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« Un Juif n’est pas un sioniste » : Tsvi, 15 ans, soutient la Palestine devant une mosquée

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Deux bouts de carton, quinze ans et déjà plus de nuance que certains gouvernements occidentaux réunis.

Ce garçon juif orthodoxe se tient devant une mosquée tous les vendredis pour montrer sa solidarité avec la Palestine : pic.twitter.com/Cy2ZDSKsDy

— AJ+ français (@ajplusfrancais) September 8, 2026


Sur les cartes qu’il distribue, deux phrases : « Le judaïsme rejette le sionisme et l’État d’“Israël” et condamne ses atrocités » et « Un Juif n’est pas un sioniste ». Face au vidéaste, il insiste sur la distinction entre judaïsme et sionisme et explique que les actions menées par Israël « ne se font pas en notre nom ».

AJ+ présente l’adolescent comme se rendant devant cette mosquée « tous les vendredis ».

Judaïsme et sionisme : une distinction qui ne date pas de Tsvi

Le message de l’adolescent n’est pas une curiosité apparue sur les réseaux sociaux. Des courants juifs ultra-orthodoxes comme Neturei Karta rejettent depuis longtemps le sionisme pour des motifs religieux. Le mouvement Satmar compte également une importante tradition antisioniste. Ces groupes restent minoritaires et ne représentent évidemment pas l’ensemble des juifs orthodoxes, mais leur simple existence suffit à rendre absurde l’équation automatique entre judaïsme et sionisme.



Le sujet est d’autant moins anecdotique qu’en septembre 2026, Donald Trump recevait à la Maison-Blanche plusieurs grands rabbins hassidiques, dont les dirigeants des deux branches du mouvement Satmar. Pas exactement le club des étudiants gauchistes de Berkeley.

« Pas en notre nom »

Ce qui donne sa force à la vidéo de Tsvi tient aussi au décor. Un adolescent juif orthodoxe attend des musulmans devant une mosquée pour leur dire que la politique israélienne ne représente pas sa religion. Pendant ce temps, dans une partie du débat public occidental, distinguer antisionisme, critique d’Israël et antisémitisme semble parfois nécessiter un colloque de trois jours avec badges, traducteurs et buffet froid.

En France, les discussions autour de la pénalisation de certaines expressions antisionistes ont précisément montré à quel point cette frontière est devenue politiquement sensible.

L’antisionisme ne protège évidemment pas de l’antisémitisme lorsqu’un discours vise les Juifs parce qu’ils sont juifs. Mais l’inverse est tout aussi simple : critiquer Israël ou rejeter le sionisme ne revient pas automatiquement à haïr les Juifs. Tsvi en fournit une démonstration assez difficile à contourner.



À 15 ans, il aura donc réussi avec deux morceaux de carton ce que certains responsables politiques n’arrivent toujours pas à formuler clairement : un État n’est pas une religion, et aucun gouvernement ne parle au nom de tous les croyants.

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