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Véritables filtres naturels pour l'écosystème, les milliers de cuvettes des Prairies du sud-ouest du Manitoba ne font l'objet d'aucun suivi systématique par la province. Un professeur de l'Université du Manitoba réclame la mise en place d'un protocole officiel de collecte de données.
Surnommées les reins de la nature pour leur capacité à assainir l'eau et à stocker les éléments nutritifs, les dépressions humides du sud-ouest de la province demeurent absentes des programmes provinciaux de monitorage.

Gordon Goldsborough, professeur agrégé en sciences biologiques à l'Université du Manitoba, dans un marais. Chaque été, il enseigne aux étudiants comment évaluer les milieux humides.
Photo : Radio-Canada / Michele McDougall
Gordon Goldsborough, écologiste et professeur agrégé en sciences biologiques à l'Université du Manitoba, exhorte le gouvernement provincial à instaurer un cadre officiel d'évaluation fondé sur les méthodes de recherche actuelles.
J'encourage le gouvernement provincial à adopter une méthode normalisée d'évaluation des milieux humides qui s'inspire d'un protocole semblable à celui que nous employons actuellement, affirme M. Goldsborough.
Depuis 15 ans, le chercheur dirige chaque été un stage pratique de deux semaines sur l'écologie des milieux humides. Sur le terrain, plus d'une dizaine d'étudiants de premier cycle recueillent des données comparatives standardisées dans plusieurs secteurs stratégiques, dont le marais Delta, le lac Shoal, la base des Forces canadiennes Shilo et le secteur de Minnedosa.
Nous utilisons le même protocole chaque année. Par conséquent, les données que nous obtenons cette année sont directement comparables à celles de l'an dernier et des années précédentes, explique le professeur, ajoutant que ces travaux offrent un avantage concret pour l'ensemble de la société.
Formées lors du retrait des glaciers, ces cuvettes sont réparties en cinq catégories selon la durée de rétention de l'eau. Les bassins de classe 1 ne conservent l'eau qu'une à deux semaines, tandis que ceux de classe 5 la maintiennent toute l'année, sauf en cas de sécheresses exceptionnelles.

Lauren Musgrove, étudiante en sciences à l'Université du Manitoba, émerge des quenouilles après s'être aventurée dans une cuvette des Prairies, au sud de Minnedosa, au Manitoba.
Photo : Radio-Canada / Michele McDougall
Pour les étudiants, le travail consiste à classifier chaque cuvette, à cartographier sa superficie et à inventorier les espèces végétales indigènes comme les quenouilles et les roseaux géants.
De nombreux oiseaux aquatiques, insectes et espèces d’oiseaux ont élu domicile dans les milieux humides. Ceux-ci regorgent de nourriture et contribuent à filtrer et à stocker les nutriments, souligne Lauren Musgrove, une étudiante de quatrième année qui vise une carrière en conservation. Ils revêtent une importance particulière pour les amateurs de chasse, car ils constituent des habitats essentiels pendant la saison de reproduction.
Pour Alaina Fontaine, une autre étudiante du groupe, ce travail pratique a permis de donner vie aux apprentissages théoriques. Je m'intéresse beaucoup aux études sur l'eau douce, et les milieux humides sont cruciaux pour ces écosystèmes. C'est un sujet qui n'est pas autant étudié que les grands lacs du Manitoba, fait-elle valoir.
Des données scientifiques ignorées
Bien que la méthode d'évaluation ait été élaborée à l'origine selon des paramètres gouvernementaux, les données accumulées depuis 2011 ne sont pas exploitées par la province.
Le gouvernement provincial a confirmé à CBC qu'il ne dispose d'aucun programme consacré expressément à la surveillance continue des milieux humides, bien qu'il effectue des prélèvements sur la qualité de l'eau dans plus de 350 plans d'eau du territoire.
Sur le plan réglementaire, la Loi sur les droits d'utilisation de l'eau protège uniquement les milieux humides permanents de classes 4 et 5 contre le drainage. Les zones humides saisonnières de classe 3 peuvent être drainées, à condition que des mesures d'atténuation et de restauration environnementale soient prises par les exploitants.
M. Goldsborough rappelle que ces cours pratiques forment directement la relève des biologistes de la faune et des agents de conservation de la province. C'est d'ici que viendront les futurs employés du gouvernement. J'aime penser que le gouvernement soutient ce que nous faisons et qu'il souhaitera que cette initiative se poursuive, conclut-il.
Avec les informations de Michele McDougall


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