatre organismes francophones des provinces de l'Atlantique, dévoile le document intitulé Portrait des personnes de langue française âgées de 55 ans et plus en Atlantique.
Présenté comme un premier outil du genre, ce portrait rend compte des différentes réalités vécues par les aînés francophones de la région.
Réalisé en collaboration avec le Programme de la statistique linguistique de Statistique Canada, le document offre un aperçu des réalités démographiques, sociales et économiques des francophones âgés de 55 ans et plus au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador.
Disponible sur les sites Web des partenaires, le rapport révèle notamment qu’en 2021, les provinces de l’Atlantique comptaient 125 365 francophones âgés de 55 ans et plus, soit 43 % de la population francophone de la région.
Cette initiative s’inscrit dans le programme national Bien vieillir chez soi, lancé vers 2022. Son objectif est de mieux adapter les services destinés aux personnes âgées, particulièrement dans les communautés rurales.
On a pensé créer un document qui était pratiquement inexistant dans le portrait statistique à travers le Canada. Il y a eu des données, des enquêtes, des études et le recensement de 2021, mais jamais ces informations n’avaient été regroupées de manière à cibler précisément cette population, explique Jean-François Sonier, coordonnateur de projets à la CBDC de Restigouche.
Des réalités et enjeux très différents
Le portrait met également en lumière les réalités très différentes vécues par les aînés francophones selon qu’ils habitent en milieu urbain, rural, côtier ou encore dans des communautés dites historiques, comme c’est le cas à Terre-Neuve-et-Labrador.
L’ensemble des données est réparti en fiches régionales détaillées afin de faciliter la consultation et l’analyse.
Nous sommes en train de développer des outils de vulgarisation parce qu’il s’agit tout de même d’un document assez technique.
Au total, 26 régions à forte présence francophone ont été identifiées en collaboration avec les partenaires communautaires des quatre provinces.
Certaines régions, comme la Péninsule acadienne ou le Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick, se distinguent par une forte concentration de francophones et un vieillissement plus marqué de la population. À l’inverse, des centres urbains comme Halifax, Charlottetown ou Saint-Jean de Terre-Neuve présentent des communautés francophones plus jeunes, davantage influencées par la mobilité et l’immigration.

Diane Racette, présidente du Regroupement des aînés de la Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Agathe Boucart
En Nouvelle-Écosse, le portrait met notamment en évidence la présence importante des aînés francophones sur le marché du travail.
Près du tiers des francophones de 55 ans et plus sont encore en emploi ou en recherche d’emploi, et le taux de chômage chez ces travailleurs expérimentés demeure significatif par rapport aux adultes plus jeunes, affirme Diane Racette, présidente du Regroupement des aînés de la Nouvelle-Écosse (RANE), par voie de communiqué.
Selon l’organisme, ces données permettront de mieux cibler les mesures de soutien à l’emploi.
Terre-Neuve-et-Labrador se distingue également
C’est la province de l’Atlantique où l’on retrouve le moins de francophones, mais il s’agit d’une population historique, présente depuis longtemps sur le territoire. Ce sont souvent des personnes nées à Terre-Neuve-et-Labrador, dispersées aux quatre coins de la province, explique Jean-François Sonier.
La population francophone y représente environ 2 % de la population totale de la province.
Le fait de mieux comprendre ces populations nous permet de mieux cerner leurs réalités et de savoir jusqu’où nous pouvons aller dans le développement des services.
Pour la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL), ces données représentent avant tout une occasion de développement.

La Grand'Terre, dans la péninsule de Port-au-Port, est une communauté historique francophone à Terre-Neuve-et-Labrador. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Ces données ne sont pas un constat de fragilité, mais une source d’espoir : elles ouvrent de nouvelles pistes pour mieux rejoindre les personnes aînées francophones sur un territoire immense, adapter nos façons de faire et imaginer des solutions créatives afin que chaque communauté, même la plus petite, puisse voir sa population aînée francophone s’épanouir et contribuer pleinement à la vie de la province, souligne Tony Cornect, président de la FFTNL.
À l’Île-du-Prince-Édouard, le portrait démontre également l’importance du caractère rural des communautés francophones.
Près de 7 aînés francophones sur 10 vivent en milieu rural, avec des profils marqués dans des régions comme Évangéline, Prince-Ouest ou Rustico. L’accès aux centres communautaires francophones et aux services en français représente parfois un défi de distance, de transport ou de capacité, surtout pour les personnes vieillissant dans des secteurs plus isolés, indique Julie Duchesne, présidente de l'Association des Francophones de l'âge d'or de l'Île-du-Prince-Édouard.
Selon le responsable du projet, cette meilleure connaissance du territoire permettra désormais aux organismes communautaires de mieux cibler leurs ressources, leurs projets et les subventions destinées aux aînés francophones.


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