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International 08/07/2026 06:57 Actualisé le 08/07/2026 09:51
Les États-Unis ont lancé une série de frappes en Iran après des attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a riposté en visant des installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït.
Nouvelle escalade dans le détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont lancé ce mercredi 9 juillet une série de frappes contre l’Iran et rétabli leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien, affirmant répondre aux tirs sur des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Les deux camps s’accusent de violer leur protocole d’accord conclu le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre Téhéran.
« Violation du protocole d’accord »
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir mené une « série de frappes puissantes » en représailles aux attaques iraniennes, qu’il qualifie de « violation flagrante du cessez-le-feu ». L’armée a américaine a ainsi frappé plus de 80 cibles en Iran, notamment « des systèmes iraniens de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et de surveillance, des sites de radars côtiers, des capacités de missiles antinavires et plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la Révolution islamique dans le détroit et à proximité », a-t-elle détaillé dans un communiqué publié sur X.
En réponse, l’Iran avait mis en garde les États-Unis contre cette « violation » du protocole d’accord, prévenant qu’il « prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale », dans une déclaration de son ministère des Affaires étrangères. Ce mercredi 8 juillet, les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir frappé 85 installations sur des bases militaires des États-Unis au Koweït et à Bahreïn. « En première riposte à cette agression, la Marine et la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont mené une opération conjointe à l’aide de missiles et de drones, frappant 85 installations militaires américaines stratégiques » et abattant un drone MQ-9, indique un communiqué diffusé par la télévision officielle Irib.
Un membre des Gardiens, Mohammad Reza Khazini, a été touché par des éclats d’obus et est mort à Mahshahr, ville portuaire située non loin de l’Irak, a indiqué l’agence de presse gouvernementale Irna.
Pour le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, les frappes américaines étaient « absolument nécessaires, parce que lorsqu’il y a un cessez-le-feu et que l’Iran le viole quasiment ouvertement, on a vu ce qui s’est passé hier avec des navires qui ont été touchés ». « Je pense qu’il est totalement crucial que les États-Unis réagissent avec fermeté », a-t-il insisté.
Appels à la désescalade
Le Koweït a condamné mercredi les attaques iraniennes sur son territoire, estimant qu’elles compromettaient les efforts de désescalade dans la région. Le ministère koweïtien des affaires étrangères a exprimé dans un communiqué « sa plus ferme condamnation et dénonciation des attaques répétées et illicites de l’Iran », ajoutant que « la poursuite de ces attaques effrontées, à un moment où des efforts régionaux et internationaux de désescalade sont en cours, compromettait systématiquement les efforts visant à réduire les tensions ».
Le Qatar, l’un des pays médiateurs dans les pourparlers entre l’Iran et les Etats-Unis, a également condamné les frappes menées par l’Iran. Dans un communiqué, le ministère qatari des Affaires étrangères a souligné « la nécessité de préserver la région des répercussions de ces attaques injustifiées, de poursuivre la voie du dialogue et de la diplomatie, de réduire les tensions et de capitaliser sur les acquis réalisés dans le cadre du protocole d’accord ».
Des sanctions économiques sur le pétrole
Washington a par ailleurs rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien. Un document publié par le ministère des Finances interdit toute nouvelle transaction portant sur les hydrocarbures iraniens à compter de mardi.
« Les agissements de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis », a déclaré un responsable gouvernemental américain sous le couvert de l’anonymat. Dans ce contexte de tensions, le cours du baril de pétrole américain WTI avançait de 2,63 % à 72,29 dollars à l’ouverture des marchés asiatiques.
Divergences sur la gestion du détroit
L’Arabie saoudite a condamné « le ciblage par la République islamique d’Iran du pétrolier saoudien Wedyan », ainsi que celui « du méthanier qatari Al-Rakayyat », dénonçant « une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ».
Auparavant, le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires iranien, exigeant « des explications sur cette attaque » contre son méthanier. Le ministère qatari des Affaires étrangères a dit avoir remis au diplomate iranien une note sommant Téhéran de « cesser immédiatement toute pratique portant atteinte à la sécurité régionale » ainsi qu’à « la sécurité de la navigation internationale et l’approvisionnement énergétique mondial ».
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a, de son côté, dénoncé une mise en cause « inacceptable » de la part du Qatar.
Sans les attribuer, l’agence UKMTO a ensuite signalé mardi deux autres incidents : un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant « des dommages structurels », et un navire-citerne frappé par un drone d’origine inconnue. Dans les trois cas, l’agence a indiqué qu’il n’y avait eu ni blessé, ni dégâts environnementaux.
L’Iran exclut, en dépit de l’opposition des États-Unis, tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.
Cette montée des tensions intervient alors que l’Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, dont le corps vient d’arriver en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites.


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