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THÉÂTRE. Au terme des représentations drummondvilloises de «Tout sur le sexe», un bilan s’imposait. Laurent Paquin, qui a écrit les textes avec Simon Boudreault, et qui y a joué une foule de personnages, s’est prêté au jeu.
(Photo : Ghyslain Bergeron)Laurent Paquin s’est montré ravi de l’expérience, lors d’une entrevue téléphonique avec L’Express. Si la présentation de la pièce a été au-delà de ses espérances, ce n’est pas qu’il s’attendait à de mauvais résultats, mais qu’il ne savait pas quelle réception elle aurait, étant une création.
Pour illustrer ses propos, il parle de la pièce Le Dîner de cons, dans laquelle il a joué il y a quelques années. «[J’y avais joué] en sachant très bien que le show allait marcher, parce que c’est un classique, que tout le monde connaît la pièce, que c’est un film culte… Alors que là, on arrivait avec un show qui n’avait jamais été présenté, c’était vraiment une création. Il y a comme un thrill… Finalement, le show a marché bien au-delà de ce qu’on espérait, alors on en sort très heureux».
Même son de cloche du côté de la Maison des arts. «On est fiers d’avoir eu l’audace de présenter une création. Ce n’était pas une pièce avec un référent ou un historique connu par les gens», explique Marie-Pierre Simoneau, directrice générale.
Défis et succès
En cours de route, le spectacle a dû être raccourci. Si en répétition, il faisait 1 h 40, à la générale, il a duré 2 h. «On n’avait pas calculé avec les rires; ça a donné un show très long. Le plus dur pour nous, ça a été de dire : bon, ce sketch-là, on va l’enlever. Il y avait des sketchs qu’on aimait là-dedans aussi. Ça a été un peu crève-cœur, mais en même temps, on se rend compte que ça a été des coupures bénéfiques. Là, le public sort en ayant l’impression qu’il en aurait pris encore. C’est toujours mieux que quelqu’un qui dit que c’était un peu trop long. La tête ne peut pas en prendre plus que la vessie!» s’exclame-t-il.
Les comédiens ont une grande énergie tout au long de la pièce. (Photo : Ghyslain Bergeron)Les trois comédiens, Simon Boudreault, Laurent Paquin et Brigitte Lafleur, se sont montré de vrais acrobates du changement de costume. Entre chaque sketch, à une vitesse prodigieuse, ils se transformaient grâce à des vêtements et des accessoires. «Ça a été de la gestion, surtout au début. Il faut que ces gestes-là deviennent des gestes automatiques, et ils le sont devenus un moment donné. Au début, je me disais que je n’y arriverais pas, puis à la fin, j’avais du temps! C’est fou comment un spectacle s’améliore d’un soir à l’autre. Nous, un moment donné, ça devient une seconde nature, c’est un réflexe. Tout est tellement rentré dans notre tête que ça se fait de façon beaucoup plus fluide», raconte le comédien et humoriste.
Le sketch qui a marché le plus fort, selon lui, c’est celui avec les marionnettes. «On avait le feeling que c’était une bonne idée. Simon et moi, on aime les marionnettes, on voulait qu’il y ait ça dans le spectacle, mais c’était possiblement le sketch dont on était le moins sûrs. Déjà, c’est un sketch qu’on n’a pas pu écrire très à l’avance, on l’a écrit quand on a eu les marionnettes. C’est le sketch qui a été écrit en dernier. Finalement, c’est le sketch dont on se fait parler le plus, un des sketchs qui provoque les plus grosses réactions dans le spectacle, parce que c’est un sketch où on peut aller assez loin, vu que ce sont des marionnettes. Finalement, tout le monde embarque! Avoir su qu’il marcherait autant, on l’aurait probablement mis à la fin du spectacle!» assure-t-il.
La directrice générale de la Maison des arts a eu de bons échos, tout au long de la saison. «Le bouche-à-oreille a été particulièrement efficace cet été. Les commentaires sur la production ont été extrêmement favorables. Les gens ont adoré, ça a beaucoup ri. Il y a beaucoup de gens qui m’ont dit qu’ils ne pensaient jamais rire comme ça!» raconte-t-elle.
Cette dernière explique le succès de la pièce par la qualité d’écriture des auteurs et de la nouveauté que représentait une comédie à sketchs. «Quand le producteur, Monarque, m’a dit que Simon [Boudreault] et Laurent [Paquin] avaient des textes sur le sexe, j’étais curieuse d’aller là. Je savais que la signature que Monarque était capable de mettre autour de ça, que ça ne serait pas vulgaire. Quand Monarque est arrivé avec la mise en scène avec un Serge Denoncourt, c’était la recette totale!» s’exclame-t-elle.
Le rideau tombe
Bien que ce soit la fin de l’expérience drummondvilloise, ce n’est pas la fin de la pièce. L’été prochain, le spectacle fera l’objet d’une tournée québécoise. Le texte sera également publié, de façon à ce que des troupes de théâtre puissent jouer à leur tour cette pièce.
«C’est sûr que de finir une run de 25 représentations, ça fait toujours un petit pincement», évoque Laurent Paquin.
La pièce en chiffres à la Maison des Arts :
– 19 460 spectateurs ont assisté à la production;
– le taux d’occupation a été de 83 %;
– 65 % des spectateurs venaient de l’extérieur du Centre-du-Québec.


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