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Jolon Timms, étudiant américain, doctorant en première année d'anthropologie sociale à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a fait du gallo son sujet d'étude.

Par Emilie Jouvin Publié le 8 juil. 2026 à 18h07
Il vient de San Francisco, fait sa thèse à Paris, et c’est en Haute Bretagne qu’il cherche ses réponses. Jolon Timms, doctorant en première année d’anthropologie sociale à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a posé ses carnets de terrain dans le pays gallésant depuis novembre 2025.
Comprendre qui parle gallo
Son sujet : comprendre qui parle gallo, où, et quelle valeur les habitants attachent à cette langue, que beaucoup portent sans toujours la nommer. C’est à la médiathèque de Saint-Just qu’il a pu rencontrer les participants du café gallo organisé par Bertègn Galèzz. Cette association œuvre depuis 50 ans à la défense et à la promotion de la langue. L’événement, animé par Gérard Prévert et Jean-Luc Lacquittant, se tient une fois par mois, en alternance entre les médiathèques de Redon et de Saint-Just.
Une rencontre informelle, ouverte à tous, et dont chaque séance s’articule autour d’un thème pour enrichir les échanges et le vocabulaire des participants. Ce jour-là, le thème s’est imposé de lui-même : la place du gallo en Haute Bretagne, son évolution et son avenir. Une façon de donner de la matière au visiteur venu de loin.
Observateur, pas militant
Si Jolon Timms admet ne pas avoir d’impact sur le terrain qu’il observe, il souligne également ne pas être là pour défendre une cause en mode frontal. Depuis plusieurs mois, il a assisté à une centaine d’échanges – formels et informels -, participé à une trentaine d’entretiens et fréquenté autant que possible les clubs et rencontres hebdomadaires ou mensuels qui jalonnent la Haute Bretagne.

Son approche est celle de l’ethnographie : être là, interroger, écouter, noter. « En anthropologie, il n’y a pas de coupure nette entre action et observation », reconnaît-il. Et le terrain lui a déjà livré un premier enseignement : en Haute Bretagne, l’image que les gens ont du gallo et du breton compte énormément.
C’est la question qui a traversé le café gallo de Saint-Just, sans trouver de réponse tranchée. Le gallo, langue d’oralité avant tout, voit son vocabulaire s’effacer à mesure que disparaissent les métiers, les outils et les pratiques qui les portaient. « Demain, ce sera une langue qu’on apprend par choix, et non plus que l’on transmet par nécessité ou par tradition », estiment certains participants.
Langue vivante ou langue morte ?
Langue vivante vouée à se moderniser, voire à se fondre dans le français, ou langue en voie d’extinction lente ? Les avis divergent. Mais une chose unit ceux qui étaient là cet après-midi-là : une envie tenace de retrouver, à travers le gallo, quelque chose de leurs racines. Jolon Timms a tout noté, et son travail se poursuit.
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