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Malgré l’absence de salariés sur les piquets de grève devant la succursale Brandt Tractor à Chicoutimi, la grève générale illimitée déclenchée en mai 2023 se poursuit.
Le conseiller pour le Syndicat national des employés de garage du Québec, Martin Levesque, est exaspéré. Toutefois, il n’entend pas baisser les bras pour faire reconnaître les droits des travailleurs qui, pour la plupart, oeuvrent maintenant ailleurs.
Il y avait un gros sentiment d'appartenance des gens avec John Deere et Brandt. Ça fait une vingtaine d'années qu’ils sont syndiqués, donc c'est un gros sentiment d'appartenance et une grosse déception, a exprimé Martin Levesque, en entrevue à l’émission C’est jamais pareil.

La succursale de Chicoutimi de Brandt Tractor est en grève générale illimitée depuis le 25 mai 2023.
Photo : Radio-Canada / Steeven Tremblay
Même si elles sont abandonnées, les installations des grévistes demeurent présentes devant la place d’affaires du boulevard du Royaume en guise de symbole. L’accréditation syndicale et le lien d’emploi demeurent.
Il faut comprendre que les vacances de 2023 ne sont même pas encore payées par l'employeur, donc il ne faut pas qu'il coupe le lien d’emploi. Il faut qu'il le garde, il n’a pas le choix , poursuit le conseiller syndical.
Vendredi dernier, la Cour d'appel a condamné l'employeur pour avoir utilisé des expressions déraisonnables et discrétionnaires dans sa proposition de convention collective.
Respectueusement pour la Cour, une amende de 25 000 $ pour une compagnie pancanadienne comme Brandt, c'est une poignée de change. Ils ont été condamnés pour outrage au tribunal parce qu'ils n’ont pas changé des phrases comme c'était demandé par le tribunal. Ils écrivaient "le droit exclusif". Ils ont juste enlevé le mot exclusif, mais ils se gardent tous les droits quand même, affirme Martin Levesque.

Des affiches du Syndicat national des employés de garage du Québec sont toujours devant la succursale de Brandt Tractor à Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada / Dylan Reid
Il explique que l’employeur a réduit à 35 pages la convention des salariés qui en comptait pourtant 82.
D'ailleurs, les juges ont dit qu’aucun syndicat ne pourrait signer une telle convention.
Le conseiller syndical dit avoir perdu le compte du nombre de décisions judiciaires rendues dans ce dossier depuis 2023. Il dénonce l’emploi de briseurs de grève par la compagnie.
Un appel à la modification des lois
Même si les gens pensent que les syndicats sont super forts, les lois du Québec en ce moment ne sont plus adaptées au monde d'aujourd'hui , selon Martin Levesque.
Le représentant des travailleurs craint que des mécaniciens non syndiqués sont à l’œuvre dans les locaux de Brandt Tractor.

La succursale de Brandt Tractor de Chicoutimi est située sur le boulevard du Royaume, à Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada / Dylan Reid
« Admettons que je ferais descendre un inspecteur pour les prendre sur le fait avec des scabs, ils vont nous rire dans la face. Ils vont contester jusqu'à la Cour d'appel s’il le faut. Ils contestent absolument tout et se servent des tribunaux à outrance », dénonce-t-il.
Le ministre du Travail, Jean Boulet, devait répondre aux inquiétudes du syndicat, mais il a annulé l’entrevue prévue à l’émission C’est jamais pareil en raison d’un empêchement.
Mise à jour : La grève générale illimité aura duré deux ans et demi chez Brandt Tractor à Chicoutimi. Le conflit de travail s'est réglé sans bruit, à l'automne 2025.
Les quelque 10 employés syndiqués ont tous accepté un montant forfaitaire pour quitter l'entreprise. Ils avaient déjà trouvé un nouvel emploi.
Selon le Syndicat national des employés de garage (SNEGQ), Brandt Tractor a par la suite révoqué l'accréditation syndicale.
Les nouveaux employés embauchés au début de l'année ne sont donc pas syndiqués.


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