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Neuf pays européens dont l'Italie et la France ont alerté la Commission européenne sur les graves risques écologiques posés par le méthanier russe Arctic Metagaz qui dérive actuellement en mer Méditerranée. Parti de Mourmansk, au nord-ouest de la Russie, le navire appartient à la flotte fantôme utilisée par le Kremlin pour vendre ses hydrocarbures et contourner les sanctions occidentales imposées à Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine.
À Fukushima, les ravages de la catastrophe mettront encore des décennies à disparaîtreDans la nuit du 3 au 4 mars, il aurait subi des "explosions soudaines" au large des côtes libyennes "suivies d'un énorme incendie ayant conduit à son naufrage complet", selon l'Autorité libyenne des ports et du transport maritime. Les trente membres de l'équipage ont pu être secourus mais le navire – gravement endommagé – aurait alors sombré avec sa cargaison, soit 900 tonnes de Diesel et plus de 60 000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), selon une première version.
Une "bombe à retardement"
Il est cependant rapidement apparu que, contrairement aux déclarations libyennes, le méthanier n'avait pas sombré mais qu'il continue à dériver en Méditerranée, où il s'approche désormais des côtes maltaises et italiennes. Les autorités des deux pays, qui assurent être en contact permanent, évoquent de concert "une bombe à retardement remplie de gaz" et alertent sur "un risque imminent et grave" de catastrophe environnementale, sans parvenir à trouver une solution.
La banquise de l'Arctique à l'un de ses niveaux les plus bas jamais mesurésL'une des options consisterait à remorquer le navire, mais celui-ci – gravement endommagé – est fortement instable. Une autre reviendrait à escorter celui-ci au large, où il pourrait être coulé de façon contrôlée. Mais tout contact direct avec le méthanier avarié pour lui porter une assistance technique pourrait être perçu comme une entorse voire un affaiblissement des sanctions occidentales. D'où le statu quo.
Nuages cryogéniques mortels
Moscou, qui assure que cette avarie est le fait d'une attaque de drones navals ukrainiens, a clairement fait savoir lundi que la gestion de la situation revenait aux États côtiers concernés, tout en avertissant sur de possibles effets dévastateurs pour l'environnement. Un avis partagé par l'ONG environnementale WWF, qui avait mis en garde vendredi sur le risque imminent de faire face à "un incendie, la formation de nuages cryogéniques mortels pour la faune marine, ainsi qu'à une vaste et longue pollution de l'eau et de l'atmosphère".
Du CO2 datant de plusieurs millénaires relâché dans l'atmosphère: la découverte inquiétante de scientifiques belges"La zone touche touchée possède une valeur écologique exceptionnelle" poursuit l'organisation dans un communiqué. Elle est dotée "d'écosystèmes fragiles et profonds présentant l'une des plus grandes biodiversités du bassin méditerranéen où circulent notamment d'importantes espèces comme le thon et l'espadon. Pour toutes ces raisons, le risque environnemental est élevé et potentiellement irréversible."
Et le WWF de formuler un certain nombre de demandes, adressées aux autorités compétentes. "Il existe un solide cadre légal européen et international pour éviter ou réagir efficacement face à des incidents de pollution marine, notamment la dérive de navires en détresse. Compte tenu de la gravité de la situation, il est urgent de renforcer le monitoring de la zone, mettre en place une coordination internationale, prendre des mesures préventives pour éviter un déversement, et évaluer en urgence les risques pour les écosystèmes marins les plus sensibles de cette zone."
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