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Une voyageuse n’a pas pu recevoir de service en français lorsqu’elle est passée au point de contrôle de sécurité à l’aéroport de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Cet incident, qui n’est pas isolé, la pousse à porter plainte pour dénoncer la situation, qu’elle qualifie « d'inacceptable ».
Même si elle peut parler l’anglais, Anne Godin, une francophone du Grand Moncton, demande toujours de se faire servir en français au point de contrôle de sécurité de l’aéroport lorsqu’elle voyage. Mardi, cette demande a été refusée.
La femme, la première, qui m’a dit de mettre mes choses dans le panier, m’a dit : ''No, I don’t speak French.'' (Je ne parle pas français.) J’ai demandé : ''Est-ce qu’il y a quelqu’un qui parle français?'' Elle a répondu : ''No.'' J’ai dit : ''C’est terrible.''

Anne Godin a l'intention de déposer une plainte auprès du commissaire aux langues officielles du Canada, à la suite de cet incident. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux
Elle a ensuite demandé à parler à un superviseur pour savoir si quelqu’un pouvait lui répondre en français.
Il m’a répondu : ''We are short of staff. We have someone, but she's on break.'' (Nous manquons de personnel. Nous avons quelqu’un, mais elle est en pause.) Je ne l’ai pas cru.
Anne Godin ajoute que sa sœur, unilingue francophone, a vécu une situation similaire au début du mois au point de contrôle de sécurité de cet aéroport.
C’est inacceptable. Là, ça fait deux fois que ça arrive qu’il n'y a personne qui parle français à la sécurité.
Une obligation en vertu de la LLO
Michel Doucet, professeur émérite en droit et spécialiste en droits linguistiques, est catégorique : un service dans les deux langues officielles doit être offert, en vertu de la Loi sur les langues officielles.
Il explique qu’un employé doit faire une offre active, en saluant les voyageurs en anglais et en français.
Mais ce n'est pas suffisant de faire ça. Ils ont également l'obligation en vertu de la loi d’offrir des services, de s'assurer qu’il y a quelqu'un de disponible immédiatement pour proposer les services dans la langue du voyageur.

Le juriste Michel Doucet (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Michel Doucet ajoute que lui-même a déjà eu des difficultés à se faire servir en français au point de contrôle de sécurité de l'aéroport de Moncton. Un manque de personnel ne peut pas justifier cette situation, précise-t-il.
L'argument du short of staff, c'est un argument qu’on pourrait utiliser tous les jours. Ce n’est pas un argument qui est valable en vertu de la Loi sur les langues officielles, ce n’est pas une excuse pour ne pas se conformer.
C’est une obligation en vertu de la loi. Ce n’est pas une chose qu’on décide qu’on va respecter une journée et qu’on ne va pas respecter une autre journée.
Une plainte sera déposée
Anne Godin a publié son histoire sur les réseaux sociaux, ce qui a suscité plusieurs réactions et commentaires.
Beaucoup de gens m’ont dit que ça leur était arrivé aussi.
Elle ajoute qu’elle portera plainte auprès du commissaire aux langues officielles du Canada, ce que recommande Michel Doucet. Il explique que le commissaire peut maintenant aller plus loin qu’une simple recommandation et exiger des changements concrets.
J’encourage fortement les gens qui voient leurs droits non respectés à déposer des plaintes, puisque plus il y aura de plaintes, plus le commissaire sera en mesure d'assurer une conformité avec les nouveaux pouvoirs qui lui sont octroyés en vertu de la loi.
L’aéroport enquête
Par courriel, la spécialiste principale des communications, Lauren Guitard, indique que l'aéroport du Grand Moncton a été informé de la situation par des commentaires publiés sur les réseaux sociaux et qu’une enquête est en cours.
Afin de comprendre l'ensemble des faits, nous poursuivons notre analyse interne et nous pourrons fournir des informations supplémentaires au moment approprié.
La porte-parole ajoute que l’offre de services de qualité dans les deux langues officielles demeure une priorité.
Avec les informations de Nouemsi Njiké


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