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HISTOIRE. Début des années 1970 : le textile poursuit son déclin. Alors qu’il représentait 71 % des emplois en 1960, il affiche un taux de 52,7 % en 1972. Comme partout au Canada, la récession frappe Drummondville, en raison de la crise du pétrole et de la forte inflation aggravées par la situation critique de l’industrie canadienne du textile.[i]
Dans un document de 1974, la Dominion Textile explique que plus de la moitié des textiles vendus au pays viennent de l’étranger, à un coût nettement inférieur que ceux fabriqués ici. À partir de là, la situation économique se détériore considérablement. Plusieurs usines sont contraintes de fermer leurs portes, comme la Dominion Silk Dyeing and Printing, en 1972, tandis que d’autres doivent réduire le nombre d’employés afin de rationaliser leurs activités ou réduire leur production. Drummondville perd ainsi des centaines d’emplois manufacturiers, et le nombre de chômeurs inscrits au Centre de main-d’œuvre du Québec augmente sans cesse.[ii]
Le 1er janvier 1975, La Parole titre à la une : «Drummondville entre en récession».
«Depuis octobre 1974, la situation de l’emploi se détériore dans plusieurs régions du Québec, en particulier dans ce qui constitue notre bassin industriel. De novembre à décembre, le nombre de prestataires de la Commission d’assurance-chômage atteint environ 8000 de ce qu’il était, soit 6895. Par rapport à décembre 1973, il s’agit d’un écart de quelque 2000 prestataires. Malgré les nouvelles acquisitions industrielles de 1974, on constate que la conjoncture a engendré par le fait même une forte détente au niveau de l’offre d’emploi», écrivait-on.
En mai 1977, Drummondville stagne avec un taux de chômage de 25 %.
Le portrait de l’industrie du textile continue de s’assombrir de telle sorte qu’en 1979, elle représente 42,7 % des emplois. Cette chute rapide ne fut pas sans conséquence. «La Celanese devient le seul centre de production de fil d’acétate de cellulose au Canada, mais celui-ci allait être détrôné par de nouvelles fibres, comme le polyester», écrit Catherine Objois, l’autrice de l’ouvrage intitulé L’histoire économique de Drummondville 1815-2015.
Malgré les mesures mises en place par le gouvernement fédéral en 1976-1977 pour soutenir l’industrie canadienne du textile, la Celanese et son usine de Drummondville, alors la plus importante unité de fabrication de tissus à partir de fils synthétiques au Canada, font face à la concurrence croissante des pays en voie de développement. La Dominion Textile, qui fabrique notamment des toiles pour pneus ainsi que diverses sortes de tissus et de filés industriels, subit, elle aussi, la pression des produits étrangers. Devenue la Swift Textile, l’entreprise se tourne ensuite vers la production de denim indigo en 1977, y consacrant 15 M$ d’investissements. Elle compte alors 700 ouvriers.[iii]
À la même époque, Drummondville devient la risée du magazine Croc, qui désigne la ville comme la capitale québécoise de la quétainerie. Ses sarcasmes à l’égard de la région sont ensuite repris par d’autres.
«Cette campagne de dénigrement a eu un effet dévastateur à la fois sur la réputation et sur l’image de Drummondville, de même que sur le moral des citoyens. Cependant, elle a été aussi un véritable coup de fouet stimulant tout le milieu à se prendre en main pour montrer de quoi il était capable», affirme Mme Objois.
La croissance des projets industriels
D’autres part, la décennie est aussi marquée par un boom industriel. En ce sens, en 1970, la Ville crée un poste de commissaire industriel. Dès cette époque, Drummondville figure parmi les
Livraison à cheval de la Laiterie Lamothe, Drummondville, août 1978. (Photo : Histoire Drummond, Fonds La Parole; P89-780830-024)régions désignées par le ministère de l’Expansion économique régionale (MEER), qui offre des avantages fiscaux et des subventions pour soutenir les projets d’agrandissement et de modernisation.
De 1972 à 1975, le MEER verse près de 5,5 M$ à 50 projets industriels, notamment ceux de Tapis Venture, Les Habitations CIP, Celanese, IT, Circuit Breaker et Dominion Textile. Au total, de 1972 à 1977, le fédéral accorde des subventions de plus de 10 M$ à 70 entreprises, permettant la création de 2500 emplois et favorisant l’implantation d’une vingtaine d’usines.[iv]
En 1972, 81 % des entreprises constituent des PME de moins de 50 employés (66 % en 1960). Plusieurs se développent : Eastern Paper Box, Laiterie Lamothe & Frères, Bourret Transport, etc.
D’autres domaines prennent la relève. En 1979, le secteur du matériel électrique regroupe 16 % des emplois industriels, et les secteurs bois et papier, métaux et machinerie, ainsi qu’imprimerie en regroupent ensemble près de 21 %.[v]
Un deuxième parc industriel se greffe au premier devenu insuffisant en 1975. Conçu à des fin régionales, sa réalisation résulte d’un accord entre les trois paliers gouvernementaux qui ont investi dans le projet de quelque dix millions de dollars.
La grève de la Celanese en 1976
Manifestation des grévistes la Canadian Celanese, Drummondville, 1976. (Photo : Histoire Drummond, Fonds Canadian Celanese; P90, S09, P1406)Le 26 avril 1976, les 1500 travailleurs syndiqués de la Celanese sont mis en lock-out jusqu’en juillet. Ils décident toutefois de maintenir la grève pendant six mois. Celle-ci est marquée par la violence. Les employés réclament la parité salariale avec leurs collègues des autres usines de Celanese au pays. L’employeur accepte une hausse de 1,75 $/l’heure sur trois ans, mais la Commission de lutte contre l’inflation ramène celle-ci à 1,40 $/l’heure.[vi]
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[i] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois
[ii] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois
[iii] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois
[iv] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois
[v] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois
[vi] Une ville à raconter, Yolande Allard, Jean Thibault et Élaine Bérubé


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