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La cinquième opération d’enlèvement de la neige cet hiver est en cours à Québec. Une cinquième occasion de tester la nouvelle politique de déneigement adoptée le printemps dernier. Selon le quartier où vous habitez, le délai de déneigement a peut-être changé.
Lundi soir, 700 véhicules en tous genres, avec 1500 employés municipaux et des entreprises privées, étaient mobilisés pour dégager les rues et les trottoirs des restants du cocktail météo de la fin de semaine. Radio-Canada a accompagné les équipes de déneigement pendant plusieurs heures pour observer le déroulement de l'opération.
La nouvelle politique prévoit que le nettoyage soit dirigé en fonction de la situation, explique Marie-Josée Asselin, vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec et responsable des travaux publics.
Entre la pluie, le verglas et la neige, la Ville jongle aussi avec les horaires de ses employés. Au lieu de tout nettoyer partout en même temps, ce qui n’est pas nécessairement la bonne chose à faire, les travaux sont désormais établis selon le degré des conditions qu’elles soient normales, difficiles ou extrêmes, précise Mme Asselin.
L’administration municipale ne peut pas promettre d'avoir le même niveau de service dans toutes les conditions, ajoute-t-elle. Les opérations sont donc basées sur les conditions réelles sur le terrain.
Des choix à faire
Si les trottoirs de votre rue n’ont pas été déneigés dès dimanche soir après les précipitations, il pourrait s'agir d'un choix délibéré.
Avec sa nouvelle politique de déneigement, la Ville estime avoir plus de flexibilité pour organiser le nettoyage et espère économiser, à moyen et long terme, en évitant de donner certaines sections à des entrepreneurs privés.
Si dans les premiers jours, on sait qu’il va reneiger dans trois jours, on ne met pas tous nos employés pour faire l’ensemble de la ville, à [nettoyer les rues] directement sur l’asphalte, de chaîne de trottoir à chaîne de trottoir, expose la responsable des travaux publics, pour ne pas perdre la marge de manœuvre qu’on a pour le reste de la semaine.

1500 personnes et 700 véhicules sont nécessaires pour enlever la neige des rues et des trottoirs de Québec.
Photo : Radio-Canada / Frederic Vigeant
Sans mettre la sécurité de côté, promet la Ville, le nombre d’employés disponibles et leur temps de repos sont tenus en compte. J'ai vu, moi aussi, sur les médias sociaux, admet Mme Asselin. La Ville ne veut pas payer le temps supplémentaire. Ça n'a rien à voir avec payer du temps supplémentaire. Il faut aussi avoir les gens pour le faire ce temps supplémentaire-là. C'est souvent ça l'enjeu qu'on a, beaucoup plus qu'un enjeu de budget.
Un système GPS pour suivre le déroulement
La télémétrie, un système de GPS qui permet de suivre en temps réel la progression de tous les véhicules à l'œuvre sur le territoire, a été testée l’hiver dernier et est maintenant déployée sur les véhicules municipaux, mais aussi sur ceux des entrepreneurs privés.
Avec cet outil, les équipes ont pu déterminer combien de kilomètres de rues pouvaient être dégagés par heure. Après analyse, il a été convenu que 38 km peuvent être faits. Les parcours sont donc en train d’être réaménagés, explique Éric Grondin, directeur de la division des Travaux publics.

Les équipes des travaux publics peuvent maintenant suivre l'opération de déneigement en temps réel.
Photo : Radio-Canada / Frederic Vigeant
Ça permet d'optimiser la machinerie qu'on possède déjà, précise M. Grondin. Puis, de voir les équipements qu'on a de disponibles pour reprendre des zones qui, présentement, sont données à contrats, pour les ramener vers les employés municipaux, mais sans ajouter de machine ni d'employé. Ça permet des économies importantes parce qu'on est capables de diminuer le nombre de contrats qu'on donne.
Pas sans l’aide des citoyens
En organisant les opérations de déneigement, les responsables comptent le plus possible sur la collaboration des citoyens pour faciliter le passage de l’équipement. Devoir remorquer des véhicules ralentit la cadence des travaux.
Dans une opération comme celle qui se déroule en ce moment, 55 remorqueuses et 17 agents de stationnement sont de la partie, pour déplacer environ 300 véhicules chaque nuit où des interdictions de stationnement sont en vigueur. La contravention pour le remorquage est de 205 $, ce qui couvre les frais de la Ville.
Ranger les bacs de déchets et de recyclage dès que possible aide les équipes, rappelle Marie-Josée Asselin. Quand les déneigeurs passent, ils sont obligés de slalomer un peu dans les rues. Ils sont obligés de repasser plusieurs fois. [...] Ça entraîne beaucoup de contraintes pour les employés, donc on appelle à la collaboration des gens non seulement dans les soirées d'interdiction, mais en tout temps, quand votre entrée est déneigée, remettez votre voiture dans votre entrée.

Les nombreux camions pleins de neige se suivent toute la nuit pour décharger le contenu à l'un des sites de dépôt à neige sur le territoire de la ville.
Photo : Radio-Canada / Frederic Vigeant
Une seule opération d’enlèvement de la neige coûte environ trois millions de dollars. Le budget total de la Ville de Québec pour le déneigement pour une saison est établi cette année à 96 millions de dollars, selon la moyenne des opérations des cinq dernières années. Les précipitations, la durée et le nombre de semaines d’hiver sont des critères retenus pour prévoir les coûts.
On pense qu'on a un scénario qui se tient, mais on n'est jamais à l'abri d'une surprise, rappelle Mme Asselin.
Avec les informations de Camille Carpentier


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