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La France s'est réveillée groggy, dimanche matin, après la journée de "manifestations" organisées notamment "contre la vie chère" dans les grandes villes du pays. Une journée qui a finalement tourné au chaos, dans un climat quasi insurrectionnel à de nombreux endroits.
Fumées noires des véhicules incendiés, affrontements d'une violence inouïe avec les forces de police, pillages de grands magasins… Plusieurs milliers de casseurs et "délinquants d'opportunité" ont semé le désordre aux quatre coins de l'Hexagone, en visant notamment des lieux de pouvoir véritablement saccagés – comme la mairie de Marseille ou celle de Limoges, un édifice du XIXe siècle quasiment détruit par les flammes.
Autant dire que les revendications des lycéens comme celles des syndicats ont pesé de peu de poids, étouffées par les appels à la révolution ("On prend la Bastille") et la haine de tout ce qui incarne l'autorité dans le pays. Mais après ce faux 14 juillet, deux questions viennent naturellement à l'esprit.
Un, comment l'un des plus grands pays d'Europe, qui a fait de l'autorité l'une de ses vertus régaliennes, peut-il être se transformer en un seul jour en un enfer pour la très grande majorité de ses habitants et commerçants, cloîtrés et paniqués face à la violence de hordes sauvages ?
Les policiers sont certes intervenus – et en ont payé un lourd tribut : plus de 500 policiers et pompiers ont été blessés – mais des interrogations surgissent inévitablement sur les dispositifs mis en place à l'approche de cette journée qualifiée à haut risque.
Accusée par l'ensemble des partis démocratiques d'avoir attisé la colère, l'ultragauche botte comme souvent en touche.
Avec son gouvernement sans majorité et incapable de faire adopter un budget et son économie atone, la France effraie déjà les marchés internationaux. Mais elle a touché le fond par son inaptitude à mettre en œuvre des moyens et mesures censés garantir le maintien de l'ordre en son sein.
Deux, quelles seront les conséquences politiques de cette séquence dramatique et sidérante ? Accusée par l'ensemble des partis démocratiques d'avoir attisé la colère et appelé de manière souterraine à la violence et la désobéissance civile, l'ultragauche – principalement le parti LFI – botte, comme souvent, en touche. Elle préfère dénoncer la stratégie des autorités coupables, selon Jean-Luc Mélenchon, d'avoir "organisé le désordre".
1200 personnes interpellées, des rues "méthodiquement ravagées"... : le bilan au lendemain d'une journée de mobilisation en FranceDes propos qui ont fait réagir le président Macron ainsi que son Premier ministre : "À ceux qui clairement veulent faire de ces violences 'un tour de chauffe' avant l'élection présidentielle, je le dis clairement : nous ne nous laisserons pas intimider. Personne n'imposera son agenda politique par la violence", a promis Sébastien Lecornu.
Reste à passer des paroles aux actes et à une réponse politique à la mesure de l'événement. Une réponse qui pourra convaincre les électeurs que pour la démocratie française, un deuxième tour Le Pen-Mélenchon à la présidentielle serait une plaie encore plus profonde et une catastrophe à nulle autre pareille. Il ne reste qu'un peu plus de six mois pour y arriver…
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