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Par Le Figaro avec AFP
Le 10 mai 2026 à 21h56
Zbigniew Ziobro risque jusqu’à 25 ans de prison pour avoir notamment détourné des fonds destinés aux victimes de crimes afin d’acquérir le logiciel espion Pegasus, dans le but supposé de surveiller des opposants politiques.
Passer la publicité Passer la publicitéL'ancien ministre polonais de la Justice Zbigniew Ziobro, recherché par la justice de son pays et qui avait trouvé refuge en Hongrie sous Viktor Orbán, a confirmé dimanche se trouver désormais aux États-Unis. «Je suis aux États-Unis», a déclaré M. Ziobro à la chaîne de télévision conservatrice polonaise Republika, l'un des médias qui avait révélé plus tôt sa présence sur le sol américain. «Je suis arrivé hier, et c'est la troisième fois que je voyage dans le pays», a-t-il ajouté.
La chaîne d'information TVN24 a publié une photo de l'ancien ministre de la Justice à l'aéroport de Newark, près de New York. M. Ziobro risque jusqu'à 25 ans de prison pour avoir notamment détourné des fonds destinés aux victimes de crimes afin d'acquérir le logiciel espion Pegasus, dans le but supposé de surveiller des opposants politiques.
Ministre de la Justice et procureur général dans les gouvernements du parti Droit et Justice (PiS, nationaliste) entre 2015 et 2023, il rejette les accusations portées contre lui, accusant le gouvernement centriste actuel de mener une chasse aux sorcières contre les conservateurs.
Court refuge en Hongrie
Il avait annoncé en janvier 2026 avoir obtenu «l'asile» en Hongrie, ainsi que son épouse. Mais au lendemain de sa victoire en avril, le nouveau premier ministre hongrois Péter Magyar, qui a pris ses fonctions samedi, a promis ne plus offrir refuge à des personnes recherchées par la justice internationale. «La Hongrie ne sera plus une décharge pour criminels recherchés à l'international », avait déclaré M. Magyar, citant nommément M. Ziobro et un de ses adjoints, Marcin Romanowski, soupçonné d'avoir détourné près de 40 millions d'euros. Ce dernier avait obtenu l'asile politique en Hongrie en 2024.
La Pologne «va prendre contact avec les États-Unis et la Hongrie pour leur demander des éclaircissements sur la base juridique qui a permis à Zbigniew Ziobro (...) d'entrer aux États-Unis alors qu'il ne disposait pas de documents valides», a écrit sur X le ministre polonais de la Justice, Waldemar Zurek.
«S’ils veulent lancer une procédure d’extradition, qu’ils le fassent»
La Pologne avait indiqué par le passé que les documents de voyage de M. Ziobro, dont ses passeports polonais et diplomatique, avaient été révoqués. «Nous ne relâcherons pas nos efforts jusqu'à ce que lui et M. Marcin Romanowski répondent de leurs actes devant la justice polonaise», a encore assuré M. Zurek. Plus tôt, il avait déclaré à Polsat news que «si la présence de Ziobro aux États-Unis était confirmée, alors (la Pologne) demanderait son extradition».
Zbigniew Ziobro est l'architecte d'une série de réformes judiciaires controversées. Ces réformes ont provoqué un bras de fer entre la Pologne et la Commission européenne qui estimait qu'elles fragilisaient l'état de droit et l'équilibre des pouvoirs.
Interrogé par Republika sur une possible extradition, M. Ziobro a répondu: «Je suis prêt à me présenter devant n'importe quelle cour et une cour américaine indépendante est certainement une cour indépendante.» «S'ils veulent lancer une procédure d'extradition, qu'ils le fassent», a-t-il ajouté, qualifiant les affaires d'extradition devant les tribunaux américains de «procédure exigeante».


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