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L’exposition Hyperréalisme. Ceci n’est pas un corps s'installe au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), en première canadienne. Une quarantaine d'oeuvres au réalisme stupéfiant y attendent les visiteurs. Trente-cinq artistes d’ici et de la scène internationale nous présentent ainsi un portrait de l’évolution de la figure humaine dans la sculpture depuis un peu plus de 50 ans.
Ça nous permet de voir comment, dès les débuts [du mouvement hyperréaliste], on a voulu parler d'avoir une approche de répliques humaines, donc de créer des alter ego. [...] Dans la perspective de représenter le corps de manière réaliste, de brouiller les frontières entre ce qui est vrai et ce qui est faux, il y a des artistes qui vont pousser la réflexion un peu plus loin, souligne Caroline Lantagne, commissaire d'exposition au MNBAQ.

« Depression Bread Line » de l'artiste George Segal (1991).
Photo : Radio-Canada / Tanya Beaumont
Que ce soit avec des sculptures monochromes ou riches en couleurs, l'exposition dresse un portrait de l'humain et nous amène à réfléchir aux nouvelles technologies telles que l'utilisation de l'intelligence artificielle et les hypertrucages qui peuvent fausser notre perception de ce qui est vrai ou faux.

L'œuvre monumentale « Une fille » de Ron Muek a été réalisée en 2006.
Photo : Radio-Canada
L'œuvre de l'artiste australien Ron Muek représente un bébé naissant d'une taille surdimensionnée de cinq mètres de long. Elle occupe une pièce entière.
Cet artiste-là a dit, un moment donné, et je trouve ça très intéressant : "Même si je passe beaucoup de temps à travailler le détail extérieur des œuvres, ce qui m'intéresse, c'est davantage ce qu'elles ont à l'intérieur." [...] À partir de quelque chose de très, très fragile – initialement, un bébé naissant, c'est tout petit, c'est fragile – il a agrandi l'échelle pour faire une œuvre coup de poing, explique Caroline Lantagne.
Karine Payette fait partie des six artistes québécois qui participent à cette exposition. Son œuvre De part et d'autre représente une jeune fille qui embrasse un loup. L’artiste décrit un face-à-face qui questionne les frontières entre l’humain et l’animal.
L'action, c'est l'échange d'un baiser. Donc, souvent, on a tendance à faire de l'anthropomorphisme. [...] Pour nous, la représentation du baiser n'est pas la même qu'un animal.

L'oeuvre « Josh » de l'artiste Tony Matelli (2010).
Photo : Radio-Canada / Tanya Beaumont
Les amateurs de cinéma apprécieront de voir certaines œuvres qui s'apparentent aux effets spéciaux provenant de l'utilisation de silicone, de résine de polyester et de fibre de verre qui permettent aux artistes de reproduire l’apparence et les textures du corps.
Cette exposition qui jette un éclairage sur notre rapport au corps tout en soulignant des transformations de la société sera présentée jusqu'au 12 octobre au pavillon Pierre-Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec.
Avec les informations d'Alicia Rochevrier


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