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Le ministère de la Justice réclame la révocation d’un magistrat reconnu coupable de 196 fraudes au péage. Il comparaissait devant le Conseil supérieur de la magistrature.
Le ministère de la Justice vient de demander la révocation d’un magistrat reconnu coupable de 196 fraudes au péage. Le protagoniste est ancien vice-président chargé de l’instruction au tribunal judiciaire de Marseille, et vient de comparaître en audience disciplinaire devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Cela près d’un an après sa condamnation en justice à quatorze mois de prison avec sursis et 16.000 euros d’amende pour cette affaire.
Dans les faits, Le Parisien raconte qu’il utilisait la technique dite du « petit train » : coller le véhicule précédent pour franchir la barrière sans s’arrêter ni payer. Lorsque le premier avis d’amende arrive, il dépose une fausse plainte pour usurpation de plaques afin de faire croire que quelqu’un d’autre conduisait son véhicule. Il se faisait ensuite délivrer de nouvelles plaques grâce à cette fausse plainte, et contestait ensuite les amendes auprès du ministère public.
Un traumatisme évoqué par la défense
Devant ses pairs, il a présenté ses excuses et confié sa « honte ». Pour expliquer sa dérive, il a évoqué son traumatisme subi lors de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, qui a fait 86 morts sur la promenade des Anglais. Ce soir-là, il s’y trouvait par hasard avec son épouse. Après s’être mis en sécurité, il a dû endosser son rôle de procureur de la République : gérer les scènes de crime, coordonner les secours, faire face à la détresse des familles sur place, sans psychologue ni psychiatre mobilisé. « C’est un vrai cauchemar», confie-t-il, selon nos confrères du Parisien. Il ajoute n’avoir jamais consulté après les faits, convaincu que son expérience professionnelle suffirait. Depuis, il décrit une « descente progressive » dont les fraudes aux péages seraient, selon lui, une conséquence indirecte.
Mais l’argument peut-il convaincre ? L’expert psychiatre qui l’a examiné n’a rien relevé de significatif allant dans ce sens, et les fraudes ont débuté huit ans après l’attentat. La décision du CSM est attendue le mois prochain. Pour ce magistrat aux états de service jusqu’alors jugés irréprochables, elle pourrait sonner la fin de carrière.


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