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Le chef de l’armée pakistanaise, pays médiateur dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran, s’est rendu vendredi à Téhéran pour tenter de mettre fin à la guerre qui perturbe gravement l’économie mondiale.
« Le maréchal Asim Munir est arrivé à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation en cours », a annoncé l’armée pakistanaise dans un communiqué en fin de journée.
L’Iran a toutefois tempéré les espoirs d’un accord imminent. « C’est la poursuite du processus diplomatique. On ne peut pas nécessairement dire que cela signifie que nous avons atteint un tournant ou une situation décisive », a mis en garde le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, à la télévision d’État.
Selon lui, les divergences restent « profondes » et des « questions importantes » en suspens : la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, la situation dans le détroit d’Ormuz et le blocus américain des portes iraniens, a-t-il énuméré, cette fois cité par l’agence de presse Isna.
À ce stade, le volet nucléaire, où là aussi l’écart entre les deux parties est grand, n’est pas abordé, a-t-il insisté.
Guerre impopulaire
Depuis l’entrée en vigueur d’une fragile trêve le 8 avril après plus d’un mois de conflit, une seule séance de négociations, infructueuse, s’est tenue le 11 avril à Islamabad.
Depuis, les discussions se poursuivent en coulisses. Résumant la situation, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a fait part vendredi de « progrès, mais on n’y est pas encore ».
« J’espère que cela changera. Honnêtement, cela pourrait ne pas être le cas », a-t-il dit en marge d’une réunion de l’OTAN en Suède.
Malgré ces efforts diplomatiques, les déclarations martiales continuent de part et d’autre. Le pouvoir iranien a répété qu’il ne céderait « jamais à l’intimidation » et les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont eux menacé d’étendre la guerre « bien au-delà de la région » en cas de nouvelle attaque américaine.
« L’Iran a perdu sa marine, son armée de l’air, tout a disparu, ses dirigeants ont disparu », a déclaré de son côté le président Donald Trump lors d’un discours près de New York.
« Si vous lisez les fake news, vous pourriez croire que tout va pour le mieux. Mais ce n’est pas le cas. Ils ont désespérément envie de conclure un accord », a-t-il ajouté, après avoir menacé à plusieurs reprises d’anéantir la République islamique.
La Maison-Blanche a indiqué qu’il resterait à Washington ce week-end, contrairement au programme initial.
Le président américain cherche une issue à cette guerre impopulaire dans son pays, qui a gravement perturbé l’économie mondiale, en raison du quasi-blocage du stratégique détroit d’Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.
Morts au Liban
D’autres pays, notamment le Qatar, qui est comme ses voisins frappé de plein fouet par ce blocage maritime, multiplient aussi les efforts de médiation.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a confirmé la visite d’une délégation qatarie vendredi, saluant les « efforts précieux » de nombreux États pour « empêcher une nouvelle escalade » même si « le Pakistan demeure le médiateur officiel des négociations ».
Les marchés boursiers mondiaux voulaient eux croire à un accord : les Bourses européennes ont clôturé la semaine en hausse, tout comme Wall Street qui a terminé sur un record pour la deuxième séance d’affilée.
Sur le marché pétrolier en revanche, la nervosité est de mise par crainte d’une pénurie d’offre : le baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 0,94 % à 103,54 dollars, et son équivalent américain, le baril de WTI, a grappillé 0,26 % à 96,60 dollars.
Au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent en dépit du cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien depuis mi-avril.
Vendredi, dix personnes, dont une fillette et six secouristes parmi lesquels deux sont affiliés à un mouvement allié du Hezbollah, ont été tués dans le sud du pays, selon le ministère libanais de la Santé.
Par ailleurs, Israël a mené cinq attaques aériennes vendredi soir dans l’est du Liban, près de la frontière syrienne, région jusqu’alors épargnée par les frappes israéliennes, a annoncé l’agence de presse officielle libanaise NNA.


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