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L’humiliation des États-Unis – Une superpuissance démasquée
Alors que la position de l’Iran s’est considérablement renforcée, la puissance américaine s’est effondrée. L’anniversaire de la guerre des douze jours se trouve dans la position stratégique la plus fragile des États-Unis depuis la chute de Saïgon en 1975.
Les dégâts causés à l’image de « superpuissance » américaine sont irréversibles. Pendant des décennies, Washington a cultivé une aura d’invincibilité militaire et de victoire inéluctable. Cette aura s’est brisée dans le ciel iranien et les eaux du détroit d’Ormuz.
L’ennemi n’a atteint aucun de ses objectifs déclarés. Il a été contraint de revoir à la baisse ses ambitions de guerre, passant de « renverser la République islamique » à « empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire » – un objectif que l’Iran a maintes fois et officiellement déclaré ne pas rechercher.
L’humiliation subie dans le détroit d’Ormuz demeure l’un des plus grands désastres stratégiques. Les États-Unis, superpuissance maritime mondiale, ont perdu le contrôle opérationnel de la voie maritime la plus vitale de la planète au profit d’une puissance non navale. Les dommages portés à la projection de puissance américaine à l’échelle mondiale sont irréversibles. Toutes les marines alliées du monde en ont déjà pris note.
Les pertes économiques et matérielles sont colossales, se chiffrant en centaines de milliards de dollars de coûts directs et indirects ; l’épuisement des coûteuses réserves stratégiques – missiles de défense aérienne, munitions de précision, moyens navals – sans perspective de reconstitution à un rythme comparable au réapprovisionnement asymétrique iranien. La base militaro-industrielle américaine, déjà mise à rude épreuve par l’Ukraine et Israël, est encore plus affaiblie.
La perte de crédibilité auprès des alliés constitue peut-être le dommage le plus lourd de conséquences à long terme. Les monarchies du Golfe persique, qui ont versé des milliards pour la protection américaine, ont vu les forces américaines se retirer, leurs systèmes de défense aérienne contournés et leurs territoires vulnérables aux représailles iraniennes. L’expression « toutes les options sont sur la table » s’est révélée n’être qu’une vaine rhétorique. Lorsque les États-Unis ont renoncé à plusieurs reprises à reprendre le combat contre l’Iran, mettant fin à la guerre de 40 jours sans aucun gain, tous les alliés régionaux ont compris la nouvelle réalité.
La honte, tant nationale qu’internationale, est totale. Les analystes occidentaux et régionaux, même les plus hostiles à l’Iran, ont été contraints de reconnaître le transfert de l’initiative en matière de guerre et de paix entre les mains de Téhéran. En Iran, l’effondrement du prestige américain a été particulièrement dévastateur pour les groupes pro-occidentaux qui ont longtemps propagé l’image d’une Amérique « hégémonique bienveillante ». Ce récit erroné est désormais définitivement enterré.
Le calcul de Trump – Le désespoir déguisé en diplomatie
Au moment où ces lignes sont écrites, Trump aurait reçu des signes d’un accord final avec l’Iran, dans un climat qui relève du désespoir. Ses menaces renouvelées d’attaques contre des cibles iraniennes ont été rapidement abandonnées jeudi soir. On croirait entendre un joueur désespéré à court de jetons.
Il est essentiel de comprendre plusieurs réalités structurelles concernant la démarche actuelle des États-Unis pour conclure un accord.
Après un échec militaire, les États-Unis adoptent une approche diplomatique conciliante. Washington espère que l’Iran acceptera des conditions permettant aux États-Unis de se retirer de manière honorable. Mais il ne faut pas s’y tromper : tout accord recherché par l’Amérique ne vise pas un bénéfice mutuel, mais la survie des derniers vestiges de sa crédibilité dans la région.
Deuxièmement, les États-Unis mènent une guerre de désinformation intense et généralisée. Par le biais de publications sur les réseaux sociaux, de communiqués de presse contradictoires et de récits manipulés, les responsables de l’administration Trump cherchent à projeter une fausse image de « réussite ». Ils affirment avoir « empêché » une catastrophe plus grave, ou que l’Iran a « conclu » quelque chose. Il s’agit là d’armes de propagande destinées à l’opinion publique nationale et aux alliés, et qui ne reposent sur aucun fait.
Troisièmement, tout accord avec l’Iran ne doit pas être interprété à tort comme une manœuvre partisane de Trump ou du Parti républicain. Il s’agit d’une tentative structurelle plus vaste et bipartite menée par l’ensemble de l’appareil d’État américain : l’État profond, l’armée et les réseaux sionistes internationaux.
Les personnalités politiques sont des acteurs visibles, mais les mécanismes qui les animent sont à la fois nationaux et transnationaux. Les replis que nous observons sont des manœuvres tactiques visant à préserver l’objectif plus large de maintenir la crédibilité de la puissance occidentale sur le long terme.
L’Iran ne doit pas – et ne peut pas – se permettre de confondre une pause tactique avec un changement de cap stratégique.


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