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Huit mois, c’est le temps qui sépare l’élection partielle dans Chicoutimi des élections générales provinciales prévues en octobre. Même si plusieurs observateurs affirment qu’il s’agira d’un « emploi d’été », la motivation des candidats à mener un bref mandat est bien réelle.
La tenue d’une élection partielle servira à pourvoir le siège laissé vacant par l'ex-ministre des Affaires municipales Andrée Laforest, qui s’était lancée en vain, en septembre dernier, dans la course à la mairie de Saguenay.
Les candidats à la partielle sont Marie-Karlynn Laflamme du Parti québécois (PQ), Catherine Morissette du Parti conservateur du Québec (PCQ), Francis Tremblay de la Coalition avenir Québec (CAQ), Jeanne Palardy de Québec solidaire (QS), Tricia Murray du Parti libéral du Québec (PLQ) ainsi qu’Olivier Dion de Climat Québec.
Si certains candidats sont des visages bien connus au Saguenay-Lac-Saint-Jean, d’autres aspirent à faire entendre leur voix.

Marie-Karlynn Laflamme est candidate pour le PQ lors du scrutin partiel dans Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis
Bien connues dans la région
En tête dans les intentions de vote selon le seul sondage publié pour l'instant (et commandé par le PCQ), Marie-Karlynn Laflamme se joint à un navire péquiste qui a le vent dans les voiles. Le PQ a remporté les trois dernières élections partielles, dont celle dans Arthabaska, en août.
Se considérant comme une péquiste convaincue, l’ex-vice-rectrice de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) affirme que le moment est venu pour elle de se lancer en politique. Elle admet que l’idée du pouvoir est attrayante pour réaliser ses ambitions.
Bien évidemment que c'est attrayant, c'est vrai que ça l'est. Puis c'est vrai que c'est plus facile de parler de la voix de la région dans un gouvernement au pouvoir que de prêcher dans le désert quand on ne l'est pas, ça c'est une réalité, a indiqué la candidate du PQ à propos de sa motivation à siéger à l’Assemblée nationale.
Catherine Morissette, la candidate pour les conservateurs, croit elle aussi en ses chances de devenir députée.

Accompagnée du porte parole du PCQ en matière de santé, le Dr Karim Elayoubi, Catherine Morissette a exprimé son engagement à compléter l’agrandissement du bloc opératoire de l’hôpital de Chicoutimi, lundi.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Convaincue de pouvoir remporter l'élection partielle, l’ex-mairesse de Saint-David-de-Falardeau estime que le moment est bien choisi pour attirer l’attention sur les enjeux qui préoccupent la circonscription de Chicoutimi. Le sondage la plaçait au second rang.
Là, le momentum est merveilleux parce qu'il y a des bateaux qui coulent, il y a des gens qui ne savent pas nager, il y en a qui cherchent le bord parce que c'est difficile. Ce qui fait que c'est comme ça. Moi, je veux prendre soin de ma région, puis c'était le moment idéal, a affirmé Mme. Morissette.
Celle qui s’est également présentée comme mairesse lors des dernières élections municipales place par ailleurs la reprise du prochain GNL Québec au sommet de ses priorités.
Place aux jeunes
Le scrutin du 23 février est aussi une occasion pour des jeunes de se lancer dans l’arène politique. Et ce, même si les partis qu’ils représentent traversent pour la plupart des périodes de turbulences.
En chute libre dans les sondages, la CAQ devra vraisemblablement céder la circonscription à une autre formation. Pour la représenter à l’élection partielle, le parti, au plus fort d’une course à la chefferie, a recruté Francis Tremblay, un jeune employé du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de 24 ans.

Francis Tremblay est le candidat de la Coalition avenir Québec dans Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais
Même si son parti en arrache dans les sondages, Francis Tremblay se présente sur les blocs de départ, car il veut insuffler un vent de changement dans une course où les jeunes ne sont pas assez représentés à son avis.
Je trouve qu'il manque de jeunes en politique. Puis c'est pour ça que je trouve que ma candidature, même si je gagne ou si je perds, au moins je vais donner une image et [pouvoir] dire que les jeunes peuvent se lancer en politique , a-t-il lancé.
Francis Tremblay se mesurera entre autres à la solidaire Jeanne Palardy, qui souhaite offrir une alternative progressiste, écologique, souverainiste et féministe aux gens de la circonscription.
La jeune femme de 27 ans est coordonnatrice du Centre féminin du Saguenay, une maison d'hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants. Issue du milieu communautaire, elle affirme être animée par un sentiment de justice sociale, ce qui manque aux autres formations selon elle.

La candidate solidaire pour la partielle dans Chicoutimi, Jeanne Palardy, a lancé sa campagne accompagnée de la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal.
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
Mais moi j'ai un énorme sentiment de justice sociale dans la vie, et démocratiquement parlant aussi. Je trouvais ça épouvantable que Chicoutimi, en ce moment, soit sans député, a indiqué la candidate.
Pas une candidate poteau
De son côté, le PLQ a fait confiance à Tricia Murray pour porter ses couleurs. Elle a été la dernière à annoncer sa candidature pour l’élection partielle.
Originaire d’Alma, elle s’était présentée aux élections provinciales de 2022 dans Lac-Saint-Jean, où elle avait terminé en 5e position.

Tricia Murray est la candidate libérale pour l'élection partielle dans Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada / Julien Gagnon
Celle qui travaille actuellement à Québec dans le cadre de son travail d’attachée politique au PLQ affirme que son attachement à sa région natale et son expérience à l’Assemblée nationale l’ont motivée à tenter sa chance.
Je ne suis pas du tout une candidate poteau, je suis une candidate qui vient de la région, je donne des entrevues, je vais sur le terrain, je vais rencontrer des gens, il y a des députés qui vont venir m'appuyer aussi, a-t-elle mentionné.
Une opportunité de se faire voir
Peu connu du grand public, le candidat de Climat Québec, Olivier Dion, ne se fait pas de faux espoirs. Il sait que ses chances de se faire élire sont minces.
Le natif de Victoriaville, mais qui a vécu à Saguenay pendant 30 ans, considère toutefois qu’il s’agit d’une opportunité de faire découvrir les idées de la formation axée sur la lutte aux changement climatiques et dirigée par l’ex-députée péquiste, Martine Ouellet.

Olivier Dion se présente sous la bannière de Climat Québec en vue de l'élection partielle à venir dans la circonscription de Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada / Julien Gagnon
Ça se peut que je ne sois pas élu à la partielle, mais au moins ça m'aura donné la chance, effectivement, de faire connaître le parti et de dire : "Climat Québec existe."


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