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Une cinquantaine de mannequins ont défilé samedi au centre d'achat Confederation à Saskatoon. Devant quelque 150 spectateurs, vêtements, jupes à rubans et créations autochtones ont servi à transmettre un même message : se souvenir des enfants envoyés dans les pensionnats et rendre hommage aux survivants.
À l’origine de l’événement Every Child Matters Gathering, Crystal Kaye, membre de la Première Nation de White Bear, au sud-est de la Saskatchewan, affirme avoir consacré près de trois mois à sa préparation.

Il a fallu trois mois aux organisateurs du défilé pour permettre cet hommage à la mémoire des Autochtones.
Photo : Radio-Canada / Maeve Ellis
Ce que je veux retenir de cette journée, c’est que nos ancêtres nous regardent et qu’ils voient que nous les honorons. Ils savent que cet événement est pour eux
Parmi les créatrices présentes, Sara Carriere-Burns, de la Nation crie James Smith, a présenté une collection principalement composée de jupes à rubans. Son travail s’articulait autour d’un thème : le retour à la maison.
Grâce à mes créations, je peux sensibiliser les gens au mouvement Every Child Matters et aux pensionnats, honorer ceux qui ont survécu et qui sont encore parmi nous, mais aussi nous souvenir de ceux qui n’ont jamais pu rentrer chez eux, explique-t-elle.
La créatrice souligne que les séquelles des pensionnats continuent de toucher de nombreuses familles autochtones. Participer à ce type d’événement représente donc, à ses yeux, une autre façon de faire connaître cette histoire.
Transformer un traumatisme intergénérationnel en guérison
Tenielle Bird, originaire de la Première Nation George Gordon, au sud-est de la province et résidente de Saskatoon, participait elle aussi au défilé comme créatrice de mode. Elle a également contribué à son organisation et à la coordination des vendeurs par l’intermédiaire de Pihtikwe Market, une initiative qui soutient le commerce autochtone.

Une mannequin porte une création de Sara Carriere-Burns, l'une des créatrices de mode du défilé, qu'elle intitule « Embracing who I am », en français : « Assumer qui je suis ».
Photo : Fournie par : Sara Carriere-Burns
Il s’agissait du plus important événement auquel son organisation a participé jusqu’ici.
Au-delà de la mode et du commerce, Tenielle Bird y voit surtout un espace permettant aux différentes générations de se retrouver autour d’une expérience positive.
C’est une forme de guérison intergénérationnelle plutôt qu’un traumatisme intergénérationnel, résume-t-elle.
Une histoire personnel derrière les jupes à rubans
Pour Crystal Kaye, cette volonté de créer des occasions de rassemblement est aussi intimement liée à son propre parcours. Elle raconte avoir passé les 13 premières années de sa vie dans une famille d’accueil où elle dit avoir subi de la violence.
J’organise ces défilés pour montrer aux jeunes qu’il y a une lumière au bout du tunnel et que lorsqu’on a une passion et qu’on persévère, elle peut finir par prendre vie, affirme-t-elle.
Le rassemblement avait lieu quelques jours avant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, soulignée chaque 30 septembre, en même temps que la Journée du chandail orange.
Cette journée vise notamment à honorer les enfants qui ont été envoyés dans les pensionnats autochtones, ceux qui n’en sont jamais revenus ainsi que les survivants, leurs familles et leurs communautés.
Avec les informations de Maeve Ellis


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