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L'approbation d'un projet de construction d'une succursale de McDonald's près d'une rue résidentielle de Pointe-aux-Trembles suscite l'indignation de plusieurs résidents du quartier, qui reprochent à l'arrondissement sa volte-face.
Le restaurant, qui sera situé sur Sherbrooke Est à l'angle de la 36e Avenue, comprendra un service au volant et un stationnement avoisinant les cours arrière des résidents.
Ils pourront pratiquement commander leur hamburger depuis leur piscine! lance Julie Desjardins, qui habite dans le coin.
Étirer le bras en flottant dans l’eau pour attraper une frite au vol peut sembler agréable, mais dans les faits, les résidents s’inquiètent du bruit, des odeurs et du trafic que risque de générer l’achalandage supplémentaire. Mme Desjardins et ses voisins soutiennent que l'administration ne défend pas les intérêts des riverains.
C'est un projet qui va dévaloriser nos maisons et compromettre la sécurité du quartier, déplore-t-elle, avant d’expliquer que les véhicules quittant le service au volant sortiront sur sa rue, un passage emprunté par les résidents devant se rendre aux arrêts d'autobus à proximité, dont plusieurs sont des élèves du secondaire.

Le service au volant est particulièrement problématique pour les résidents du coin. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Ben Nelms
Si Julie Desjardins dénonce un projet qui ne répond pas aux besoins de l'arrondissement, c’est surtout la capitulation de l’arrondissement – la précédente administration ayant cherché à bloquer le projet pendant plusieurs années, notamment en imposant des conditions strictes au promoteur – qui déçoit la Pointelière.
Nous pensions que la Ville était de notre côté, mais nous comprenons qu'elle est là pour l'argent, déplore-t-elle.
Des riverains ont lancé une pétition, mais la démarche était déjà difficile sous l'ancienne administration de l'arrondissement, surtout sur le plan juridique , étant donné que le terrain est réservé à un usage commercial.
Craintes de factures salées
L’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles avait initialement refusé d’autoriser un service au volant ou un accès par la 36e Avenue en février dernier, mais le maintien de ce blocage l'aurait exposé à des risques juridiques et financiers importants, selon la conseillère de ville pour Pointe-aux-Trembles, Gabrielle Rousseau-Bélanger.
Dans un communiqué, elle a déclaré que l’arrondissement avait été contraint d'agir avec prudence, les arguments juridiques pour bloquer le projet étant beaucoup plus faibles que prévu initialement. Nous ne pouvions tout simplement pas prendre le risque de jouer avec l'argent des contribuables, a-t-elle affirmé.

Situé sur la rue Sherbrooke Est à l'angle de la 36e Avenue, le terrain abrite un bâtiment qui doit être démoli pour faire place à un restaurant McDonald's avec service au volant.
Photo : Antoni Nerestant/CBC
Même son de cloche du côté du maire de l’arrondissement, Denis Pelletier. La décision d'imposer des restrictions au projet en février provenait d’une bonne volonté, assure-t-il, mais le maintien de cette position aurait pu entraîner une poursuite judiciaire coûteuse.
L’arrondissement n’abandonnera toutefois pas ses efforts visant à atténuer les répercussions sur la qualité de vie des résidents. Leurs inquiétudes demeurent tout à fait légitimes, selon Mme Rousseau-Bélanger, qui a annoncé la création d'un comité de bon voisinage composé de citoyens, du promoteur et de représentants de l'arrondissement pour assurer le suivi du projet.
M. Pelletier a quant à lui précisé que l'arrondissement avait demandé à son service d'urbanisme de négocier des conditions contraignantes avec le promoteur, notamment l'installation de murs antibruit, d'écrans végétaux, de systèmes de ventilation spécialisés pour réduire les odeurs de friture, en plus de prévoir des mesures d'atténuation de la circulation.
Des embûches prévisibles, selon Projet Montréal
Seule et unique représentante de Projet Montréal au sein du conseil d'arrondissement, la conseillère d’opposition Marie-Claude Baril a vivement critiqué Ensemble Montréal pour avoir fait marche arrière, alors que son parti avait amorcé la contestation du projet lorsqu’il détenait la majorité au conseil.

Marie-Claude Baril, conseillère d'arrondissement, a exprimé haut et fort son opposition au projet de McDonald's.
Photo : Antoni Nerestant/CBC
Pour Mme Baril, l'arrondissement aurait dû rester ferme devant les tribunaux malgré les menaces de poursuite du promoteur. Personne n'aurait dû être surpris par la menace d'une action en justice, a-t-elle déclaré. Le conseil comprenait les risques, et à l'époque, il semblait prêt à défendre sa décision. J'ai donc été vraiment choquée et déçue lorsque nous avons fait marche arrière.
Selon la conseillère d'opposition, le rôle d'élus n'est pas de faire ce qui est le plus facile — c'est de faire ce que nous croyons être juste pour la collectivité que nous servons. Si elle reconnaît que les recours juridiques formels pour bloquer le projet sont bel et bien épuisés, il ne s’agit pas pour autant d’une raison pour abandonner la lutte, selon elle. La conseillère promet de rester aux côtés des citoyens qui continuent de se mobiliser pour exiger des mesures d'atténuation.
Pas pire qu’une station-service, affirme le promoteur
Président du Groupe Immobilier Taillefer et promoteur du projet, Jean-François Taillefer a salué l'arrondissement pour être revenu sur ce qu'il a qualifié de restriction illégale au projet.
Le promoteur soutient que le restaurant n'aurait pas plus d'impact sur le quartier qu'une station-service, un dépanneur ou un lave-auto.
À ce titre, des études acoustiques réalisées pour d'autres succursales de la multinationale américaine démontreraient que la circulation routière autour du restaurant génère des niveaux de bruit comparables à ceux de la rue environnante, ce que réfute Julie Desjardins.
Selon la résidente, l'achalandage généré par le McDonald's serait nettement supérieur à celui des anciens commerces, particulièrement en raison du service au volant, qui risque de créer des files de véhicules devant les cours arrière.
D'après un texte d'Isaac Olson, de CBC News


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