Dans le désert d’Atacama au Chili, des chercheurs ont découvert un réseau souterrain où la vie est présente. Bâti par des vers nématodes, l’endroit est tout à fait surprenant dans la mesure où dans ce désert – le plus aride du monde – la faune se concentre quasi exclusivement autour des oasis, des lagunes et près des côtes.
Des vers minuscules vivant dans le sol
Couvrant une superficie de plus de 100 000 m², le désert d’Atacama (Chili) est une zone assez froide (de -10 à 30°C) et surtout, hyperaride avec un taux d’humidité extrêmement faible et moins de 1 mm de précipitations par an. Il s’agit d’ailleurs de la zone la plus aride sur Terre. Ses caractéristiques, sa situation géographique et son isolement permettent à des agences spatiales comme la NASA et l’ESA d’y simuler des scénarios d’exploration de la planète Mars, notamment pour les rovers. Citons également la présence de près d’une dizaine d’observatoires astronomiques. En ce qui concerne la vie, la flore est très peu présente (cactus, lichens) et la faune se concentre principalement autour des oasis, salars et lagunes et près de la côte (lamas, flamants roses, races).
En janvier 2026, des chercheurs de l’Université de Cologne (Allemagne) ont relaté leur découverte dans la revue Nature Communications. Après avoir analysé pas moins de six régions différentes du désert, les scientifiques ont mis à jour des nématodes, c’est à dire des vers minuscules circulant et vivant dans le sol. Ceux-ci participent notamment au mouvement des nutriments et à la régulation des bactéries sous terre. Les auteurs se sont naturellement posé la question suivante : comment ces organismes multicellulaires sont-ils capables de survivre dans de telles conditions ?
Les travaux ont permis de comprendre que la diversité des nématodes reposait sur un équilibre fragile. Il s’avère que ces animaux ont développé des stratégies pour pérenniser leur vie dans le désert d’Atacama. Par exemple, dans les zones les plus inhospitalières où il est difficile de trouver un partenaire, les vers sont devenus asexués et ont recours à la parthénogenèse. Il s’agit tout simplement d’un mode de reproduction via lequel un embryon se développe à partir d’un ovule non fécondé, sans l’intervention d’un mâle.
Crédit : Schiffer et al., Nature Communications., 2026Pourquoi ces travaux sont-ils pertinents ?
« Ces résultats démontrent que même dans l’un des environnements terrestres les plus extrêmes, des communautés du sol stables peuvent persister. », peut-on lire dans l’étude.
Cependant, les chercheurs ont affirmé que dans les zones les plus rudes, la diversité des nématodes était tout de même beaucoup plus réduite. Ceci apparait comme étant tout à fait logique, dans la mesure où les zones très sèches – où l’humidité est quasiment inexistante – fournissent évidemment moins de nourriture. D’ailleurs, ceci menace davantage des écosystèmes déjà fragiles, dans un contexte de réchauffement climatique source d’amplification du phénomène.
Ainsi, ces travaux peuvent apportent un éclairage nouveau sur les mécanismes façonnant la biodiversité dans les écosystèmes arides mais aussi, contribuer aux prévisions relatives à la résilience des sols face à l’aridification globale aggravée par le changement climatique. Il faut dire que des sols du même type que celui actuellement présent dans le désert d’Atacama pourraient apparaitre dans d’autres régions du globe et ce, dans un avenir plus ou moins proche.


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