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Un chercheur du Portugal étudie les baleines de la Côte-Nord

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Le chercheur portugais Rui Santos étudie les mammifères marins depuis quelques décennies. La Station de recherche des Iles Mingan fait partie des lieux où il se pose pour étudier la répartition et les déplacements des grands mammifères. Son objectif ? Contribuer à mettre en place des mesures de protection efficaces basées sur la science, sans toutefois négliger les impacts sur les communautés qui cultivent un lien économique étroit avec l’habitat des baleines.

Rui Santos était de nouveau de passage sur la Côte-Nord cet été. Celui qui vient de compléter sa démarche doctorale portant sur les grands cétacés et leurs schémas migratoires y est venu chaque année depuis 2018, hormis un petit hiatus pandémique. 

Si l’essentiel de la thèse est axé sur la distribution temporelle et spatiale des cétacés aux Açores, un archipel situé à 1 450 km à l’ouest du Portugal et à près de 2500 km de Terre-Neuve, sa présence au Québec n’est pas fortuite. 

M. Santos rappelle que les cétacés peuvent parcourir des distances impressionnantes en un temps record. 

Au fil des ans, il a régulièrement vu ici des spécimens identifiés également aux Açores, le plus récent en liste datant d’il y a quelques semaines à peine.

« La première baleine bleue à fréquenter à la fois les eaux du Saint-Laurent et celles des Açores a été aperçue et identifiée par Richard Sears (directeur de la station de recherche des Îles Mingan) dans le Saint-Laurent en 1984. C’est un des individus observés dès le début des recensements, en 1979. En 2014, le même individu a été aperçu à nouveau aux Açores », explique M. Santos. 

Rui Santos. Photo courtoisie

Les baleines bleues ne sont observées régulièrement dans l’archipel que depuis les années 1990. « Les entreprises d’excursions aux baleines n’y croyaient pas au début ! Petit à petit, elles ont compris qu’il y avait là un produit touristique potentiel ! »

Aux Açores comme sur la Côte-Nord, les excursions d’observation des mammifères marins ont la cote.

La volonté de M. Sears de savoir où allaient les animaux après avoir quitté le Saint-Laurent et avant d’y revenir a motivé ses nombreux déplacements vers l’archipel au fil des ans. La même motivation anime M. Santos.

« On cherchait à comprendre si les rorquals bleus pouvaient venir du milieu de l’Atlantique. En 2014, nous avons eu la réponse : l’un des individus — que personne n’avait revu en trois décennies — a été identifié grâce à une collaboration et au partage de photos. Le fait d’avoir mené des études à long terme a été fondamental ! Si les gens n’avaient pas pris de photos dans les années 1980, on n’aurait jamais pu identifier formellement l’animal. C’est fascinant : après 31 ans sans identification, cet individu a été revu dans le Saint-Laurent. En 2019, j’ai vu cet animal ; je suis la seule personne à avoir observé cet individu des deux côtés de l’Atlantique ! », se réjouit M. Santos.

Parmi les outils qu’utilise Rui Santos, on compte les données issues de la science citoyenne. « C’est très utile ! L’océan est très grand et on ne peut pas tout couvrir. Les bateaux à voile, les bateaux de croisière, il y a tant de bateaux au large ! Si tout le monde collecte des informations justes, avec des positions précises, on a accès à beaucoup plus de données qui peuvent être très pratiques et nous permettent de couvrir un beaucoup plus vaste territoire. »

La science citoyenne en renfort

Ce dernier apprécie particulièrement la plateforme de science citoyenne Obsenmer, mais d’autres plateformes officielles sont tout aussi pertinentes si vous désirez contribuer. 

« Le but est que les observations arrivent à la bonne place ! Tout le monde peut être un scientifique », lance M. Santos comme une invitation. 

La qualité des images est certes importante, de même que l’acuité du positionnement GPS, rappelle-t-il. « Plus on a de connaissances, mieux on peut protéger les espèces ! C’est ce que j’appelle l’effet boule de neige », conclut-il.

Emelie Bernier

Initiative de journalisme local

Émélie Bernier est journaliste et chroniqueuse au sein des Éditions nordiques depuis une vingtaine d'années. Depuis 2023, elle a fait de l'environnement son sujet de... Lire la suite

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