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L'engouement pour l'agriculture prend de l'ampleur aux Territoires du Nord-Ouest, si bien qu'à Yellowknife et à Hay River, la saison 2026 pourrait marquer un tournant en matière de projets agroalimentaires, selon l'Association agroalimentaire du territoire.
Je crois que 2026 est une année au cours de laquelle la sécurité alimentaire va prendre une importance plus grande que jamais, dit Janet Dean, directrice générale de l'Association agroalimentaire des Territoires du Nord-Ouest.
Devant une hausse des prix des aliments et les obstacles liés au transport des produits vers le Grand Nord, de nouveaux projets voient le jour et prennent de l'ampleur à travers le territoire.
Vers le nord des T.N.-O., la serre d'Inuvik a commencé ses activités en mai, tout comme certains projets agricoles pris en main par les communautés autochtones, qui visent à accroître l'accès à des aliments abordables et de qualité.

La serre communautaire d'Inuvik a été bâtie dans l'ancien aréna.
Photo : Radio-Canada / Mackenzie Scott
Vers le sud et ses plus grands centres, comme Yellowknife et Hay River, les nombreux potagers sont labourés pour le début d'une saison qui pourrait sortir de l'ordinaire.
Nos jardiniers et nos agriculteurs réfléchissent activement à la façon dont ils peuvent contribuer à la sécurité et à la souveraineté alimentaire aux T.N.-O., affirme Janet Dean.
Une année occupée à Hay River
Le jardin communautaire de Hay River vit une soudaine poussée de croissance, comme l'explique sa présidente, Megan Russel.
C'est certainement la saison la plus occupée que j'ai vue jusqu'à maintenant, indique celle qui s'implique pour le jardin communautaire depuis près de 10 ans.

Grâce à un financement total de 50 000 $ obtenu en 2026, le Jardin communautaire de Hay River pourra rénover sa serre existante, acquérir et installer une seconde serre et acheter de nombreuses nouvelles pousses pour ses membres.
Photo : Fournie par Megan Russel
Cette année, l'installation s'est vu accorder un financement total de 50 000 $, qui serviront à l'installation d'une seconde serre, à la rénovation de la serre existante et à l'acquisition de nombreuses nouvelles pousses.
S'il permet de faire découvrir l'agriculture à de nombreux résidents, le jardin permet également une certaine subsistance. Selon Megan Russel, sa famille peut consommer les produits qu'elle cultive pendant une bonne partie de l'année.

Megan Russel, présidente du Jardin communautaire de Hay River, tient un œuf produit dans le poulailler construit sur le terrain.
Photo : Fournie par Megan Russel
Les gens se conscientisent, puis se demandent ce qu’ils peuvent faire pour compenser la hausse des prix et prendre soin de leur famille. Le jardin communautaire joue un rôle important dans ce contexte.
D'autres initiatives d'envergure sont en cours à Hay River, ou ont par ailleurs été mises sur pied certaines entreprises maraîchères dont les produits se retrouvent sur les tablettes des épiceries ténoises.
La Municipalité s'est associée, ce printemps, à l'Association agroalimentaire des T.N.-O. pour la revitalisation de la ferme Northern Farm Training Institute, qui a fermé ses portes en 2023 après avoir été gravement touchée par les inondations et les feux de forêt des dernières années.
Des sols fertiles dans le nord
Plus au nord, le sol rocailleux et la température plus fraîche de Yellowknife ne semblent pas freiner les initiatives ni les pousses.
Pour une troisième saison, la Fédération franco-ténoise (FFT) réunit cette année une vingtaine de participants dans son jardin communautaire.
Non seulement il crée des rencontres entre nouveaux résidents, mais le potager francophone permet aussi à ses cultivateurs de s'initier au jardinage ou de faire partager leur expertise.
Le lot leur permet également de tester une variété de nouvelles semences.
On expérimente pour voir ce qui peut pousser à Yellowknife, explique Julie Lefebvre, gestionnaire de projets de la FFT.

Les membres du jardin communautaire de la Fédération franco-ténoise à la fin des récoltes, à l'automne 2025.
Photo : Fédération franco-ténoise
Selon elle, malgré des conditions particulières du nord par rapport aux zones chaudes et pluvieuses du sud du Canada, il serait faux de dire qu'il est difficile de faire pousser des légumes à Yellowknife.
Ce n'est pas difficile, c'est simplement différent. La saison agricole est courte, mais on a beaucoup de lumière, et suffisamment de chaleur pour produire des légumes. Il s'agit de s'adapter à notre environnement, et il y a moyen de faire de très belles récoltes.
La Ville déploie également des ressources pour développer les compétences agricoles et la commercialisation dans la région.

À peine dégelé après un hiver tardif, le sol printanier de Yellowknife s'apprête à accueillir une variété de semis provenant du territoire, des provinces, et même de pays et de continents dont sont originaires plusieurs Ténois qui s'adonnent aujourd'hui à l'agriculture urbaine.
Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier
En 2025, 97 personnes ont pris part aux programmes locaux de mentorat en jardinage nourricier de Yellowknife.
La Ville prévoit également d'offrir un soutien accru aux maraîchers émergents, selon ce qu'a indiqué par courriel Adaeze P. Nwoba, conseillère en engagement communautaire de la Ville de Yellowknife.
De nouveaux programmes offriront des conseils sur la commercialisation des produits de la terre, notamment sur la culture et la vente de produits, le développement de produits, et la création de réseaux et de clientèles.
Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre des priorités plus larges de la Ville en matière de sécurité alimentaire, de bien-être communautaire et de renforcement des débouchés économiques locaux, souligne Adaeze P. Nwoba.


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