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Les gouvernements fédéral et provincial ont approuvé l’expansion de la mine d’or de Red Lake Operations, située à environ six kilomètres à l’est de la municipalité de Red Lake, dans le Nord-ouest de l’Ontario. Cet agrandissement entraînera la destruction de six plans d’eau où vivent des poissons.
Afin de gérer les résidus qui découlent de son exploitation, la minière Evolution Mining Gold Operations, va agrandir son installation de gestion des résidus miniers. Elle va utiliser six lacs de la région pour ces dépôts de résidus.
Avec les modifications, la société minière devrait prolonger sa vie opérationnelle à Red Lake jusqu’à l’année 2040.
Impact sur l’environnement
Le site minier produit majoritairement des minerais d’or contenant de l’arsenic. Par ailleurs, 13,9 millions de mètres cubes de résidus miniers seront stockés dans les six sources d’eau.
Le site Web du gouvernement du Canada stipule que la Loi sur les pêches interdit le rejet de substances nocives dans les eaux où vivent des poissons, à moins d’une autorisation désignée par règlement.
Le Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants (REMMMD) prévoit des dispositions permettant, à certaines conditions, le dépôt de résidus miniers dans des eaux où vivent des poissons, peut-on lire sur le site.
Selon ce règlement, six plans d’eau représentent une perte de 2,39 hectares d’habitat de poisson.
Afin de compenser la perte d’habitat du poisson découlant du dépôt de résidus miniers dans les eaux où vivent des poissons, le REMMMD exige que le promoteur élabore et mette en œuvre un plan de compensation de l’habitat du poisson (PCHP).
Selon les données du fédéral, les coûts de mise en œuvre du PCHP sont estimés à 6,22 millions de dollars sur une période de 10 ans.
De plus, l’entreprise minière va devoir créer 5,12 hectares d’habitat du poisson.
Approche contestée
Rodrigue Turgeon, coresponsable du programme national chez MiningWatch Canada, un organisme qui supervise les opérations minières à l’échelle du pays, explique que la destruction de lacs pour l’agrandissement de produits miniers ainsi que pour l’entreposage de résidus miniers se fait très fréquemment au Canada.
C’est malheureusement une tendance qu’on observe depuis plusieurs années, en fait depuis des décennies maintenant tristement au Canada, souligne-t-il.
Cette approche-là, elle est contestée. Il y a très peu de gens dans la société civile qui soutiennent l’idée de détruire des lacs ou des rivières pour agrandir des projets miniers.

Rodrigue Turgeon demande que soient évaluées toutes les autres options avant de détruire des lacs.
Photo : Radio-Canada / Vincent Rességuier
M. Turgeon estime que c’est triste de voir que les gouvernements plient devant les demandes des compagnies minières .
« Ce qu’on demande c’est vraiment que soient évaluées toutes les autres options avant de détruire des lacs et ce qu’on constate c’est que finalement c’est souvent […] l’approche qui est autorisée », explique-t-il.
C’est très malheureux parce que les lacs sont des écosystèmes précieux, uniques et qui portent de l’eau douce qui est convoitée et qui est nécessaire à la vie partout sur la planète.
Des alternatives
Rodrigue Turgeon pense qu’il y a d’autres approches qui devraient être retenues pour entreposer des déchets miniers.
Les meilleures approches qu’on constate dans le secteur minier sont tout simplement de remettre les résidus miniers dans les portions des fosses ou de manière souterraine là où on a cessé les exploitations minières, déclare-t-il.
Il précise que les compagnies minières évitent de déposer des résidus dans les parties de leurs sites miniers qu’elles ont fini d’exploiter parce qu’elles se disent on ne sait pas dans 15 ou 20 ans on va, peut-être, vouloir y retourner.
M. Turgeon explique que les minières estiment que cela pourrait leur coûter plus cher de déplacer ces résidus miniers pour accéder à nouveau au gisement.
La mine de Red Lake est située dans les territoires traditionnels de la Première Nation de Lac Seul et de la Première Nation de Wabauskang.

La Première Nation Lac Seul regroupe les communautés Frenchman’s Head, Kejick Bay et Whitefish Bay.
Photo : Radio-Canada / Caroline Bordua
Selon le site gouvernemental, les plans d’eau touchés sont, entre autres, un tronçon d’un cours d’eau sans nom qui est un affluent du lac Balmer.
Les espèces de poissons présentes dans ces plans d’eau sont l’épinoche à cinq épines, le méné à nageoires rouges, le menton noir, le tête-de-boule, le ventre citron, le mulet perlé, le ventre rouge du nord, les cyprins, le grand brochet et le meunier noir, peut-on lire sur le site.


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