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Un premier Grand Prix en bleu, blanc et rouge

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Le Canadien de Montréal n’a jamais disputé un match la fin de semaine du Grand Prix du Canada. Ce sera toutefois le cas samedi. L’équipe sera en Caroline du Nord pour disputer le deuxième match de la finale de l’Est, tandis que la course sprint se déroulera au circuit Gilles-Villeneuve. L’attention médiatique sera divisée, mais tout le monde devrait en sortir gagnant, selon les promoteurs.

Le GP du Canada se déroule à Montréal depuis 1978, généralement en juin, et les conquêtes du Tricolore ont culminé en mai dans les années 1970 et 1980.

Les deux événements ont néanmoins failli se chevaucher à de nombreuses occasions. Alain Prost a triomphé sur l’île Notre-Dame quatre jours après que Patrick Roy et ses coéquipiers eurent éliminé les Kings de Los Angeles, en grande finale, en 1993.

En 2021, le CH a bien prolongé son printemps jusqu’au milieu de l’été. Mais, cette année-là, le Grand Prix n’a pas eu lieu en raison de la COVID-19.

La première course, en 1978, s’est déroulée un 8 octobre. Mais la victoire de Gilles Villeneuve n’a pas coïncidé avec un match du Bleu-blanc-rouge, puisque la saison de hockey ne s'est amorcée que trois jours plus tard.

Ce sera donc une grande première, en fin de semaine, occasionnée à la fois par le long parcours du Canadien et par un changement d’horaire. Cette année, les voitures les plus rapides du monde arrivent à Montréal un peu plus tôt, en raison du nouveau calendrier établi par la F1.

Ce changement avait été accueilli à bras ouvert par Tourisme Montréal, parce qu’il allait permettre à la métropole d’allonger sa saison touristique et d’éviter d’empiéter sur les nombreux festivals qui animent déjà les rues, en juin.

Nous avions au départ peut-être certaines réserves quant à la perception de la température, si les quelques degrés en moins pouvaient décourager des gens de venir. Mais ce n’est pas le cas du tout, les résultats dépassent nos attentes, dit Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal, l'un des principaux bailleurs de fonds de l’événement.

Nos hôtels sont pleins, avec un taux d'occupation de 93 % à 94 % pour le samedi et de 90 % pour l'ensemble du week-end.

Plan à vol d'oiseau du circuit Gilles-Villeneuve, avec la ville de Montréal en arrière-plan.

Montréal accueillera le Grand Prix de formule 1 du Canada jusqu'en 2035, grâce à une nouvelle entente signée l'été dernier.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Le PDG prévoit aussi un week-end exceptionnel pour les restaurants et les bars, samedi et dimanche.

Il y a une effervescence que nous n'avons pas vue depuis très longtemps. La dernière fois que les Canadiens étaient en séries, c'était en 2021, en pleine pandémie de COVID-19. Il faudrait peut-être remonter à l'époque des Expos, au début des années 80, pour retrouver une telle frénésie. Montréal avait besoin de ça, après un long printemps et une certaine morosité, ajoute-t-il.

Sandrine Garneau, cheffe de l’exploitation, marque et stratégies pour le Grand Prix, est aussi heureuse de voir le parcours du Canadien dans les éliminatoires se prolonger et ainsi chevaucher le week-end de son événement.

Tout ce qui ajoute de l'effervescence au week-end est le bienvenu. L'avantage que nous avons, du côté promoteur, c'est que ce match ne se jouera pas à domicile. Sur le plan opérationnel, cela nous apporte une certaine légèreté, note-t-elle.

Les promoteurs étaient déjà, lundi, en pourparlers pour établir comment ils pouvaient inclure le CH dans les festivités. Les qualifications et la course sprint auront lieu en après-midi, avant la première mise au jeu. Les amateurs de sport n’auront donc pas à choisir entre un ou l’autre. Qui sait, une projection en plein air pourrait s'imposer en soirée...

Il reste que, pour une rare fois, à Montréal, le Grand Prix ne sera pas la source d’intérêt principal.

5:16

Entrevue avec Yves Lalumière, PDG de Tourisme Montréal

Moins d’Américains à Montréal?

Le GP du Canada n’a pas à compétitionner qu'avec le Tricolore pour de l’attention, cette année. Les amateurs de sport automobile n’ont jamais été aussi bien servis en Amérique du Nord, ces dernières années, avec maintenant quatre manches présentées sur le continent.

On sentait depuis longtemps qu’il y avait un énorme potentiel de croissance pour la F1 aux États-Unis. Liberty Media a fait un excellent travail pour développer le marché là-bas, indique le promoteur Jean-Philippe Paradis.

Mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour Montréal. D’avoir des courses en Amérique du Nord toute l’année, ça permet de créer ici un buzz qui dure pendant toute l’année, un engouement médiatique soutenu. C’est plus facile de développer une synergie commerciale, avec des partenaires, avec plus de courses en Amérique

L’époque où Montréal était la seule destination nord-américaine pour les amateurs de F1 est bien révolue.

Chaque Grand Prix a quelque chose de spécial à offrir, à Las Vegas, à Miami et à Austin. Mais Montréal a sa propre unicité, avec sa culture, son histoire, et on mise là-dessus beaucoup, estime M. Paradis.

Son Grand Prix va d’ailleurs proposer pour la première fois une programmation musicale, cette fin de semaine, pour mettre en valeur les artistes d'ici.

Un groupe de musique offre un spectacle.

Simple Plan, Matt Lang et Bryan Adams font partie des artistes qui offriront un concert lors de la fin de semaine de festivités.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Les chiffres de vente préliminaires indiqueraient cependant que la présence de touristes américains à Montréal est sur le neutre, comme c'est le cas ailleurs dans la province.

Ce ne sont pas des chiffres définitifs, mais on voit que le climat politique a un certain effet, avance prudemment Sandrine Garneau. Il y a une très forte présence canadienne, tandis que nos chiffres en provenance des États-Unis restent relativement stables.

Il y a plusieurs raisons à cela. Le calendrier a changé, les touristes n’ont peut-être pas ajusté leurs habitudes encore, il y a encore de l’école, énumère-t-elle. Il y a aussi la course Indy 500 [à Indianapolis] qui a lieu en même temps que nous.

Pour nous, les proportions restent similaires, bien qu'il y ait actuellement un peu plus d'intérêt de la part des Canadiens du reste du pays que des Américains, en raison de la situation géopolitique actuelle, estime pour sa part Yves Lalumière. Dans l'ensemble, il y a très peu de différence avec les autres années. Nous réaliserons une étude sur les retombées économiques pendant le Grand Prix pour obtenir tous les détails l'année prochaine.

On note quand même une diminution des voyageurs en provenance des marchés français et allemand vers les États-Unis, on pense que cela pourrait jouer en notre faveur, tant pour notre Grand Prix que pour l’ensemble de notre saison estivale, conclut Yves Lalumière.

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